Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 15:07
Un métier d'avenir !

L’écrivain public peut être comparé à un médecin (toutes proportions gardées, bien sûr, je suis lucide !) : on vient le consulter quand on rencontre un problème.

Mes constatations ne peuvent donc pas être généralisées puisque je ne vois que des cas litigieux.

Ainsi, j’ai remarqué un grand nombre d’hommes, de tous âges, qui souhaitaient embrasser la profession d’agent de sécurité ou la reprendre.

Il faut savoir que, à présent, pour l’exercer, ou même pour entrer en formation, il faut obtenir une autorisation préfectorale et, d’après la loi, avoir un casier judiciaire vierge.

Tous ces messieurs (je n’ai encore pas rencontré de dames dans ce cas) ont reçu un refus, car leur casier judiciaire est très encombré : cela va de l’infraction au Code de la route (conduite sans permis, sans assurance, sous l’emprise de l’alcool…), à des faits plus importants comme violence contre un conjoint, agression sexuelle, etc. Bref, pas bien joli !

Comme pour chaque décision administrative, le courrier rappelle les recours possibles. Et c’est là que j’interviens.

Si je n’étais pas un écrivain public aguerri, je pleurerais presque sur l’injustice dont ces messieurs font l’objet. Ils ont toujours de bonnes excuses : erreur judiciaire, gravité des faits mal appréciée par les juges, ignorance des règles enfreintes…

Et il faut convaincre le préfet que, sans cette autorisation, ils sont condamnés au chômage alors qu’ils veulent vraiment travailler et ont une famille à charge. En plus, c’est un métier qu’ils aiment et le seul qu’ils connaissent.

L’étape suivante est la requête au procureur de la République pour faire effacer le casier (cela dit, parfois, il aurait dû l’être automatiquement, mais cela n’a pas été fait par négligence administrative).

J’écris, mais je bous !

Partager cet article

Repost0
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 22:13

non

 

Dans les travaux hors de mes forces (ou de mes compétences ?)

 

La correction d’un futur livre (un best-seller, à n'en pas douter !)

 

Après une heure de travail, je n’avais corrigé en première lecture qu’une page et demie, et je ne comprenais rien à ces réflexions pseudophilosophiques.

J’ai préféré jeter l’éponge.

 

Aurais-je agi ainsi au début de ma carrière ?

 

Peut-être pas, mais je me serais réservé de longs moments de doute et de gros risques de déconvenues et de complications avec le client.

Partager cet article

Repost0
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:31
« Acte 3 »

M. M. est un très jeune homme, de tout juste dix-huit ans : il vient de participer à la journée de défense et de citoyenneté trois jours avant.

Il vient d’ailleurs à ce propos. Il demande aux autorités militaires de lui fournir un document intitulé « acte 3 » (j’espère qu’elles savent de quoi il s’agit, car il n’a pas été capable de m’en dire plus et je n’en avais jamais entendu parler avant)*.

Ce document est essentiel pour lui : il est binational, français et algérien. De ce fait, il doit respecter des obligations dans les deux pays, notamment le service militaire obligatoire en Algérie, d’une durée de dix-huit mois. Or, il veut passer des vacances là-bas sans risquer d’être attrapé par la police et mobilisé d’office.

L’ « acte 3 » sera la preuve qu’il s’est bien soumis aux formalités militaires en France et le dispensera de les accomplir en Algérie.

Je comprends qu’il soit venu aussi vite !

*Rentrée chez moi, j’ai tout de suite effectué des recherches sur ce fameux « acte 3 ».

Je crois qu’il s’est trompé (pas dû bien retenir le terme : acte/article, les mots se ressemblent) et qu’il fallait demander un « certificat des services » dans le cadre de l’article 3 de l’accord franco-algérien du 11 octobre 1983.

Ce document doit être communiqué au consulat d’Algérie en France avec la preuve de sa double nationalité.

Je verrai bien s’il revient pour préciser sa demande…

Partager cet article

Repost0
21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 20:25
Colère

Mme M. vient de passer en conseil de discipline à l’école de soins infirmiers où elle finissait sa troisième et dernière année d’études d’infirmière. Elle a été exclue juste avant que son dossier soit présenté pour l’examen final et elle ne peut obtenir le diplôme. D’après ses informations, elle a perdu le bénéfice du cursus entier et ne pourra pas se représenter à l’examen avant plusieurs années.

Motif de la sanction : falsification du bilan de son dernier stage pratique. Les relations avec le personnel à l’hôpital avaient été tendues, le bilan a été rempli en son absence et les notes et les appréciations étaient mauvaises. Après un parcours sans histoire, elle a cru qu’elle avait tout raté et, de rage, mais aussi de désespoir, elle a passé du blanc correcteur et a réécrit tout ce qui ne lui convenait pas.

Bien sûr, le document n’a pas fait illusion et il était évident qu’il avait été modifié. La sanction a été immédiate : on lui a reproché non seulement d’avoir falsifié le bilan, mais surtout d’avoir fait preuve de malhonnêteté.

