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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 18:30

Vous l’ignorez sûrement : une de mes hantises est de me faire cambrioler et, surtout, dérober mon matériel informatique et les données professionnelles qu’il contient.

Évidemment, la maison est bien protégée et je vérifie toutes les ouvertures quand je m’absente. Et je sauvegarde régulièrement mes travaux pour les conserver, ne serait-ce que pour pallier un éventuel plantage intempestif.

 

Il y a quelque temps, nous sommes partis exceptionnellement trois semaines en vacances et mon inquiétude s’est exacerbée : les voleurs auraient tout le temps d’ouvrir les serrures compliquées, neutraliser le système d’alarme, défoncer les murs, démonter la toiture tuile par tuile, que sais-je ?... Il me fallait donc trouver des cachettes inattendues pour mes biens précieux, mon ordinateur portable en particulier.

 

Mon appareil dans les mains, je fais le tour de la maison, envisageant tel ou tel autre endroit, et j’arrive dans la buanderie, assez sombre et encombrée, qui contient machine à laver et séchoir… Le séchoir ! Il est au fond de la pièce, assez peu éclairé. Ma sacoche d’ordinateur est noire... et elle passe par le hublot. Si je mets le tout au fond de la machine, on ne voit rien… Eurêka ! Voilà ma cachette !

 

Et nous partons…

 

De retour après cette longue période de repos, j’entreprends de tout ranger et vais chercher mon ordinateur. Oh oh ! La sacoche est dans un drôle d’état… Je soulève l’écran… Il semble bancal… Mais l’appareil s’allume.

 

Entre-temps, ma sœur m’appelle et me raconte que le temps ici a été épouvantable, qu’il a beaucoup plu…

« Et tu es venue chez moi sécher ton linge ?

- Heu… oui… Tu as trouvé ton ordi ? Il fonctionne toujours ? »

 

Et voilà ! J’avais une cachette insoupçonnable. J’avais tout prévu, sauf le mauvais temps et l’utilisation du séchoir par ma sœur – comme cela lui arrive souvent à mi-saison – que je n’avais pas pensé à mettre au courant.

 

L’ordinateur avait six mois. Le seul signe de détérioration était un faux contact dans l’écran dont on pouvait s’arranger. Je l’ai remplacé deux ans et demi plus tard parce qu’il donnait des signes de faiblesse et que j’ai besoin d’un appareil fiable, mais il fonctionne toujours.

 

Si vous avez des doutes sur la solidité de votre matériel – à Noël, on vous offrira peut-être un appareil électronique –, confiez-le-moi, je connais un crash test imparable. ordi en panne

 

Inutile de préciser que j’ai dû trouver une autre cachette…

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:42

marche-noel.jpgIl y a quelques années, dans une démarche dynamique de prospection et communication, et partant du principe qu’il faut essayer toutes les idées séduisantes, j’ai imaginé participer au marché de Noël organisé par ma commune en proposant aux enfants d’écrire leur lettre au Père Noël.

 

Toute fiérote de cette idée gé-niale, je contacte le service organisateur par courrier, explique mon métier et ma démarche, précise bien que je le ferai gracieusement, et reçois une réponse positive en début d’été, avec les coordonnées de la personne chargée de la logistique.

 

Je profite des mois précédant la manifestation pour préparer mon intervention : mon ordinateur et mon imprimante portables, des affiches pour présenter l’activité, un book pour montrer l’étendue de mon savoir-faire, des cartes de visite pour moi, des crayons et feutres de couleur, des tampons encreurs sur le thème de Noël, des gommettes… pour que les enfants décorent leur lettre.

 

Je transmets également mes besoins aux services municipaux : une table et quelques chaises situées – j’insiste là-dessus – à l’intérieur, du papier blanc et des enveloppes.

