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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 11:13

Points-dinterrogation.jpgMme O. me montre des relevés de carte Pass. Je m’y attendais un peu vu qu’elle m’en avait parlé la fois précédente, mais j’espérais qu’elle aurait résolu son problème car je n’y comprenais pas grand-chose. La société S2P avait effectué des prélèvements sur son compte et elle affirmait qu’elle ne savait pas pourquoi. J’en avais déduit qu’elle n’avait jamais touché à la réserve d’argent disponible sur le compte Pass.

 

Or aujourd’hui, je constate qu’elle a utilisé 2 000 €, ce qu’elle confirme. Elle m’assure que cet argent a été « pris » par sa banque, mais elle ne retrouve plus les relevés correspondants pour me montrer. Et je ne comprends toujours pas où est le problème. Pas la peine de demander plus d’explications, on tourne en rond…

 

« Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? »

 

Réponse :Tout simplement indiquer à S2P qu’elle ne veut plus de prélèvements mais qu’elle ira payer tous les mois en liquide aux services financiers.

Youpi ! J’écris le courrier.

 

Combien de fois cela m’est-il arrivé ? Je n’ai pas compté mais à chaque fois, j’étais soulagée et… sauvée ! En fait, il s’agit tout bonnement d’appliquer la règle simple :

 

se recentrer sur la demande du client.

 

Certains arrivent avec des kilos de papiers, qu’ils sortent par paquets d’une multitude de dossiers, après les avoir cherchés en farfouillant dans de grands sacs de supermarchés, et les éparpillent sur le bureau.

Ils se perdent (et moi aussi) dans des explications détaillées mais confuses, pour des faits remontant à des semaines ou des mois, dans un français hésitant, parfois peu compréhensible, utilisant un terme à la place d’un autre, ou le transformant complètement tellement ils l’écorchent.

 

Moi, laborieusement, j’essaie de suivre, remettre tout en ordre chronologique, les faits aussi bien que les documents, pour comprendre ce qui a pu se passer, qui a fait ou aurait dû faire quoi, quand a eu lieu tel événement par rapport à tel autre… Ma logique échoue et mon bon sens renonce.

 

Et je suis inquiète : qu’est-ce que je vais faire pour cette personne ? Comment vais-je répondre à cette demande que je ne saisis pas ?


Et soudain, l’illumination : mais, au fait, quelle est la demande ?

« Que voulez-vous que je fasse ?

- Écrire un courrier pour demander… »

Je reformule : c’est ça !


Ouf, je n’ai plus qu’à écrire ça, sans plus chercher à comprendre !

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:49

SOS-x-copie-1.jpgJ’ai raconté ici une matinée éprouvante qui s’est terminée par des hurlements d’un usager mécontent. En fait, la matinée infernale n’avait pas encore touché à sa fin. Jugez plutôt…

 

Le sale bonhomme parti, je regagne mon local. Un peu tremblante, je commence à rassembler mes affaires. Ma porte est fermée et j’entends du bruit dans le couloir sans y prêter attention.

Quand je sors rendre la clé, la porte des bureaux de la mairie est fermée…

Hum ! Même pas peur !

 

Je vais vers la sortie de l’autre côté : le rideau métallique est baissé. Me voici seule et enfermée dans l’espace-ville, un endroit déprimant à souhait. Les portes sont protégées par des rideaux et les fenêtres par des barreaux.

 

Je réfléchis à toute vitesse et tente sans trop d’espoir d’appeler le centre administratif pour avoir le numéro d’une des dames qui m’ont laissée. Il est midi pile, personne ne répond.

 

Je retourne en courant dans mon local, ouvre la fenêtre qui donne sur le parking et commence désespérément à appeler.

 

Je remarque une voiture blanche qui va démarrer, au volant, A., un des agents. J’essaie d’attirer son attention… Elle me voit et sort de sa voiture. « Tu n’étais pas partie ? C’est bien ce que je me disais, mais Z. m’affirmait le contraire. Oh là là, excuse-nous, j’arrive… »

 

Tellement heureuse de sortir de cet endroit maléfique, je ne fais aucun reproche et, même, la remercie.


Je regagne ma voiture et décide de rentrer chez moi faire la sieste.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 21:07

prioriteCe vendredi s’annonce éprouvant : à mon arrivée, un monde fou se presse déjà dans l’espèce de salle d’attente de l’espace-ville où j’interviens.

