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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 13:42
Avec ou sans enfants ?

M. A. a déposé une demande de regroupement familial, pour une partie seulement de sa famille : son épouse et sa dernière fille.

La préfecture lui demande des explications ; je suis chargée d’écrire le courrier.

Ses explications me laissent un goût très amer : il n’arrête pas de dire que, « les enfants, c’est pas important, il a juste besoin de sa femme pour l’aider », car il est handicapé et ne peut pas se débrouiller seul dans la vie quotidienne.

Les enfants restent chez les grands-parents où ils sont bien traités. Seule la plus jeune, encore bébé, a besoin de sa mère et fera donc le voyage.

Choc de cultures !

Brrr, j’en ai froid dans le dos.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 20:51
Ce que j'ai refusé de faire (encore !?)

M. J. prend un air ennuyé en formulant sa demande.

Il veut dénoncer au procureur de la République une femme du quartier qui gère un réseau d’aide à domicile en employant des personnes sans papier. Il est scandalisé qu’on profite ainsi des « vieux » qui risquent de se faire dépouiller par ce personnel sans scrupule.

Cette femme organise aussi des mariages blancs pour faire venir en France des compatriotes du bled.

C’est la police qui lui a conseillé de faire cette dénonciation et surtout, bien recommandé de ne pas donner son nom, car il risquait d’être très embêté par les suites de l’enquête.

Il voudrait que j’écrive ce courrier pour lui.

Pff !

C’est vrai que de tels trafics ne peuvent que me révolter, a priori.

Mais j’ai aussi une sainte horreur des lettres anonymes. Et le mot « dénoncer » me fait frémir.

« Non, monsieur, je n’écris pas de lettre de dénonciation. Je ne peux pas et c’est contraire aux règles de mon métier. Je comprends votre indignation, mais cela m’est impossible.

— Alors je vais le faire moi-même. »

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 13:42
Mais c'est trop tard, monsieur !

Au fur et à mesure que ce monsieur parle, je me souviens l’avoir déjà vu. Ce qu’il me dit et son attitude me confortent dans cette idée. Il a écrit au moins deux fois à la mairie, son ancien employeur. Une première fois, pour demander à retrouver son ancien poste, alors qu’il était parti à la retraite. On ne lui avait pas dit qu’il perdrait autant d’argent et il regrette sa décision. Une autre fois, il voulait se plaindre de prétendues injustices dont il aurait été victime dans son travail (il était déjà à la retraite depuis deux ans !).

Cette fois, il veut écrire à Monsieur M. Je crois reconnaître le nom du maire de la ville : encore ?

« À qui voulez-vous écrire ? Qui est M. M. ?

— C’est le directeur des services techniques de la ville. »

Ah bon ?

Si ce n’est pas le maire, c’est quand même la Mairie…

Ses explications sont très embrouillées : il pense à ça depuis longtemps et ça le mine, et j’ai du mal à suivre.

Après plusieurs demandes de précisions et plusieurs récapitulations, je finis par comprendre : quand il travaillait (quand ? mystère !), il s’était absenté un jour pour aller voir son fils à l’hôpital et il avait été noté en « absence injustifiée ». Puis, son fils était mort au Maroc et son chef lui avait refusé des jours de congé pour aller aux obsèques.

Depuis, il n’arrête pas de penser à ça et il veut des explications.

Devant mon air consterné, il s’arrête :

« Ça sert à rien ?!

— Ben non, ça ne sert à rien. C’est trop tard, monsieur, votre dossier a été archivé et, si quelqu’un avait envie de vous répondre, il n’irait pas le rechercher dans la cave de la mairie. C’est sur le moment que vous auriez dû agir. Absence injustifiée, c’est que vous n’avez donné aucun justificatif.

— Mais il était cinq heures quand je suis parti de l’hôpital, le médecin n’était pas là et je pouvais pas lui courir après.