 

La veille, je me rends sur place ; je n’avais rien de particulier à installer et voulais juste repérer les lieux. Déjà, j’ai un mal de chien à trouver le responsable. Puis, quand enfin je le vois, j’apprends que mon stand sera installé à côté de la boîte à lettres – « ce sera mieux pour poster les lettres » – en face du marchand d’huîtres et, surtout, à l’extérieur !

 

« Mais enfin, j’avais bien demandé à être à l’intérieur. Il m’est impossible de faire ça dehors. D’abord mon matériel ne le supportera pas, mais moi non plus. »

Vagues excuses bredouillées, le monsieur ne pouvait pas faire autrement.

 

Je rentre chez moi furieuse. J’y vais ou j’y vais pas ?

Bon, je me suis engagée, j’irai. Mais avec un énorme convecteur électrique pour avoir un semblant de chaleur.

 

Le lendemain, au moment où je veux prendre ma voiture : un pneu crevé !

Le temps de réparer, j’arrive avec près de deux heures de retard, mais je m’en moque, j’ai perdu toute motivation. Mon fils cadet m’accompagne très gentiment pour m’aider à trimballer mon bazar. Nous faisons le tour du marché sans remarquer mon stand.

Une fois le responsable trouvé, j’ai droit à « Vous deviez arriver à 13 h 30 ! » Quel culot !

 « Oui, et je devais aussi avoir un stand dedans ! »

Eh bé, ça continue bien !

Finalement, ce monsieur a « réussi » à me trouver une place dans la grande salle. J’ai transporté mon radiateur pour rien.

 

Je commence à écrire pour les enfants. J’apprécie la présence de mon fils qui me donne des précisions sur les jouets commandés – dont le nom est souvent mal prononcé – car je n’y connais rien de rien.

J’essaie d’intéresser les parents à mon métier, je distribue quelques cartes…

 

Deux après-midi passées dans le bruit et le courant d’air. Une vingtaine de lettres écrites. Heureusement quelques moments mignons ou rigolos avec les enfants.

Mais de clients supplémentaires : aucun à ce jour !

 

Et surtout, une rancœur vis-à-vis des organisateurs : je ne m’attendais pas à me voir dérouler un tapis rouge mais au moins à un peu plus de considération. Aucun mot aimable, aucun remerciement !

Inutile de préciser que je n’ai pas renouvelé l’expérience.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 19:40

Mme K. est une habituée mais je ne la voyais pas très souvent… jusqu’à ce que ses voisins changent. Commença alors une période infernale pour elle et sa famille. Les voisins, probablement dérangés, faisaient du bruit en permanence, jour et nuit, à se demander s’il leur arrivait de dormir. Toutes les tentatives de discussion et d’arrangement amiable s’étant terminées dans les insultes, le bailleur semblant impuissant ou inerte, Mme K. ne voit plus qu’une solution : déménager.

 

S’ensuit une longue bataille avec le bailleur, la mairie, soutenue par une amicale de locataires, et aidée par les courriers que je lui écrivais.

 

Enfin, on lui propose un autre logement, en rez-de-chaussée. Il n’a pas été occupé depuis longtemps et pour éviter les squatters, il a été muré. Elle le visite avec son mari le soir, sans pouvoir ouvrir les volets. L’intérieur leur convient et, pressés par leur besoin urgent de déménager, ils signent le bail.logement-enterre.jpg

 

Sitôt installés, ils commencent à déchanter. Il ne s’agit pas d’un rez-de-chaussée classique car il est semi-enterré. De ce fait, il est entouré d’une butte de terre qui arrive au niveau des fenêtres. Les passants sont en hauteur par rapport à eux et ont une vue plongeante chez eux. L’atmosphère est humide et étouffante mais il est impossible de laisser les fenêtres ouvertes pour aérer car les chats et les insectes en profitent pour entrer. Mme K. me confie que parfois, elle a l’impression d’être enterrée vivante. De plus, elle craint les cambriolages.

 

Elle alerte de nouveau toutes les instances décisionnaires pour dénoncer leurs conditions de vie. Après une visite, le bailleur avoue que ce « local » ne devrait pas être destiné à l’habitation mais au stockage des vélos et poussettes. Mme K. est ravie de l’apprendre !