Pendant que je reçois la première personne, quelqu’un frappe à la porte et insiste. Je vais voir, c’est un vieux monsieur, déjà repéré à d’autres moments pour différentes raisons. Je lui fais remarquer que je suis occupée et qu’il devra attendre son tour, car il y a déjà du monde. « Mais moi, j’ai une carte de priorité ! »
Ah, c’est la première fois qu’on me la fait, celle-là, alors que la salle d’attente est remplie. Et j’avoue ne pas y connaître grand-chose en carte de priorité.

Je finis avec la première dame et vais prévenir les autres personnes de ce contretemps. Ça grommelle un peu, mais sans plus.

Je finis avec le vieux monsieur et vais chercher la personne suivante : une autre brandit sa carte. Je la fais passer…

Ce phénomène se reproduit une ou deux fois de plus.

À la fin, il reste deux dames et un homme qui attendait déjà depuis un moment sans rien dire, et qui, voyant que, à cette heure, je n’ai le temps de prendre qu’une seule personne, m’affirme que lui aussi a une carte de priorité et qu’il doit passer.
La dame la plus jeune, dont c’était le tour, est affolée car elle a laissé son bébé à la maison. Je connais un peu l’homme et sais que c’est un profiteur. Je lui dis qu’il n’est pas raisonnable de ne pas avoir revendiqué avant et décide de donner la priorité à la jeune mère. Je préviens les deux autres que je n’aurai sûrement pas le temps de les voir.

Quand j’ai terminé, les deux personnes qui restaient attendent toujours. Je leur redis que j’ai terminé et là…
Quelques récriminations de la dame qui finit par partir.
Et des hurlements de l’homme : pourquoi je ne l’ai pas pris alors qu’il a une carte de priorité, alors que j’en ai fait passer d’autres avec une carte ? Pourquoi je ne le prends pas maintenant alors qu’il attend depuis une heure ? Pourquoi je ne le lui ai pas dit avant ? Plus d’autres propos acerbes, sous-entendant notamment que c’était parce qu’il est étranger.

Il fait tellement de bruit que les deux agents de la mairie sont alertées et me rejoignent. Elles se plantent à côté de moi, bras croisés, et écoutent l’homme, tentant parfois de le calmer. Je suis rassurée de leur présence. Rien de ce que je dis ne servant à rien, je me tais et le laisse vociférer. Enfin, il part !

Ma première préoccupation, une fois rentrée chez moi, fut de me renseigner sur les prérogatives liées à cette carte, délivrée par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Voici ce que j’ai trouvé sur le site vosdroits.service-public : voir ici.


Carte de priorité pour personnes handicapées
Mis à jour le 15.11.2011 par Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Principe
Cette carte, anciennement appelée « carte station debout pénible », permet d'obtenir une priorité d'accès aux places assises dans les transports en commun, dans les espaces et salles d'attente, de même que dans les établissements et les manifestations accueillant du public.
Elle permet également d'obtenir une priorité dans les files d'attente.

Depuis, plusieurs personnes ont encore essayé « d’écornifler » en présentant leur carte : je ne me suis plus laissée faire, non mais !

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:30

musculation.jpg« Allô, Monsieur M. ? Ici Christine Atger, l’écrivain public de l’immeuble. Je suis désolée de vous déranger, mais j’ai dans mon bureau, Monsieur T. de l’immeuble d’à côté. Il est tombé et ne peut pas se relever, et je n’ai pas la force de le faire. Ça vous ennuierait de monter pour l’aider ? »

Ouf, le gardien ne m’a pas envoyée balader ; il n’est pas dans la résidence, mais m’a promis de venir dans une quinzaine de minutes. Je vais ouvrir la porte d’entrée. En attendant…

« Vous n’avez pas froid, monsieur ? Vous ne sentez pas de courants d’air venant de la porte ?
- Non, ça va.
- Vous voulez un coussin pour appuyer votre tête ?
- Je veux bien. »

Et me voici, assise par terre au niveau de son visage, à faire la conversation à Monsieur T. allongé aux pieds de mon bureau.

C’est un nouveau client, un voisin. Il se déplace en fauteuil, mais est monté avec seulement l’aide d’une béquille. Je le vois pour la deuxième fois. Il est toujours en avance : la première fois, je l’ai croisé avec son fauteuil devant l’ascenseur un quart d’heure avant le rendez-vous ; aujourd’hui, j’étais juste à l’heure et il m’attendait appuyé dans l’encoignure de ma porte.

Tout à l’heure, au moment de partir, il a eu du mal à se lever de la chaise. Il a pris appui à plusieurs endroits, j’ai essayé de l’aider tant bien que mal. Il a fini par se mettre debout, mais au moment où j’allais lui tendre sa canne, je l’ai vu basculer de l’autre côté. Le retenant par la manche de son blouson, j’ai tenté de le redresser, mais il était trop lourd ; je l’ai alors laissé doucement glisser à terre.