Je lui écris un recours gracieux plaidant sa perte de sang-froid dans un moment aussi important pour son avenir professionnel, montrant aussi que, vu la maladresse de la falsification, ce ne pouvait être prémédité. Mais il fallait aussi éviter de laisser croire qu’elle était impulsive, car, dans son métier, c’est rédhibitoire.

La juriste lui conseille aussi le recours contentieux auprès du tribunal administratif, même si la jurisprudence est plutôt réduite dans un tel cas.

À ce jour, je ne connais pas le résultat de sa première démarche.

Partager cet article

Repost0
10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 15:05

femme-triste.jpgQuand je vois arriver M. A., en général, je soupire de lassitude avant même de commencer : il a une attitude qui m’exaspère, je le trouve mou et bête.

 

Cette fois, le problème à traiter ne le concerne pas directement. Il vient pour sa sœur qu’il héberge depuis quelques semaines.

 

D’origine indienne, cette dame est française, mariée depuis plus de quinze ans à un Indien, peut-être aussi français. Durant tout ce temps, elle n’est pratiquement pas sortie de chez elle – il l’en empêchait –, s’occupant de la maison et des enfants. Elle parle et comprend à peine le français.

 

Elle vient de se faire expulser de chez elle par la police, au motif que, maintenant qu’elle est divorcée, elle n’a plus rien à faire chez son ex-mari.

Pauvre femme ! Elle ne savait même pas que son mari avait demandé le divorce.

Elle s’est retrouvée à la rue et sans ses enfants.

 

M. A. me fait remplir un dossier de demande d’aide juridictionnelle pour elle. Quand il s’agit d’exposer le motif de son action en justice, il ne sait pas… Appel contre le jugement de divorce ? Il ne l’a pas, ne l’a même jamais vu…

 

Je lui explique que, selon moi, si le divorce a bien été prononcé, il y a eu des irrégularités dans la procédure. Comme je ne suis pas compétente pour le déterminer, je l’envoie rencontrer un conseiller juridique, voire l’association d’aide aux victimes, en insistant bien sur l’absolue nécessité que sa sœur soit aussi présente, pour qu’elle puisse répondre précisément aux questions.

 

Ouf, il comprend !

Partager cet article

Repost0
30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 18:12

femme-patate.jpgM. R.V. arrive avec un traducteur. Dans le cours de la discussion, j’apprends qu’il est en France depuis 1992, mais il ne parle toujours pas français correctement. Je suis stupéfaite, mais perplexe, de constater cette méconnaissance après tant de temps passé ici.

 

Il me présente un dossier de déclaration de handicap : il a déjà une carte d’invalidité et demande cette fois l’AAH (allocation aux adultes handicapés).

 

Je remplis le document, en particulier les rubriques cochées par la personne de la MDPH qui lui a remis le formulaire, selon les besoins qu’il avait exprimés. Mais, par réflexe et conscience professionnelle, j’en remplis un peu plus, selon les documents que je vois étalés sur le bureau.

 

Je remarque ainsi une attestation de la CAF et complète la rubrique correspondante qui n’était pourtant pas cochée. Puis, je regarde les prestations indiquées : monsieur est bénéficiaire de l’AAH qu’il perçoit régulièrement chaque mois.

 

Je m’exclame et lui montre l’attestation : son pote traducteur lève les yeux au ciel et lui demande des explications en portugais.

 

M. R.V. bredouille qu’il ne sait pas lire ni écrire et que c’est sa femme qui s’occupe des papiers.

 

Je les raccompagne à la porte :

« La prochaine fois, demandez d’abord à votre femme avant de faire des démarches. »

Partager cet article

Repost0
20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 18:04

lettreavion.jpgM. X. Pour des raisons d’anonymat, je ne peux pas donner son nom ; disons que c’est aussi un adjectif peu valorisant et qu’il précise toujours, quand on lui demande l’orthographe : « X., comme “pas beau”. »

 

C’est un escogriffe échevelé d’une cinquantaine d’années qui semble empêtré de sa longue carcasse. Il travaille comme agent de service dans un hôpital et prépare le diplôme d’aide-soignant. Il me demande de l’aide pour rédiger certains devoirs : il apporte les idées, à moi de les mettre en forme.

 

Il me raconte son stage dans une association d’aide à la personne et ses surprises en découvrant des particularités anatomiques de ses patients dont il ne soupçonnait pas l’existence à son âge.

 

Son autre caractéristique, c’est qu’il veut trouver une femme. Il a des goûts exotiques et parcourt les petites annonces passées par des étrangères dans certaines revues que je ne connais pas.

 

Il m’explique qu’il a fréquenté quelque temps une Russe qui lui demandait régulièrement de l’argent pour des motifs toujours très louables. Après un voyage pour la rencontrer, il s’est aperçu qu’elle était surtout intéressée par ses euros et il a laissé tomber : « Ça m’a coûté cher, cette histoire ! ».

 

À présent, il se tourne vers les Africaines. Il est déjà allé passer des vacances au Togo et correspond avec plusieurs femmes plus jeunes que lui (Viviane, Isabelle, Lydie, Lucie, Éliane…). Je rédige ses réponses.