— Et pour les congés, je ne sais pas quel était le motif, mais vous auriez dû faire intervenir les délégués syndicaux, par exemple, à ce moment-là. »

Il s’en va, dépité. Je pense qu’il va chercher un autre motif de dispute avec la mairie et reviendra dans quelque temps.

Je pense aussi que monsieur le maire devrait me remercier d’éviter d’encombrer son cabinet de courriers inutiles.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 13:32
Vive la copropriété (et les copropriétaires) !

Mme M. est déjà venue deux ou trois fois me consulter. Je la reconnais à sa coiffure : les cheveux retenus en arrière, avec quelques petites nattes partant du haut de la tête ; pour son âge, c’est un peu bizarre.

Je ressens en la voyant une impression désagréable, je crois me souvenir que quelque chose n’allait pas avec elle ; la suite me donnera raison... Autre particularité : quand elle s’adresse à moi, elle me « madamoie », c’est-à-dire qu’elle n’utilise que « madame » comme sujet de ses phrases : « Madame sait mieux que moi… Madame termine à quelle heure ? ».

Elle et son mari sont propriétaires d’un appartement à Bordeaux. Elle m’a déjà demandé des courriers pour le syndic, un des propriétaires occupants. Aujourd’hui, c’est la même chose.

Le syndic a fait parvenir une convocation pour l’assemblée générale de copropriété prévue le 14 juin. Le courrier est daté du 17 mai et nous sommes le 10 juin.

Il a aussi ajouté un mot insistant sur deux points importants : l’estimation de dégâts éventuels dans l’appartement à la suite d’une fuite et l’invasion de rongeurs dans l’immeuble avec la nécessité de traiter tous les logements.

Mme M. veut indiquer qu’elle et son mari ne pourront pas être présents à l’AG. Quatre jours avant, il est temps !

Je lui rappelle les points mis en avant et lui demande s’il y a des dégâts dans son appartement.

« On sait pas, on y va jamais.

— Mais il n’y a pas de locataires ?

— Non, il est vide.

— Il faut dire si l’appartement a été abîmé.

— On ira en septembre ; avant, on a pas le temps. »

Bon, j’écris ça.

« Et pour les rats ?

— On a pas de rats.

— Comment vous le savez si vous n’y allez pas ?

— Quand on a acheté, y avait pas de rats.

— Vous avez acheté quand ?

— Oh, il y a longtemps !

— Depuis, les rats ont eu le temps de s’installer, surtout s’il n’y a personne.

— On est au premier. Les rats, c’est à la cave, ils montent pas. Le monsieur (le syndic), il est au deuxième…

— Les rats, ça passe partout ! En suivant les canalisations, les câbles électriques… Si le monsieur au deuxième a des rats, il est probable que vous en ayez aussi au premier.

— S’il a des rats chez lui, il a qu’à les tuer !

— Mais vous ne vous rendez pas compte, madame ! S’il y a des rats partout, ce n’est pas en mettant trois tapettes que vous allez les exterminer. Il faut faire appel à une entreprise spécialisée. »

En disant ça, je dois avoir une tête catastrophée, que Mme M. voit bien ; mais elle l’interprète mal, c’est surtout sa bêtise qui me consterne.

« Moi, j’étais comme vous… Les rats, ça me fait peur. »

Elle ne comprend rien de rien, la pauvre.

Et j’écris que, dans son appartement, il n’y a pas de rats parce qu’il n’y en avait pas quand ils l’ont acheté. (N’importe quoi !)

Puis je m’aperçois qu’il y a un pouvoir. Je lui demande s’il faut le remplir.

« Oh non, c’est lui qui va nous représenter.

— Alors il faut le lui dire.

— Oh non, je vais pas faire ça.

— Mais enfin, madame, si vous voulez être représentée, il faut faire les choses correctement !

— Vous pouvez le remplir ? »

Je lui recommande de mettre l’enveloppe à la poste immédiatement, car le délai est très court.

« Je le ferai demain, j’ai oublié les timbres. Vous savez, ça va très vite, le courrier. »

Ben voyons !

Elle est cinglée !

