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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:39

pasdechance.jpgM. M. est un jeune homme de vingt-cinq ans. La première fois que je l’ai vu, j’ai dû « l’apprivoiser ». Il était plutôt agressif, toujours sur le qui-vive, à revendiquer un emploi à la mairie de C. puisqu’il y est né et y vit. Raisonnement intéressant mais guère constructif.

 

Une autre fois, j’ai essayé de lui montrer ses atouts au moment où il envisageait une formation… Je sentais qu’il était plus en confiance.

 

Dernièrement, j’ai appris qu’il avait été expulsé de son appartement pour une dette énorme de loyer (tant qu’il n’aura pas remboursé, il ne pourra pas trouver d’autre logement social), qu’il était domicilié au CCAS et bénéficiaire du RSA.

 

Cette semaine, il a pris rendez-vous avec moi pour écrire une lettre au procureur, pour lui dire qu’il avait trop d’amendes et qu’il ne pourrait pas les payer.

Des amendes de quelle nature ?

Pour des voyages en transports en commun sans billet : pas seulement des trains de banlieue mais aussi des TGV, parce qu’il n’a pas les moyens d’acheter un billet.

A-t-il les avis de contraventions ?

Non.

À quel procureur veut-il écrire ?

Au procureur de la France.

Hum… Petite explication de l’organisation judiciaire en France…

 

Bon, alors à Hollande, il est le président, il peut tout faire, il saura trouver où j’ai eu mes contraventions.

Je n’insiste pas, il est tellement à cran que je le crois capable de tout, et j’écris au président (tiens, c’est la première fois depuis qu’il est élu !).

 

Il faut que je lui précise que « le gars » (oui, M. M. parle de lui à la troisième personne) est très malade, qu’il n’a pas de diplôme pourtant il est intelligent, qu’il n’a pas de chance et que toutes les portes se ferment devant lui.

 

Petite crise d’indignation quand, à sa remarque : « il faut qu’il me réponde », je réponds que rien ne permet d’affirmer qu’il le fera, même si je pense que son cabinet enverra un courrier type.

S’il est président, il doit s’occuper de tout et de tous, il doit répondre.

 

Séance courroucée quand il évoque son pays d’origine où les touristes sont bien accueillis et bien logés, alors que lui qui est français, n’a pas de toit sur la tête dans son propre pays.

 

Puis il faut écrire au maire qui lui a fait de belles promesses avant les élections : un logement, un emploi, mais n’en a tenu aucune, ainsi qu’au sénateur, l’ancien maire, qui a toujours un bureau à l’hôtel de ville.

 

Mais à eux, il est hors de question de dire qu’il est malade : je dois écrire qu’il (le gars) est sportif, en pleine forme, qu’il pratique la musculation et que quand il entre dans la salle d’entraînement, tout le monde a peur (j’occulte ce dernier détail). Parce qu’ainsi, ils pourront avoir l’idée de le prendre comme garde du corps.

 

Je ne peux pas restituer les remarques et commentaires qu’il profère en continu pendant que j’écris : amertume et découragement ressortent, mais aussi déconnexion totale de la réalité et disposition évidente à exploser à toute occasion.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:30

… et gros énervement de l’écrivain publicenervee

 

Les permanences que je tiens en mairie sont très fréquentées, vous l’avez peut-être compris. Quand vous saurez qu’elles déclenchent parfois des bagarres parce que je ne peux pas recevoir tous ceux qui se présentent, vous aurez une bonne vision de la réalité.

 

Cela arrive fréquemment au retour de mes congés. Ils ne sont pourtant jamais très longs, car, d’une part, quand je ne travaille pas, je ne gagne pas d’argent, mais aussi parce que je crains cette affluence des premiers jours.

 

Une nouvelle bagarre survenue début septembre a enfin ému les hautes instances de la mairie. Ayant entendu parler de ce remue-ménage, j’en ai profité pour (re)présenter un projet de fonctionnement que j’avais préparé il y a plus de six mois, dans des circonstances analogues. Pour d’obscures raisons de préséance et/ou de susceptibilité mal placée, il n’avait jamais été examiné.

 

Cette fois-ci, j’ai eu immédiatement un accusé de réception avec l’information qu’une réunion avec d’autres hautes instances chapeautant l’accueil était prévue deux jours plus tard. Le soir même, j’ai su que les modalités de réception des usagers allaient maintenant changer.