« Ça va, monsieur, vous ne vous êtes pas fait mal ?
- Non, non.
- Vous pouvez vous relever tout seul ?
- Oh non ! Il faut appeler quelqu’un. »

Les voisins absents, je ne vois qu’une solution : appeler le gardien.
« Ce ne sera pas la première fois qu’il me relèvera ! »
Bon, je n’ai pas trop mal réagi…

Pendant notre causette, Monsieur T. m’apprend que quand ça lui arrive alors qu’il est seul, il ne peut qu’appeler les pompiers – il garde toujours son portable dans sa poche. Sur sa porte, il a affiché le nom des voisins où on peut trouver ses clés. Il me dit aussi qu’il a maintenant une aide ménagère très costaud qui arrive à le relever… quand elle est là, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Assez rapidement, j’entends des voix sur le palier et je vois entrer la gardienne accompagnée d’un grand homme baraqué. Son mari l’a prévenue et elle a trouvé de l’aide en chemin. Elle connaît la technique : elle bloque les pieds de Monsieur T. avec les siens pendant que l’homme l’attrape par les épaules et le redresse. Et hop ! Monsieur T. est debout. Il récupère ses esprits et sa béquille et peut redescendre en compagnie de la gardienne.

« La prochaine fois, monsieur, il vaudrait peut-être mieux que vous montiez avec votre fauteuil. »
Monsieur T. acquiesce, mais la gardienne dément : le fauteuil ne passe pas dans l’ascenseur, Monsieur T. est obligé de le laisser dans un local à l’entrée de l’immeuble et de monter chez lui sur ses jambes. C’est étonnant qu’il n’ait pas osé me contredire…
Voilà un immeuble bien mal équipé !

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 17:20

Mme A. arrive avec une poussette occupée par un petit garçon qu’elle garde, car elle est assistante maternelle.fete-voisins.jpg

Elle ne me dit pas tout de suite ce qu’elle veut, mais commence à raconter. Son jeune fils de quatre ans est souvent invité à aller jouer avec celui de la voisine. Il reste quelque temps, mais quand sa mère veut qu’il revienne chez elle, la voisine refuse sous divers prétextes : il veut faire la sieste avec son copain, son fils à elle ne mange pas s’il est tout seul… Bref, parfois, à 22 heures, l’enfant n’est toujours pas rentré chez lui. Le père est obligé d’aller le chercher et se dispute avec la voisine.

Je l’écoute en ouvrant de grands yeux et suis scandalisée, à la fois par l’attitude de la voisine et par celle de la mère qui ne s’impose pas, mais je ne fais pas de commentaires.

Les relations s’enveniment avec échanges d’insultes. Puis, un jour, le couple reçoit une convocation à la MDS (maison départementale des solidarités) pour une enquête sur les problèmes qu’ils pourraient rencontrer avec leurs enfants.

Ils s’y rendent et apprennent que les services sociaux ont été alertés par une lettre anonyme que leurs enfants et ceux que madame garde ne seraient pas bien chez eux. Ils comprennent tout de suite d’où provient cette dénonciation calomnieuse et font part de leurs doutes. On leur fixe un autre rendez-vous à leur domicile avec des travailleurs sociaux pour la semaine suivante.

Madame veut écrire à l’inspecteur des services de protection de l’enfance pour expliquer ce qui se passe.
Sachant qu’ils ont déjà donné ces explications et qu’une autre rencontre va avoir lieu, je lui conseille d’en attendre le résultat. Mais je l’envoie tout de même, et sans attendre, consulter l’association d’aide aux victimes qui tient des permanences dans la ville.

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:05

cimetièreMa consœur, Sophie Strnadel, et moi nous partageons les permanences d’écrivain public dans la même ville. Ainsi, même si nous intervenons chacune sur un secteur bien précis, il nous arrive de voir les mêmes usagers. Nous pouvons échanger sur certains olibrius pas toujours sympathiques et prenons des paris pour savoir qui il va préférer de nous deux pour que l’une au moins en soit débarrassée.

Ce fut le cas de M. O. dont j’ai déjà parlé dans un billet qu’on peut relire ici. On peut percevoir qu’il s’agit d’un personnage pas très agréable, voire franchement détestable… un sale type, quoi !

D’ailleurs, après avoir refusé net de lui écrire une lettre d’insultes, j’avais appris qu’il était allé trouver Sophie en jouant l’incompris, le mal-aimé, comme il en avait coutume. Sophie l’avait reconnu d’après mes descriptions et ne s’était pas laissée prendre à ses jérémiades.