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 13:35

reflechir.jpgFatiha travaille à la mairie. Cela fait longtemps que je la connais et qu’elle me consulte. Son fils unique est malade et lui cause beaucoup de soucis car il est placé dans un institut spécialisé.

 

Dernièrement, l’équipe qui le suit a proposé un changement dans son mode de vie : le soir dans une famille d’accueil, la journée en institut et le week-end chez sa mère. Fatiha a refusé : elle pense que si un IME avec une équipe de spécialistes ne viennent pas à bout de son fils, une « simple » famille n’y arrivera pas mieux ; de plus, elle craint que le suivi médico-psychologique ne soit plus assuré correctement.

 

Devant ce refus, le conseil général a demandé au tribunal des enfants de lui donner délégation de signature pour mettre en œuvre ce placement. Fatima a donc décidé d’interjeter appel et m’a fait rédiger le courrier. Le même jour, elle écrit à l’inspecteur de l’aide sociale à l’enfance pour lui demander un rendez-vous.

 

Aujourd’hui, soit un mois plus tard, elle veut deux lettres : l’une à la MDPH qui n’aurait pas versé à l’institut la part qu’elle lui doit. J’essaie de lui dire que ça ne la concerne pas vraiment : « Oui, mais je vais écrire quand même. » Alors j’introduis beaucoup de précautions, soulignant que ça l’inquiète et demandant s’il y a un problème quelque part.

 

Deuxième lettre : elle annule sa demande d’appel. « J’ai rencontré l’inspecteur. Il m’a dit que mon fils sera bien dans cette famille et que je l’aurai toujours le week-end. »

 

Ben oui… Il aurait peut-être mieux valu attendre un peu avant de lancer la grosse artillerie, non ?

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:33

M. K. est un monsieur que je n’apprécie pas : profiteur, râleur, tout lui est dû ; je trouve ça insupportable. Hélas, il semble, lui, trouver intérêt à me fréquenter car, ces derniers temps, je le vois à chaque permanence.

C’est l’occasion de faire un travail sur moi, sur mes inimitiés, pour rester le plus professionnelle possible. Je progresse avec l’expérience !

 

Un de ces derniers jours, il veut écrire au consulat de son pays pour que son père soit reconnu comme « chahid ». Il n’est pas capable de me dire ce qu’est un chahid. Renseignement pris plus tard, j’apprends que cela signifie « martyr » pour l’islam et désigne en Algérie un combattant mort pour l’indépendance. 

Mais M. K. voit surtout que cette reconnaissance peut lui donner droit à une pension. Et comme il est toujours à court d’argent, ça lui serait bien utile.

 

Il a fait rédiger un courrier par « un écrivain public » mais il manque un détail. Le papier est un torchon et les formules très ampoulées et alambiquées.

« C’est un écrivain public qui vous a écrit ça ?

- Oui.

- Mais il est où, cet écrivain public ?

- À D.

- C’est l’écrivain public de D. ?

- Non, c’est quelqu’un que je connais…

- Mais qui n’est pas écrivain public ?

- Non. »

 

Ouf ! Je préfère, pour l’avenir et l’image de la profession, savoir que ce n’est pas un confrère qui a rédigé ça.

J’écris le courrier mais ne recopie pas.

 

La permanence suivante, soit trois jours plus tard, M. K. revient avec un grand sourire :

« Je voudrais que vous refassiez votre charmante lettre… »

Et il me tend une feuille manuscrite. Il faut que je la recopie telle quelle « parce qu’il n’a pas une bonne écriture », en enlevant les fautes, tout de même. Il a pris des mots du courrier que j’avais fait et a tout réécrit à sa façon.

 

Une bouffée de rage m’envahit…

Je respire…

« Vous voulez que je recopie tout comme vous l’avez écrit ?

- Oui. »

 

… Eh bien, allons-y...