 

Ainsi, « on » a pensé que recevoir sur rendez-vous serait une très bonne chose pour moi, tout comme « on » le met en place pour les autres permanences : association d’aide aux victimes et information juridique. Une personne par demi-heure, et roule ma poule !

 

Sauf que ce n’était pas ce que j’avais proposé, en ayant mûrement réfléchi et en me basant sur mon expérience de… sept années, rien que ça, sachant que je reçois environ mille personnes chaque année.

 

Et ce que je redoutais se produit régulièrement : des personnes ne se présentent pas à leur rendez-vous, sans prévenir, d’autres arrivent (très) en retard, certaines demandes ne requièrent que dix minutes, je « poireaute » donc jusqu’au rendez-vous suivant et, plus grave selon moi, d’autres demandes nécessiteraient plus de temps et les personnes doivent revenir pour finir ce que j’ai commencé.

 

J’avais immédiatement émis des réserves sur ce mode de fonctionnement, mais la réponse a bien montré qu’« on » n’avait pas bien compris ce que je faisais ni comment.

 

Alors, l’agent d’accueil repère en rouge les usagers absents et je note les anomalies que je constate dans un beau tableau. J’établirai des graphiques pour démontrer que je perds mon temps.

 

Certes, j’ai toujours de quoi m’occuper, mais j’ai quand même une conscience professionnelle et n’aime pas être payée à ne rien faire. D’autant que je sais que les deux prochaines permanences de la semaine qui, elles, n’ont pas été modifiées, vont être surchargées et que mon rythme, là, sera infernal.

 

Cher « on », merci de votre considération.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 19:43

De quoi ai-je besoin ?

Points dinterrogation

 

Ce matin, un énième dossier de demande de logement à remplir !

 

Depuis que ce document a été normalisé, toutes les mairies, tous les bailleurs sociaux utilisent le même : je le connais par cœur et sais comment formuler les questions aux usagers pour obtenir, autant que faire se peut, une réponse rapide et claire.

 

Ainsi, la question concernant les besoins d’un parking est ainsi formulée : « Souhaitez-vous un parking » ?

Je l’ai transformée en « Avez-vous besoin de louer un parking ? ».

 

Je la pose à Mme A.

 

« Heu… 

- Vous avez une voiture ?

- Ben non.

- Alors, non, vous n’avez pas besoin de parking ! »

 

Je joins le geste à la parole et coche la case « non ».

Et hop !

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 17:46

mariage grisLe « mariage gris » est puni par la loi depuis 2010. Ma consœur, Sophie Strnadel en a parlé dans un de ses derniers billets de blog (ici).

 

J’ai moi aussi rencontré de nombreuses femmes, Françaises d’origine maghrébine, qui se sont mariées « au pays », avec un homme présenté par la famille, qu’elles ne connaissaient pas plus que ça. Elles mettent tout en œuvre pour faire venir le mari


Une fois en France, certains messieurs indélicats ayant obtenu le fameux titre de séjour, plaquent femme et souvent nouveau-né, en clamant bien fort qu’ils ne l’ont épousée que « pour les papiers ». Les épouses désemparées me consultent pour signaler leur changement de situation au préfet de leur département qui instruit les dossiers de renouvellement de titre de séjour. Je suis désolée pour elles et effarée de leur candeur.


Parfois, plus rarement, ce sont des hommes, assez âgés, titulaires d’une carte de résident, qui ont eu cette mésaventure avec leur nouvelle – jeune – femme, plus délurée qu’ils ne le pensaient. Dans ce cas, je dois avouer que je ricane un peu in petto.

 

Aujourd’hui, je reçois deux jeunes femmes charmantes – voire jeunes filles – vêtues d’un jean, cheveux décolorés pour l’une, mi-longs et attachés pour l’autre. La première est l’amie de la deuxième, Mme A. (eh oui, la jeune fille est mariée), et vient pour l’aider à exprimer sa demande.

 

La toute jeune Mme A. est mariée depuis 2010 avec un Français qu’elle a rejoint en février de cette année. Ils vivent chez les parents de monsieur.


Depuis quelques jours, elle s’est réfugiée chez une tante, car son mari, soutenu par la belle-mère, l’a mise dehors en pleine nuit, sans qu’elle comprenne pourquoi.