Puis, personne ne l’avait revu pendant de longues semaines, alors qu’il venait presque à chaque permanence.

Faisant preuve d’un humour quelque peu noir, pas toujours du goût de tout le monde, mais qui me permet d’exorciser certaines craintes existentielles, j’ai l’habitude de suggérer, quand je n’ai pas vu une personne depuis un certain temps, qu’elle est peut-être morte. Je m’empressai donc d’affirmer cela pour M. O.

Lundi, au coin du photocopieur, l’agent d’accueil du centre social m’apostrophe : « Tu sais que M. O. est mort ? »

Ben non…
« Mince, c’est moi qui l’ai fait mourir à toujours clamer qu’il l’était ! »

Le décès de quelqu’un, c’est triste… Mais je ne peux pas me résoudre à le pleurer, ni même à seulement m’apitoyer. Je ne suis pas sûre qu’il me manque !

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:53

anniversaire.jpg

 

 

Si j’écris ce blog depuis deux ans (je n’imaginais pas avoir autant de choses à raconter : mon stock d’anecdotes se renouvelle régulièrement), j’exerce le métier d’écrivain public et écrivain conseil depuis… onze ans.

J’ai commencé tout doux. J’avais une activité salariée à temps partiel que j’ai conservée. Je n’ai pu que m’en féliciter puisque cela m’a permis d’avoir la patience d’attendre que mon activité se développe. Au fil des années, avec son accroissement, j’ai peu à peu réduit mon temps de travail salarié.

Au début, j’envisageais de recevoir les clients chez moi. Ce n’était vraiment pas une bonne idée pour moi : peu ordonnée, avec deux enfants encore jeunes susceptibles de débouler à l’improviste, je me rendais malade à chaque fois que quelqu’un devait venir. C’est ainsi que l’activité ne s’est pas développée car, le contexte ne s’y prêtant pas, je ne faisais rien pour lancer la machine.

Au bout de deux ans, j’ai pu acquérir un appartement destiné à mon activité professionnelle et à partager avec ma sœur qui s’était aussi installée, dans une autre profession. Comme par magie, les clients ont commencé à venir en plus grand nombre.

Deux ans plus tard, j’ai obtenu un contrat avec une mairie pour douze heures de permanence par semaine. Là, j’ai commencé à retirer un revenu régulier de ce métier. Avec les clients directs du cabinet, mon champ d’activité prenait une dimension très confortable. Mon autre travail perdait de plus en plus de son attrait.

Quatre ans après, une autre mairie m’a confié six heures de permanences supplémentaires. J’ai alors donné ma démission à mon autre employeur, sans regret.

J’étais donc plus ou moins spécialisée, par la force des choses, dans l’écriture à dimension sociale. Heureusement que je ne faisais pas que ça car j’aurais rapidement déprimé.

Depuis, j’ai aussi trouvé des marchés pour de la correction d’édition : romans ou articles de presse. Demandant une attention soutenue et un œil de lynx, cette facette du métier complète bien mes tâches d’écriture.
J’écris aussi beaucoup de discours pour toute circonstance ; c’est un réel plaisir et une récréation fort agréable.

De plus, depuis cette année, ma consœur, Sophie Strnadel, que vous devez commencer à connaître, et moi proposons des ateliers d’écriture qui nous apportent de grandes satisfactions : la préparation où nous nous amusons beaucoup, et l’animation, où nous ne pleurons pas non plus.

Écrire, réécrire, faire écrire : je pense faire le tour du métier.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 18:25

statsJe viens de terminer les incontournables statistiques que je dois aux institutions pour lesquelles je tiens des permanences d’écrivain public. En voici quelques données, à comparer à celles de 2010 que je vous avais présentées il y a un an.  stats2011.jpg

*Lecture et explication d’un courrier, rédaction d’une carte de vœux ou d’un chèque, conseil, orientation vers un autre service…


Ce ne sont que des chiffres. Ils montrent bien que je ne me suis pas ennuyée et que ce service répond à un besoin énorme auprès d’un certain type de population. Mais ils n’expriment pas la multiplicité et la richesse des relations humaines engagées pendant ces permanences. Les personnes que je reçois m’apportent leurs problèmes et leur confiance. À moi de m’en montrer digne, mais parfois, on me demande l’impossible et il faut remettre les choses et mon rôle à leur juste place.

Ai-je déjà dit que c’était un métier passionnant, mais usant ? Avec l’âge, je doute de pouvoir l’exercer dans ces conditions jusqu’à la retraite. Heureusement, mon activité au cabinet possède une dimension moins sociale, plus légère à mes yeux (tout est relatif !) qui me permet de décompresser.