 

Avec le recul, je me dis que la prochaine fois, je refuserai…

Qu’auriez-vous fait à ma place ?

feuille-dechiree.jpg

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 19:42

flechette.jpgMlle L. est une belle, grande et fraîche jeune fille. En deuxième année préparatoire dans une école d’ingénieur, elle doit effectuer un stage « ouvrier » dans une grande entreprise, afin de choisir sa spécialisation en mastère.

Elle voudrait postuler dans celle que dirige l’ancien maire et a essayé d’obtenir un rendez-vous avec lui en s’adressant à la mairie où il a toujours ses quartiers. Cela ne semble pas possible mais, ce matin, elle vient d’apprendre que le maire actuel accepte de la recevoir. Il lui demande d’apporter une lettre pour lui, exposant sa demande d’aide, et trois lettres de motivation destinées à deux sociétés de la ville et à son prédécesseur.

 

Il est 10 h 15, elle doit le rencontrer à 13 heures : c’est la panique !

 

Certes, elle a préparé une lettre de motivation en appliquant scrupuleusement les conseils de son professeur : suivre le sacro-saint plan « Vous/moi/nous ». Elle a recherché sur Internet des informations sur les entreprises à contacter et a rédigé un paragraphe reprenant les grandes lignes de présentation des activités. Le professeur est ravi ; elle, pas du tout !

D’une part, elle n’aime pas avoir « pompé » les sites, d’autre part, elle a l’impression de faire un exposé et trouve ce paragraphe très artificiel.

 

Je suis d’accord avec elle, n’en déplaise à tous les conseilleurs en rédaction, persuadés de détenir la recette de LA lettre de motivation idéale et DU CV gagnant. Désolée, mais si ça existait, ça se saurait ! Avec cette idée fausse, tout le monde fournit le même type de documents de présentation et je suis sûre que ça finit par agacer les recruteurs.

 

Mlle L. acquiesce quand j’affirme que la lettre doit lui ressembler et « montrer ses tripes ». Car si ce qu’elle a écrit ne lui plaît pas, elle n’en sera pas fière, ne mettra aucune flamme pour le défendre et ne convaincra pas.

 

Ensemble, nous construisons le courrier, pesant soigneusement les mots, reprenant des éléments concernant chaque entreprise, mais les mêlant subtilement à son ressenti à elle et l’expression de ce qu’elle recherche. Je reproduis presque in extenso la partie où elle parle d’elle car elle nous semble convenir : elle a su exprimer de façon enthousiaste qui elle est et ce qu’elle souhaite. Je supprime juste quelques adjectifs, insérés pour faire plaisir à son professeur, mais vraiment redondants.

 

La première lettre est la plus longue à rédiger, ensuite seuls quelques détails sont à changer.

Au final, elle est satisfaite car elle s’y reconnaît.

 

« C’est ma mère qui m’a conseillé de venir vous voir. Elle n’est venue qu’une fois mais elle s’en souvient et en a gardé une très bonne impression. Moi, j’avais peur que les lettres ne soient pas personnalisées…

- Au contraire, vous avez vu, nous les avons conçues ensemble. Mon métier, c’est de faire du sur-mesure, quelque chose qui convienne parfaitement à la personne pour qui j’écris. »

 

Reste le courrier de demande au maire : vite fait bien fait, car il n’est vraiment pas compliqué.

 

Il est 11 h 15. Nous avons passé un long moment ensemble et je me suis régalée ; il est vraiment intéressant de construire un écrit de cette façon, avec quelqu’un qui sait ce qu’il veut.

 

« Ça va. J’ai le temps de rentrer chez moi me doucher, enfiler mon tailleur puis courir à la mairie. Je reviendrai mardi avec ma clé USB pour récupérer les fichiers et je vous raconterai comment ça s’est passé. »

 

Bonne chance, jeune demoiselle, vous la méritez !

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 19:46

nettoyage.jpgMme R.F. est accompagnée de son fils adolescent mais il n’intervient pas, bien que j’aie quelques difficultés à comprendre ce qu’elle dit.