D’après la copine, c’est parce qu’elle avait refusé d’obéir à la belle-mère qui l’emmenait systématiquement à son travail et lui faisait faire le ménage à sa place. D’ailleurs, c’est la jeune femme qui faisait tout aussi à la maison.

 

Elle écrit au préfet pour l’avertir du changement de sa situation, très inquiète, car sa belle-sœur l’a prévenue que le mari demandait le divorce et avait l’intention de « lui retirer ses papiers ».

 

Alors, quelle est la couleur de ce mariage ? 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:56

ailleurs.jpg

Le début de ce billet est ici.

 

 

Les permanences au centre administratif y sont toujours restées, mais j’ai pu visiter plusieurs étages de ce grand bâtiment.

 

Au début, j’étais au rez-de-chaussée, près des agents gérant les permanences : impeccable pour donner mes factures. Elles étaient traitées rapidement… quand elles n’étaient pas oubliées sous un tas d’autres papiers plus importants (voir ici).

 

Puis je suis montée au quatrième étage, près de mes nouveaux référents.

J’ai ainsi squatté quelques semaines le bureau de la chef de service, ce qui n’était pas pratique. Ensuite, j’ai occupé une immense salle de réunion, de l’autre côté du bâtiment, complètement à l’écart de tout autre vie.

Enfin, on m’a trouvé un petit bureau assez agréable, avec fenêtre et radiateur, près d’agents très sympathiques. J’y suis restée plusieurs années. Le seul inconvénient était le temps perdu dans l’ascenseur pour aller chercher les usagers et les raccompagner.

Puis la police municipale a investi cet étage et tous les autres occupants ont dû déménager.

 

Je suis retournée au rez-de-chaussée, à proximité du premier bureau, dans ce qui est appelé un « box ». En fait, j’en occupais officieusement deux, déménageant dans le deuxième dès qu’il était libre. Car, si celui-ci ne disposait pas de fenêtre, ce qui me manquait vraiment, il était équipé d’un radiateur, contrairement au premier. L’hiver, c’était intenable ! J’avais beau me plaindre, tout le monde compatissait, trouvait que c’était anormal, mais rien ne changeait.

 

Puis, le service d’état civil, tout proche, a dû se réorganiser, car l’ouverture d’une maternité dans la ville supposait un surplus de travail, et a eu besoin de ces box. Exit l’écrivain public, et les autres permanences.

 

Je me suis donc retrouvée dans l’ancien local de la police municipale. C’était un « bocal » dans le hall, un peu à l’écart, mais pas trop. Comble du luxe : un radiateur et deux larges baies vitrées. Seul inconvénient : la proximité d’un rond-point très passant, ce qui rendait difficile l’ouverture permanente des fenêtres qui, de toute façon, ne pouvaient être qu’entièrement ouvertes ou complètement fermées.

 

Et hier matin, au retour de deux semaines de congés, j’apprends que je dois encore déménager. Je reste au rez-de-chaussée, mais m’éloigne dans les couloirs de l’autre côté du centre.

Le local n’est pas très grand, tout en longueur : avec le bureau et une chaise de part et d’autre, j’ai l’impression d’être un rat coincé entre quatre noix.

Mais j’ai une fenêtre (munie de barreaux, rien n’est parfait) et un radiateur. Tout pour être heureuse !

 

L’agent d’accueil m’a affirmé que c’était provisoire. J’attends le prochain déménagement…

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 19:53

 

sorciere montconseilDepuis plus de sept ans que je travaille pour des mairies, ma vie n’a pas été un long fleuve tranquille ! Je ne parle pas des cas épineux impossibles à résoudre ou des personnages désagréables que j’ai rencontrés.

 

D’une part, j’ai connu plusieurs changements dans les personnes et les services gérant les permanences, entraînant des modifications dans les procédures de transmission des factures ou dans les fréquences des statistiques à rendre.

 

D’autre part, au fil des événements et des réorganisations des services, j’ai aussi souvent changé de local où recevoir les usagers.

 

Deux mairies de quartier ont été détruites, pas au même moment, fort heureusement.

 

L’une de ces permanences a été transférée quelque temps au centre administratif puis s’est établie dans un espace-ville où étaient installés les services municipaux. Là, je dispose d’une pièce bric-à-brac, sans chauffage, donc je transporte mon convecteur électrique en plein hiver.