Je plains sincèrement les autres copropriétaires de devoir supporter un tel énergumène.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 13:25
Eh ben non, je veux pas !

L’employeur de M. C. lui a proposé une nouvelle affectation chez un autre client. M. C. est agent d’entretien et va travailler sur les chantiers que son entreprise a remportés. Quand le contrat est renégocié, il arrive que la société ne soit pas reconduite ; soit le personnel sur place est « repris » par la nouvelle, soit il est affecté ailleurs par son employeur actuel.

C’est ce qui s’est passé pour M. C. Mais lui ne veut pas aller travailler ailleurs où il rencontrerait des problèmes de transport, ce qui le ferait rentrer très tard chez lui ou partir très tôt.

Il me montre le courrier de son entreprise qui veut des justificatifs de ses refus — il en est au deuxième — et veut répondre. Pas de problème, je vais faire la lettre.

Mais j’apprends aussi que le directeur lui interdit de retourner sur son ancien lieu d’affectation. M. C. me confirme qu’il continue d’aller sur son ancien lieu de travail.

Alors, j’explique et réexplique que, non, même si ça ne lui convient pas, il ne peut pas faire ce qu’il veut et n’a pas le droit de travailler où ça lui chante, qu’en l’occurrence, ce n’est vraiment pas lui qui décide.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 11:36
Mais... c'est pas assez !

M. K. est arrivé dans la ville depuis peu de temps. Il a un statut de réfugié et a bénéficié de nombreuses aides pour s’installer, dont une pour trouver un logement.

Je l’ai déjà accompagné dans ses démarches, notamment pour souscrire un contrat de fourniture de gaz par téléphone. Mon interlocutrice chez le fournisseur m’a mis la puce à l’oreille, car elle était étonnée de ne pas retrouver trace du précédent locataire.

M. K. parlant très mal le français et le comprenant encore moins, il n’avait pas été capable de me donner la moindre précision. Je l’ai expédié chez le gardien pour vérifier s’il avait besoin de gaz. Il s’avère que non, car tous ses appareils sont électriques et le chauffage et l’eau chaude sont collectifs !

Aujourd’hui, il veut écrire une réclamation au CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile). Cet organisme lui a annoncé l’attribution d’une aide de 307,36 € pour son premier loyer.

Or le loyer s’élève à 326,10 €. Il s’agit donc de préciser qu’il lui manque 18,74 €.

J’écris bien sûr le courrier, mais ma première réaction est un fort agacement. Évidemment qu’il faut aider ces personnes ! Mais j’estime qu’il faudrait leur préciser que les aides sociales, aussi fondées soient-elles, font tout de même partie de l’exception !

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 15:13
Je fais tout et n'importe quoi (2)

Mme D.S. Complètement en décalage par rapport à la réalité.

Elle a quitté son conjoint, leurs enfants sont placés.

Elle va récupérer son ancien appartement…

Et pour préparer son installation, elle m’a apporté la notice de sa machine à laver et de son nettoyeur vapeur. Elle les a achetés « cela fait belle lurette », mais ne s’en est jamais servi.

Elle me demande de lui expliquer le fonctionnement de ces appareils.

Pfff !

Je feuillette les livrets, lui donne quelques vagues détails et lui conseille surtout de prendre son temps, s’assoir devant chacun et suivre pas à pas les consignes.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 11:24
Famille, je vous hais !

Je n’ai vu que deux ou trois fois M. T. Je me souviens qu’il a une curieuse façon de remercier – je suppose qu’il veut paraître original ou distingué –, car il dit « beaucoup de mercis ».

Il présente d’emblée sa demande : une « requête » auprès du procureur de la République.

Puis il raconte, tout en vrac : il a deux frères, avec qui il semble en froid, qui disent du mal de lui et il veut savoir pourquoi un tel à dit ceci et un tel a affirmé cela.

L’appartement de leur mère a été vendu, lui n’a rien signé, car il avait donné procuration à un clerc du notaire ; il n’a pas vu la couleur de l’argent, mais ce n’est pas ça qu’il réclame – je ne sais toujours pas ce qu’il réclame d’ailleurs dans cette affaire immobilière !