 

Il fait très attention à modérer les velléités de mariage de ces dames. Il est d’accord pour avoir des relations suivies (« Certaines couchent tout de suite, me dit-il, d’autres sont plus réservées à cause de la religion. »), mais freine des quatre fers dès qu’il a le moindre soupçon d’envie d’engagement de leur part


Il est aussi très embêté qu’elles lui réclament de l’argent pour financer qui l’achat d’un téléphone, qui l’installation d’un petit commerce. Il faut donc expliquer qu’il ne roule pas non plus sur l’or et que la France n’est pas l’Eldorado qu’elles imaginent.

 

C’est toujours réjouissant pour moi de le recevoir : il est direct dans ses propos, ne se pose pas de questions sur ce qu’il vit : c’est naturel. Je m’amuse beaucoup à l’écouter me narrer ses péripéties amoureuses…


Hélas, cela fait longtemps qu’il n’est pas venu me consulter !...

Partager cet article

Repost0
10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 18:01

se-battre.jpgVoici Madame N., qui approuve tout ce que je lui dis par de vigoureux « oui oui oui ».

 

Elle est amusante, cette petite dame : toujours de bonne humeur, malgré les mésaventures (des vacheries, plutôt) qu’elle a pu subir de la part d’éventuels employeurs.

 

La dernière en date : la directrice d’une maison de retraite où elle avait postulé et effectué un essai concluant lui promet de l’embaucher et lui donne même un planning. Quelques jours avant le début du contrat, elle l’appelle et lui annonce qu’elle ne peut pas l’embaucher « à cause de son titre de séjour ».

 

Or, Mme N. est titulaire d’une carte de résident (soit une autorisation de séjour de dix ans) lui permettant de travailler dans « toutes professions ».

 

Elle court à la préfecture demander des explications. On lui répond que la directrice outrepasse ses droits et on lui donne les coordonnées de la Ligue des droits de l’homme à alerter.

 

Au moment où je la reçois, elle n’a pas encore fait la démarche et hésite un peu. Je l’encourage à agir : je sais qu’elle n’a pas froid aux yeux. Je lui dis que c’est à la fois pour elle, qui est forte, et pour les éventuelles prochaines autres femmes qui n’auront pas son courage. Ça la touche, je pense qu’elle le fera…

Partager cet article

Repost0
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 18:07

peigner-girafe.jpg

 

Mme H. a reçu de plusieurs entreprises de vente par correspondance des bons de commande proposant des réductions très intéressantes. Elle me demande de les lui remplir. Devant moi, elle feuillette son catalogue, hésite, me demande mon avis sur tel vêtement et de lui calculer le prix réel…

 

Elle ne semble pas vraiment avoir besoin de vêtements, mais plutôt envie de profiter de cette promotion…

 

L’heure tourne et au bout d’un moment, après avoir déjà rempli un formulaire et le chèque correspondant, je lui suggère de réfléchir chez elle et de revenir quand elle serait décidée, ajoutant que personne ne l’obligeait à commander.

 

Je ne l’ai jamais revue pour ça.

Partager cet article

Repost0
20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 17:59

porte-ouverte.jpgJe ne connais pas encore Mme S. et ce qu’elle me demande me change vraiment des cas habituels !

 

Comme de nombreuses personnes que je reçois, elle est en conflit avec son employeur et veut lui envoyer un courrier recommandé de contestation.

 

Mais il ne s’agit pas de contester un licenciement ou une sanction, ni de réclamer des droits. Non, elle s’insurge contre le refus de sa direction de la licencier dans le cadre d’un plan de départs volontaires.

 

Elle travaille depuis plusieurs années dans un laboratoire pharmaceutique, occupant, me semble-t-il, une fonction d’assistante commerciale.

Elle en a un peu assez de ce poste et se serait bien vue entamer une reconversion pour faire tout autre chose – elle ne m’a pas précisé quoi.


Elle a donc déposé sa candidature pour partir, avec un petit pécule bien sûr. Plusieurs autres salariés, dont son plus proche collègue travaillant au même poste qu’elle dans le même service, ont fait pareil. Or elle a été la seule dont la demande a été rejetée.

 

Elle trouve ça très injuste. Son collègue était payé plus qu’elle et abattait beaucoup moins de travail, elle comprend qu’il ait été préféré. De plus, les arguments de sa direction sont imparables : en bref, elle est indispensable à la bonne marche du service !

 

Sa demande est très surprenante. Je l’envoie vérifier ses droits auprès d’un spécialiste à la Bourse du travail.

On lui conseille d’écrire pour exprimer son mécontentement, ce que je fais pour elle.

 

Non seulement elle est déçue, mais la nouvelle organisation entraînée par ces départs lui donnera plus de travail, sans que son salaire soit augmenté pour autant.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
  • Contact

Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

Recherche

Avertissement

Tous les textes publiés sur ce blog sont la propriété exclusive de leur auteur.

Toute reproduction, même partielle, ne peut se faire sans l'autorisation expresse de l'auteur.

Pages