 

L’aménagement de ce local varie selon les activités de l’espace-ville. J’arrive toujours à avoir du mobilier pour m’installer, mais il m’est arrivé de devoir déblayer les tables recouvertes de réalisations manuelles. Une autre fois, j’ai été accueillie par une sorcière en carton-pâte grandeur nature ; j’ai eu un léger mouvement de recul en entrant (voir l’illustration de ce billet).

 

Pour l’autre, j’ai simplement traversé une allée pour être accueillie – très bien d’ailleurs – au centre social. Comme les services municipaux également transférés, je ne dispose que d’un box délimité par un mur et un paravent. Le bureau est encombré de deux ordinateurs auxquels je n’ai pas accès et j’y dépose aussi le mien.

 

Comme j'interviens là le mercredi, il y a souvent des activités pour les enfants ; bien qu’ils soient relativement sages, ils sont tout de même bruyants. De plus, pour conserver un minimum de confidentialité, je suis obligée de parler bas, car tout s’entend dans ce grand local. Très compliqué avec certaines personnes âgées !

 

Pourtant, c’est un endroit où je me sens bien : le personnel du centre est attachant et il se passe toujours quelque chose. Il y a quelques semaines, la directrice avait installé une grosse gamelle sur un trépied à gaz devant la porte et cuisinait le repas du midi pour les animateurs et la troupe de cirque qui encadrait l’animation de la semaine. J’ai même aidé à éplucher des pommes de terre et écaler des œufs durs pour la salade composée du soir !

 

 

 

 

(À suivre…)

 


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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 19:26

M. S. arrive de sa démarche légèrement claudicante, de bonne humeur, comme d’habitude.

 

À peine assis, il commence : « Bon ben voilà… C’est pour… » et il sort un dossier de logement. Comme le document est prérempli, cela signifie qu’il s’agit d’un renouvellement.

 

home.jpgAllons-y !

 

Identité de lui et sa fille : ça va.

 

Situation professionnelle : ça va, il est à la retraite.

 

Revenu fiscal de référence : ça commence à coincer, il n’a pas son avis d’imposition. Je lui suggère d’en joindre une copie au dossier.

 

Revenus : il touche une pension de retraite : « environ » 400 € par mois – je note l’environ –  et une pension d’invalidité : « à peu près… » – je note l’à peu près. Sa fille est handicapée et bénéficie d’une allocation mais il ne connaît pas du tout le montant. Je lui demande d’apporter une attestation de paiement de la CAF.

 

Montant du loyer : «Je paie environ… ». Sachant qu’il touche l’APL, je lui réclame une quittance de loyer, qu’il a sur lui, par hasard. Je note…

 

Dernière page : les raisons de sa demande de logement.

 

« Pourquoi voulez-vous changer d’appartement monsieur ?

- Mais je veux pas changer ! »

 

Je lève le nez du formulaire :

« Alors pourquoi vous remplissez la demande ?

- Ben, chais pas, ils me l’ont envoyée, je croyais que c’était obligatoire !

- Enfin monsieur, il y a bien marqué demande de logement social.

- Ben non, j’veux pas changer…

- Dans ce cas… (je déchire le formulaire), je le mets à la poubelle et on n’en parle plus. »

 

Et monsieur S. s’en va, toujours de bonne humeur.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 17:41

Le début de ce billet se trouve ici.

 

emploi chomageVite… Le Petit Robert !

Motivation : Relation d’un acte aux motifs qui l’expliquent ou le justifient. – Action des forces (conscientes ou inconscientes) qui déterminent le comportement (sans aucune considération morale).

Motiver : Justifier par des motifs.

 

Une lettre de motivation doit expliquer pourquoi une personne postule à un emploi. Or tous les Georges que Christine rencontre cherchent un emploi parce qu’ils ont une famille à nourrir et un loyer à payer, pas pour s’épanouir dans un poste aux tâches variées et participer au développement d’une entreprise leader sur son marché.

Et même pour un Jacques, ingénieur en informatique, la priorité est de gagner sa vie !

 

Une dame d’une cinquantaine d’années qui avait toujours été femme de ménage me disait un jour : « Avant, quand je voulais travailler, on me demandait si je savais faire le ménage et c’était facile de le montrer ; maintenant, il faut écrire pour l’expliquer. »

 

À mon humble avis, on marche sur la tête ! N’importe quel Georges, qu’il soit ingénieur ou jardinier, doit écrire une lettre de motivation pour présenter sa candidature à un emploi.

