Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 19:14

Le métier d’écrivain public amène à vivre des situations pénibles, tragiques, conflictuelles, mais aussi étonnantes, drôles et franchement comiques. Le plus difficile est de conserver pendant la consultation une distance toute professionnelle et un sérieux imperturbable.

Ensuite, quand nous nous retrouvons « entre nous », nous échangeons nos souvenirs et piquons les fous rires que nous avons dû refouler sur le moment.

Un épisode de ce type m’a inspirée pour écrire une parodie d’opérette que j’ai « chantonnée » avec mon confère et ami Alain Delacour lors du forum 2009 de notre association professionnelle, le GREC, où nous avions décidé de mettre en scène des anecdotes savoureuses de notre pratique.

 

Le titre en est La montre de papa. Tout est vrai !

L’introduction écrite par Alain a permis de donner le ton dès l’ouverture. J’ai laissé les indications de mise en scène… C’est sans aucune prétention artistique, mais nous nous sommes bien amusés tous les deux.

 

Introduction lue par Alain

 

Mesdames, messieurs,

 

Je suis heureux de vous accueillir ici, dans le cadre de nos soirées lyriques du CISP. Nous terminons aujourd'hui notre cycle consacré aux grandes heures de l'opérette française avec une oeuvre injustement oubliée intitulée : La montre de papa. Cette oeuvre a été composée à la limite du XIXe et du XXe, du côté de la porte d'Aubervilliers. Le livret original en a été écrit par la célèbre librettiste Christina Teugé. Cela mérite d'autant plus d'être souligné, que les femmes librettistes sont rares dans le PIM, le Paysage international de la musique. Christina a composé, entre autres, une opérette célèbre qui connut en son temps son heure de gloire et intitulée : « Mets deux tunes dans le bastringue ».

 

La montre de papa évoque la rencontre d'un certain M. Loiseau avec un écrivain public. Cela est d'autant plus remarquable que le thème de la relation client/écrivain public avait peu inspiré jusque-là les auteurs et compositeurs lyriques.

 

Nous devons la musique de cette opérette au célèbre compositeur Maurice Raviole, bien connu pour une oeuvre phare à laquelle il doit la postérité de son nom : le Bolino de Raviole.

 

Avec La montre de papa, Raviole signe une musique de facture relativement classique, mais dont la richesse mélodique avait été soulignée en son temps par les critiques musicaux les plus en vue de l'époque. Notons que le thème le plus célèbre de cette œuvre connut un tel succès populaire qu’il fut repris par la suite dans une chanson pour enfants.

 

Mais je ne vous en dirai pas plus. Je vous laisse découvrir cette oeuvre qui fit les belles heures de l'opéra-comique et qui va être interprétée ce soir, dans le rôle de l’écrivain public, par la grande diva de renommée internationale qui me fait l’honneur d’être à mes côtés : j’ai nommé « La Christine » (prononcé La Christ-eine à « l’allemande »).

 

Christine arrive des coulisses en minaudant, salue puis se met sur le côté pour faire un gargarisme assez bruyant qui perturbe Alain.

 

Quant à moi, j’aurai le grand avantage d'interpréter pour vous, mesdames et messieurs, le rôle de son client, M. Loiseau.

 

Musique, maestro !

 

Christine fait comprendre à Alain qu’il n’y a pas de musiciens : d’abord des signes plus ou moins discrets puis elle chuchote à son oreille.

 

Alain, se reprenant : Ah, j’allais oublier de vous préciser, mesdames et messieurs : dans la grande tradition de l’opéra économique, pardon de l’opéra comique, nous allons avoir le grand honneur d’interpréter La montre de papa a capella.

Quand vous voulez très chère… Alain sort son mouchoir blanc qu’il ne lâchera plus.

 

Christine donne le la et Alain essaie de s’harmoniser, mais c’est complètement faux. Il a pourtant l’air très content de lui et se tient prêt à commencer à chanter.

 

Là, Alain s’aperçoit que ses partitions sont à l’envers et il retourne ma chemise cartonnée. Il s’apprête à chanter, mais fait tomber les partitions et tout un fatras de papiers par terre. Il essaie de les ramasser avec maladresse et prend un temps fou à les remettre dans l’ordre. Pendant ce temps, Christine refait un gargarisme puis s’énerve et tire Alain vers le public pour qu’il commence, laissant les papiers par terre.

 

Alain commence enfin à chanter.

 

Chacun se lève rapidement à chaque fois qu’il commence à chanter et s’assied tout aussi rapidement dès qu’il a fini.

 

À suivre…

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
  • Contact

Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

Recherche

Avertissement

Tous les textes publiés sur ce blog sont la propriété exclusive de leur auteur.

Toute reproduction, même partielle, ne peut se faire sans l'autorisation expresse de l'auteur.

Pages