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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 12:00
Mais ça va pas ?!

Une permanence du lundi qui s’annonce comme les autres… Pourtant, je suis quand même inquiète à voir le nombre considérable de personnes qui attendent devant le centre social.

Je reçois les deux premiers usagers venus ensemble. Une fois la copie des courriers faite, je me retourne vers ceux qui attendent : « La personne suivante pour l’écrivain public. »

Une personne… une deuxième… une troisième… une quatrième se lèvent, affirmant toutes que c’était leur tour. Embarrassée, je me tourne vers l’agent d’accueil : elle ne sait pas plus que moi qui doit passer. Elle tente d’en appeler à la raison : « Vous êtes tous des adultes, vous savez qui est avant vous, vous pouvez vous arranger entre vous ».

Le directeur vient à son aide et tient le même discours. Moi, je suis devant le comptoir et j’attends.

Et ça continue de palabrer… L’un deux se plaint même que certains arrivent à 13 heures alors que le centre n’ouvre qu’à 14 heures : « C’est pas normal ». Le directeur le regarde avec des yeux ronds, stupéfait d’une telle remarque : « Mais monsieur, les gens font ce qu’ils veulent ! ».

Au bout de cinq bonnes minutes, il ne reste plus que deux personnes en lice, et l’une finit par capituler.

Pendant que je travaille pour celle que je reçois, des éclats de voix s’élèvent dans le couloir juste devant le bureau et commencent à devenir gênants. Je résiste, considérant ces désagréments comme un bon entraînement à la concentration. Ma collègue du bureau à côté ne tient plus et va demander un peu de calme, qui dure… trente secondes. On entend très distinctement un homme et une femme se chamailler pour déterminer qui doit passer avant l’autre.

Après avoir décidé que mon entraînement a assez duré, je surgis dans le couloir et me montre beaucoup moins aimable que ma collègue :

« Pouvez-vous vous taire, s’il vous plaît ? C’est insupportable, je ne peux pas travailler !

- Je disais que…

- Je m’en fiche, taisez-vous ! »

Et j’arrive à terminer le courrier en cours.

Quand j’ouvre la porte pour faire sortir la personne, deux individus, un homme et une femme, surgissent devant moi.

« Mais enfin, ça va pas !? Qu’est-ce que vous faites là ? Laissez-moi sortir ! Mais vous vous croyez où ? »

Furieuse, je claque la porte et entraîne l’usager vers l’accueil où je raconte l’incident. Je suis estomaquée. Et pendant ce temps, les deux personnes se sont rapprochées et continent de s’invectiver. Le brouhaha enfle, tout le monde y va de son commentaire et de ses revendications.

L’agent d’accueil essaie une nouvelle fois de les calmer, en vain. Le directeur du centre revient à la rescousse. Et tous les deux me demandent d’aller m’enfermer dans mon bureau.

De là-bas, j’entends les vociférations et le directeur essayant de les ramener à la raison : « Il y a trois solutions : soit vous vous arrangez, soit j’annule la permanence, soit j’appelle la police. »

Ne parvenant à rien, il renvoie tout le monde, les contents, les pas contents, les hurleurs, les muets, en les dirigeant vers les prochaines permanences.

Quand il me rejoint, je lui fais remarquer qu’il déplaçait le problème – il souhaitait surtout qu’ils se calment – et nous évoquons la solution des rendez-vous.

Les permanences suivantes ont été chargées, mais paisibles.

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commentaires

Monique 30/03/2016 21:28

La rançon du succès ! Et la démonstration du besoin :-)..et de la nature humaine :-(

Christine Atger 30/03/2016 21:39

Bonsoir, Monique, et merci pour votre commentaire.
Vous avez hélas raison ! Et encore, dans l'autre ville où je travaille, il y avait eu aussi des bagarres !

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  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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