 

Et si Georges ne sait pas écrire ? Pas grave, il va voir Christine, qui montre là toute l’utilité sociale de son métier d’écrivain public.

Mais qui rencontre aussi un profond dilemme : comme tous ses confrères, elle met un point d’honneur à adapter au mieux son style à la personne pour qui elle écrit. Mais elle doit quand même utiliser un minimum de vocabulaire


Pour l’employeur, quelle valeur peut prendre une lettre de motivation, même écrite avec des mots très simples, si son expéditeur ne sait ni lire ni écrire d’une part, et comprend à peine les mots qu’il a signés d’autre part ?

 

Mystère !

Quoi qu’il en soit, la lettre de motivation fait partie du « folklore » de la recherche d’emploi. 

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:36

Points dinterrogationD’un côté, nous avons un homme, nommons-le Georges : il cherche du travail ; de l’autre, voici un écrivain public, il… heu… elle s’appelle… Christine, au hasard.

Le premier a besoin de la deuxième pour réaliser les documents incontournables dans sa recherche d’emploi : une lettre de motivation et un CV.

 

La lettre de motivation…

Exercice ô combien périlleux et d’un enjeu parfois incommensurable. L’avenir professionnel de Georges est dans la balance, il sait que c’est obligatoire, mais il est incapable de réaliser lui-même un tel document.

 

Un CV, à la limite, ça l’effraie moins : il existe de nombreux exemples et il semble facile (hum!) de les appliquer à son propre cas. En tout cas, le schéma de base est familier et les éléments sont concrets : on connaît son parcours même si on a du mal à le mettre en valeur. On peut trouver de l’aide à Pôle emploi ou dans une association… (Enfin, là aussi, j’aurais des choses à dire…)

 

Mais une lettre de motivation… C’est, paraît-il, un sésame pour le fameux entretien censé lui-même ouvrir les portes de l’entreprise. D’ailleurs… c’est quoi au juste une lettre de motivation ?

 

« Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous ?

- Je voudrais juste une lettre pour la mairie.

- Oui, pour dire quoi ?

- Ben… pour du travail.

- Ah ! Une lettre de motivation… Qu’est-ce que vous cherchez comme travail ?

- Dans les services techniques, comme homme d’entretien.

- D’accord. Vous avez un CV ?

- Oui.

- Vous l’avez là ?

- Non, il est chez moi…

- Bon. Vous avez déjà travaillé comme homme d’entretien ?

- Non, mais je bricole un peu…

- Ça vous plaît le bricolage ? Qu’est-ce que vous savez faire exactement ?

- Un peu de peinture, un peu de plomberie… Ouais, j’aime bien ça… Mais c’est juste pour chercher du travail. »

 

Et voilà ! Une lettre de motivation, c’est « juste pour chercher du travail ».

 

 

 

(À suivre…)

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 15:52

femininM. A. veut déposer une demande d’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) qu’il me demande de remplir.

 

Munie de son titre de séjour, je remplis ce qui concerne son identité. Passons à son épouse…

« Vous avez votre livret de famille ? »

 

Il farfouille pendant un certain temps dans ses affaires et me tend deux traductions de son acte de mariage… Je suppose qu’il n’a pas son livret de famille. Faute de mieux, je recherche là les informations concernant son épouse.

 

Je trouve que la demoiselle Aïcha, fille de Untel, âgée de 18 ans, femme au foyer… a bien épousé ce monsieur. Je ne vois nulle part ni le nom de famille, ni sa date de naissance, ni le lieu. Mais je sais tout sur la dot, et aussi qu’elle est vierge et sous la tutelle de son père !

 

Et d’un coup, me revient en mémoire mon énervement en consultant le livret de famille des ressortissants marocains, comme l’est M. A. : l’épouse n’apparaît que sous son prénom, et seulement à la page qui indique la naissance des enfants.

 

« C’est quoi le nom de jeune fille de votre femme ?

– Son nom de jeune fille ?

– Oui, elle s’appelait comment avant de se marier ?

– Ben, Aïcha, elle s’appelle toujours Aïcha ! ».

 

Heureusement, il finit par me montrer une copie de la carte d’identité d’Aïcha !

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  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

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