 

Elle travaille depuis dix ans dans une entreprise de nettoyage. Son employeur lui a envoyé une lettre recommandée fin janvier pour lui signifier qu’il avait perdu le contrat pour lequel elle intervenait et que, à compter du 7 février, l’entreprise qui l’avait gagné reprenait les salariés rattachés, selon des dispositions du Code du travail.

 

À la date indiquée, Mme R.F., n’ayant aucune consigne particulière, se rend comme tous les jours sur son lieu de travail habituel. Là, elle rencontre le patron de la nouvelle entreprise : le lieu d’intervention du contrat avec ce client a changé, il n’est donc pas tenu de la reprendre ; elle n’a rien à faire là et doit retourner chez elle.

 

Rentrée chez elle, elle appelle son ancien employeur qui lui affirme que son contrat de travail est repris par l’autre entreprise. Elle va à l’Inspection du travail qui confirme.

 

Elle vient me voir car elle a oublié de préciser le fameux détail : le contrat ne concerne plus les mêmes locaux.

 

D’après mes maigres connaissances, ce détail ne me semble pas changer grand-chose à l’affaire, mais je l’envoie tout de même à la Bourse du travail. Elle aura besoin de conseils avisés car je crains qu’elle ne doive aller devant les prud’hommes.

 

Je lui rédige un courrier pour ce nouvel employeur, rappelant la situation et qu’elle est à sa disposition pour travailler pour lui. Avant de l’envoyer, je lui demande de la montrer au conseiller syndical qu’elle va aussi rencontrer.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 12:36

M. B. me demande de remplir un dossier pour la CAF concernant la situation professionnelle de son épouse il y a trente ans. Il s’agit de calculer ses droits à une indemnité pour sa future retraite.

 

Pour cela, la CAF lui demande de justifier ses revenus dans les années soixante-dix en présentant ses avis d’imposition. Sachant qu’on n’est pas obligé de les garder plus de trois ou quatre ans, quelle est la solution ?

 

Heureusement que cette personne, ne connaissant pas les « règles de conservation des documents », a tout gardé.

J’ai donc la grande surprise et le soulagement pour elle de pouvoir recopier les sommes réclamées.

 

Quant à moi, je brûle systématiquement ce type de document une fois la durée légale de conservation dépassée. Comment aurais-je fait ?

conserves.jpg

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 12:25

hache de guerreLa première fois que j’ai vu Mme B., elle avait un gros problème avec un frigo américain dont la porte se dégondait tant elle était lourde. Après plusieurs réparations, elle demandait le changement de l’appareil et elle a dû se battre contre le magasin avec l’aide de l’UFC-Que choisir pour cela. D’ailleurs, je ne sais plus trop si elle a obtenu gain de cause. Je la trouvais plutôt sympathique.

 

Puis, elle m’a exposé un problème de logement. Elle habite au rez-de-chaussée à l’extrémité d’un immeuble et souffre non seulement d’une humidité récurrente qui abîme ses papiers peints, mais aussi des âneries des ouvriers qui rénovent le bâtiment : plusieurs fois, des trous percés à l’extérieur se sont prolongés dans ses chambres.

 

Le bailleur fait la sourde oreille. Il y a quelques années, il lui a suggéré de faire une déclaration de sinistre à son assureur qui a pris en charge le changement des revêtements. Cette fois, il lui assure aussi que ce n’est pas de son ressort et qu’elle n’a qu’à procéder de la même façon. Elle est excédée mais, malgré les apparences, n’agit pas vraiment. Je lui donne différentes pistes à suivre et elle me raconte ce qu’elle a entrepris : soit on l’envoyait directement au tribunal, ce qu’elle ne veut pas faire pour l’instant, soit elle n’a pas osé exposer l’intégralité du problème à son nouvel assureur, soit…

Elle a toujours une bonne raison. Et elle n’écoute pas ce que je lui dis, se contentant de dresser la liste de tout ce qui ne va pas et de toutes les aberrations qu’on lui a répondues.