Je remets les choses à leur place.

S’il veut des explications, quelles qu’elles soient, sur la vente de l’appartement, seul le notaire peut lui répondre. Il faut s’adresser à lui.

Quant à ses querelles familiales, tant que la loi n’a pas été transgressée, le procureur ne va pas intervenir. S’il estime qu’il a été calomnié, il lui faut des preuves. Je lui conseille, sans grande conviction, de consulter un médiateur familial.

Il s’en va en me remerciant (cette fois : « merci », tout simplement).

Je ne sais pas ce que je lui ai apporté…

Ensuite, je fais le rapprochement entre son nom et celui d’un client au cabinet (dont j’ai parlé dans ce billet) ; d’ailleurs, il me semble qu’ils ont une petite ressemblance. Je l’avais rangé dans la catégorie « sale type » et les propos de son supposé frère viennent confirmer mon impression.

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 21:10
Démission : danger !

Mme D. veut une lettre de démission.

D’accord, ce n’est pas compliqué.

Mais avant d’écrire quoi que ce soit, je veux en savoir plus, plus que ce qu’elle fait ou l’adresse de son employeur.

Et elle me raconte. Elle fait le ménage dans une école en équipe avec une autre personne. Celle-ci a des comportements très bizarres : elle va faire ses besoins dans des toilettes toutes propres en laissant l’endroit infect après sa sortie, elle renverse exprès un seau d’eau sale dans un local déjà nettoyé… Bref, c’est une sale teigne et je pense qu’elle est sacrément dérangée.

Mme D. s’est plainte à son chef qui lui répond que ce n’est pas la première. La directrice de l’école n’en peut plus et se plaint aussi, mais pas suffisamment pour impressionner la direction de l’entreprise de nettoyage qui argue que la personne perdrait son emploi si on la retirait de ce poste.

Cette employée malfaisante semble bien protégée et Mme D. ne voit que la solution de démissionner de ce poste de… remplaçante.

Ce dernier mot me fait dresser l’oreille : de quel type de contrat de travail s’agit-il ?

C’est un CDD qui doit finir mi-novembre.

« Vous ne pouvez pas attendre jusque-là ? »

Non, ça lui est impossible.

Me souvenant de mes lointains cours d’initiation au droit, je préviens Mme D. qu’il peut être risqué pour elle de démissionner d’un CDD. Et je l’envoie consulter un juriste, d’une part pour vérifier ses droits à la démission, d’autre part, pour voir ce qu’elle peut faire contre sa collègue.

Je la rassure : « Ensuite, si vous avez besoin d’un courrier, revenez me voir, je vous le ferai sans problème. Mais je serai sûre que vous ne ferez pas n’importe quoi. »

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 15:17
NON !

M. K., un de mes habitués préférés (hum) !

Aujourd’hui, le courrier est adressé à son bailleur pour demander le remplacement de son lavabo qui fuit.

Comme souvent, il apporte un brouillon, incompréhensible, qu’il a rédigé.

Comme toujours, il s’attend à ce que je le recopie tel quel, ne cherchant en moi qu’une dactylo, car « il n’a pas une bonne écriture ».

Et comme d’habitude, je m’en inspire, mais me contente d’exposer son problème simplement, sans détailler ses démêlés avec le gardien ni ses précédentes rénovations dans l’appartement.

Je lui lis la lettre terminée, lui demande si ça lui convient et, à sa réponse positive, lance l’impression, puis il signe.

Pendant que j’inscris l’adresse sur l’enveloppe, il me demande, en me montrant ses gribouillis :

« Vous avez écrit tout ça ?

Je lève la tête :

- Je vous ai lu ce que j’ai écrit, vous m’avez dit que ça allait.

Et je continue l’adresse.

- Mais moi, je voulais que vous écriviez tout ça.

Je relève la tête :

- Non ! »

Et je ne dis plus rien.

Lui non plus, je crois qu’il est soufflé.

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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