En tout cas, je suis repartie pour une année supplémentaire, vaille que vaille !

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:48

Durant l’été, j’ai eu plusieurs commandes de discours de mariage – c’est toujours un grand plaisir pour moi – dont deux successives sous la forme de chanson : il s’agit de prendre un air connu et d’écrire de nouvelles paroles en rapport avec les mariés.

 

La première personne n’avait pas d’idée de chanson. Étant moi-même chanteuse amateur, j’ai un énorme stock de titres. J’ai donc émis quelques suggestions et ma cliente – la mère du marié – étant fan de Joe Dassin, choisit les fameux Champs-Élysées.

 

J’entreprends donc de raconter la rencontre de son fils et sa future belle-fille en suivant la structure et surtout l’air.

 

Arrivée presque à la fin du travail, je commence à être saturée de cette mélodie très tenace. Je m’endors avec, l’entends dans mes rêves et me réveille en la chantant, et ça continue toute la journée.rengaine.jpg

 

Sur ces entrefaites, je reçois une nouvelle demande du même genre du père d’une jeune fille, cette fois. Lui a bien une idée, la chanson de Robert Lamoureux : Papa, maman, la bonne et moi. Bon, me dis-je, je ne la connais pas bien mais c’est original de nos jours.

Ah mais, non, continue-t-il, il a changé d’avis car ça ne plaisait pas à sa femme. Il a plutôt choisi… Les Champs-Élysées.

Éclat de rire de ma part. Je lui explique que ça ne me changera pas et il me suggère de faire du copier-coller.

Ah non, monsieur, je fais du sur-mesure !

 

Et me voilà repartie à écrire d’autres paroles sur le même air.

J’y suis parvenue, bien sûr, et les deux clients ont été satisfaits.

Mais pendant plusieurs semaines, je n’ai eu que cette rengaine en tête. Dès que je revoyais le nom d’un de ces clients, je me remémorais tous les couplets et les fredonnais sans fin…

D’ailleurs, ça me reprend !

STOOOP !

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 18:39

traductionMme G. arrive, suivie, plusieurs pas derrière, d’une jeune fille d’une quinzaine d’années. Elles s’installent pendant que je mets mes fichiers à jour. Quand je lève le nez de mon clavier, je constate que la jeune fille est assise à l’envers sur son siège et me tourne délibérément le dos.

 

Eh bé ! ça commence bien ! Je me mets à imaginer que la mère a traîné sa fille pour… un CV par exemple, alors qu’elle ne veut surtout pas travailler…

Madame adresse à sa fille quelques mots dans sa langue sur un ton qui laisse penser à une petite engueulade, et la fille finit par se retourner.

 

La mère sort une lettre de son avocat, datée de mars, accompagnée d’une convocation devant le juge aux affaires familiales pour une audience prévue le 12 mai en vue d’un divorce (nous sommes début juillet). Je commence à expliquer et remarque que la mère se tourne vers la fille. Je finis par comprendre et lui demande :

« Vous êtes venue pour faire la traduction ? »

Oui, et sûrement pas de son plein gré.

 

« Madame, vous êtes allée au tribunal en mai ? »

Elle me répond dans sa langue : « Pouvez-vous me traduire s’il vous plaît mademoiselle ? »

La jeune fille grommelle quelques mots d’un ton agressif : il semble que oui.

 

Je continue à poser des questions, par fille interposée, toujours aussi aimable, et finis par comprendre la demande de la mère : « Je veux savoir si je suis divorcée. »

 

« Vous n’avez rien reçu de votre avocat depuis ? »

Non, mais je crois entendre la date du 7 juillet, qui est peut-être le 7 juin, mais qui, après d’autres échanges hargneux entre elles, s’avère bien être le 7 juillet. À cette date, l’avocat devrait recevoir un papier… Lequel ? Mystère. Je pense que ce sera le jugement.

 

« Vous avez revu votre avocat ? »

Traduction : non, car elle ne comprend pas ce qu’il dit.

C’est sûr, c’est une bonne raison !

 

Je me tourne vers la charmante demoiselle :

« S’il vous plaît, pouvez-vous dire à votre mère qu’avec ce papier, je ne peux pas savoir ce qui a été dit au tribunal, qu’il n’y a qu’une façon de le savoir, c’est de demander à l’avocat ? Il faut donc qu’elle prenne rendez-vous et y aille avec quelqu’un qui traduise. »

 

Je n’ai pas osé ajouter qu’il valait mieux que ce ne soit pas elle !

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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