 

Ce matin, elle me reparle de ça et je constate encore une fois qu’elle ne fait pas ce qu’il faut… Je me sens vraiment démunie mais ne peux rien de  plus pour elle !

Mais elle n’est pas venue pour ça (ouf !) : elle veut écrire à l’académie pour son fils.

 

Celui-ci a bientôt 21 ans, il a abandonné ses études – lesquelles ? elle ne sait pas trop – ne sort pas de chez lui, passe son temps à dormir, manger et regarder la télé. Elle n’en peut plus et veut demander à l’académie qu’on lui trouve un lycée où reprendre ses études – lesquelles ? elle ne sait pas trop… « dans la vente ou quelque chose comme ça ».

 

J’arrive à lui faire admettre que, vu l’âge de son fils, ce n’est plus à elle de faire les démarches, que s’il n’a pas envie de retourner au lycée, ça ne servira à rien de l’inscrire.

 

« Mais j’en ai marre, ça peut pas continuer comme ça, il faut qu’il fasse quelque chose…

- Il se bougera quand il ne se sentira plus bien chez vous. Faites la grève, ne lui préparez plus à manger, ne lavez plus son linge, ne faites plus le ménage dans sa chambre, mettez la télé en panne, faites sonner tous les réveils de la maison à 6 heures du matin pour qu’il aille s’inscrire à Pôle Emploi… Déclarez-lui la guerre. Ce sera dur pour vous, mais c’est pour son bien et pour le vôtre. »

 

Ma proposition semble lui plaire…

Et elle repart, pour faire la guerre à son fils.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 12:23

calendrier.jpgMme T. vient souvent me voir mais ne reste jamais bien longtemps. Hormis quelques dossiers à remplir, elle me demande de lui expliquer des courriers. Mais, la plupart du temps, elle m’apporte des convocations ou des petites fiches où sont notés des rendez-vous médicaux, pour que je lui dise à quelle date elle doit s’y rendre.

 

Elle attend parfois une ou deux heures juste pour ça. J’ai beau lui dire que l’agent d’accueil peut lui donner ce renseignement, elle persiste à vouloir ne voir que moi.

 

Les premières fois, je me contentais de lui lire les dates. Rapidement, j’ai commencé à lui donner des repères : le mois prochain, dans trois jours ou deux semaines… À chaque fois, elle me répondait « Ah, d’accord ! ». Et la fois suivante, je m’apercevais qu’elle avait loupé une date.

 

Ensuite, j’ai pris un calendrier pour qu’elle « voie » le temps qu’il lui restait : « Ah, d’accord ! ». Et elle ratait encore un rendez-vous.

 

J’ai fini par lui conseiller d’acheter un petit calendrier et de faire noter les dates. « Ah, d’accord ! ». Pas plus de résultat.

 

Aujourd’hui, je suis encore allée chercher un calendrier à l’accueil pour lui montrer : deux futurs rendez-vous en août et deux loupés en mai.

 

Elle n’a pas acheté de calendrier car elle ne sait pas où on peut en trouver. De toute façon, je sais qu’elle n’a pas beaucoup d’argent et me doute qu’elle a d’autres priorités.

A-t-elle quelqu’un autour d’elle qui pourrait l’aider ? Non, personne ne sait bien lire, et elle non plus.

 

Soudain, j’ai une idée lumineuse (elles le sont très souvent mais guère rapides à jaillir) : je fais une photocopie du calendrier.

Je repère la date de ce jour en rouge et note les deux prochains rendez-vous.

Puis je lui explique de cocher chaque jour qui passe à compter de celui-ci. Elle devra garder ce papier et y faire noter tout nouveau rendez-vous. Au besoin, elle n’aura qu’à m’apporter ses convocations pour que je le fasse moi-même.

« Ah, d’accord ! ».

 

J’espère que ça va marcher car je n’ai plus d’autre idée.

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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