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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 11:36
En cas de coup dur

M. D. se plaint d’une assurance décès qu’il a souscrite et qui a refusé de prendre en charge les frais de rapatriement et d’obsèques de sa fille en 2011.

Houlà ! De l’assurance, c’est souvent un problème juridique. Je lui réclame le contrat : il n’en a pas.

« Vous ne l’avez pas sur vous ou vous n’en avez pas du tout ?

— Il n’y a pas de contrat. »

À mon exclamation stupéfaite, il s’empresse de m’expliquer son cas. Je découvre alors une facette de l’existence de ces personnes d’origine étrangère qui ont transposé en France leur mode de vie originel.

M. D. est d’origine malienne. Sa communauté est constituée comme un village, avec un chef et les coutumes du pays. Ainsi, un système de solidarité existe : le membre de la communauté verse une cotisation volontaire et tous ceux qui ont cotisé ont droit à une aide en cas de coup dur.

M. D. a versé 300 € en 2010. Hélas, sa fille est décédée accidentellement en 2011. Il a alors demandé une aide financière pour l’enterrer au Mali. Cette aide lui a été refusée, alors que d’autres ont pu en bénéficier ; c’est « à la tête », me dit-il.

Depuis, il a demandé des explications, qu’il n’a pas obtenues, sans trop insister pour ne pas causer de problèmes dans la communauté. Mais à présent, il décide de les demander par écrit. Le courrier s’adresse au chef de village et au trésorier.

La situation est compliquée, car M. D. a versé son obole à une tierce personne, selon les directives du trésorier, et son versement a été enregistré dans « le cahier » avec une fausse date, ultérieure à l’accident.

Je rédige le courrier, en l’avertissant que, dans ce cas, sans contrat, sans reçu, il ne pourra pas demander réparation devant les tribunaux. Il le sait, mais veut tirer cette affaire au clair « entre eux ».

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 10:44
Ça fait trois ans que je suis inscrite…

Mme R.V. veut écrire à un bailleur social de la région et me tend une liste de documents à fournir. Je commence à imaginer qu’on lui a proposé un logement et qu’elle doit constituer le dossier…

« Je vais écrire que j’avais demandé à rester plus longtemps, mais qu’on m’a dit que je devrais partir fin novembre. »

Je ne comprends pas tout et questionne :

« Vous avez résilié votre contrat de location ?

— Oui, au début, c’est moi.

— Vous avez trouvé un autre logement ?

— Non, c’est pour ça que j’ai demandé à partir plus tard. Maintenant, c’est fin novembre.

— Mais on vous a proposé un logement ?

— Non. C’est pour ça que j’écris.

— …

— …

— Mais comment vous allez faire si vous n’avez rien ?

— Ben c’est ça… On m’a dit de partir le 4 décembre. Mais ça fait presque trois ans que je suis inscrite et on m’a pas donné d’appartement. »

Bon, je rédige le courrier.

Je suis sidérée de tant de désinvolture : madame R.V. vit seule avec son fils de cinq ou six ans. Que va-t-elle devenir après le 4 décembre ?

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:00
Si je l'avais su avant... (2)

Pour lire le début de ce billet...

Quand je raccompagne l’administrée que j’ai reçue pendant que M. M. cherchait son papier, je le vois se lever d’un bond ; il me fait signe qu’il a trouvé.

Nous retournons dans le bureau et il me tend une liste de bailleurs sociaux, il y en a une dizaine. Il veut les alerter sur son besoin urgent d’obtenir un logement.

Je récupère aussi son attestation de dépôt de demande et constate qu’il est domicilié à Argenteuil, ce qui m’amène à reposer la question de son adresse.

Il est encore très embrouillé : il vit loin, dans un endroit reculé où il n’a accès à aucun service. J’insiste encore : il me faut une adresse dans la ville ; en a-t-il une ?

Après plusieurs questions de plus en plus insistantes, il déclare que l’écrivain public d’A. (donc, ma consœur Sophie Strnadel) a refusé de travailler pour lui.

J’ai compris. « Bien sûr, lui répondis-je, c’est un service réservé aux habitants de la ville ! »

Le discours de M. M. devient de plus en plus pressant ; le ton monte, il joue sur sa détresse avec des menaces voilées : il est obligé de mentir pour qu’on s’occupe de lui, sinon, on le laisse crever, et il est malade...

Houlà !

Tout en lui répétant calmement que JE NE PEUX PAS, que JE N’AI PAS LE DROIT, je réfléchis à toute vitesse. Il est d’un gabarit très imposant et me semble capable de tout.

Du coin de l’œil, je vois, par la cloison vitrée, que ma camarade du PIMMS est en alerte. Elle se lève et se dirige vers la porte de mon bureau.

J’opte finalement pour un compromis. S’il est, lui, obligé de mentir, il m’oblige, moi, à outrepasser mes droits. J’accepte de lui écrire UN courrier et il ne revient plus, ni ici ni dans aucune des permanences.

Il se calme et je fais la lettre.

À la fin de la permanence, J., l’agent d’accueil, vient aux nouvelles.

Elle me raconte qu’il a été odieux, proférant des énormités qu’elle ne supporte plus d’entendre.

Ferme sur ses positions, elle l’a remis à sa place – elle savait pouvoir compter sur l’assistance des deux directeurs en cas de menaces – et prévenu que j’allais sûrement refuser. Il a alors déclaré que je le recevrais, que je le veuille ou non !

« Tu aurais dû le me dire avant, lui dis-je, j’aurais certainement agi autrement. »

Ma camarade du PIMMS, qui a aussi une grande habitude des cas difficiles, me contredit : « Il vaut mieux qu’elle ne t’ait rien dit avant ; tu aurais persisté dans ton refus et tu aurais pris des risques. Il est vraiment bizarre, ce type. »

Ce n’est pas faux.

J’ai conservé mon calme et joué la prudence. Ma foi, je suis contente de moi.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 12:00
Si je l'avais su avant... (1)

Dans le couloir, déjà, M. M. évoque sa santé : il prend beaucoup de médicaments.

Puis, assis devant moi dans le bureau, il commence à raconter son cas, tout en se balançant sur sa chaise, comme le font les psychotiques.

Oh là là !

Je comprends qu’il n’a pas de logement – il veut écrire « aux bailleurs » pour expliquer sa situation. J’insiste pour savoir s’il habite bien la ville. Ses explications sont embrouillées, mais je crois deviner qu’il est hébergé dans le quartier. Il plonge dans son cartable à la recherche de l’adresse des bailleurs.

Pendant que nous parlons, une série de bips mêlés de craquements se fait entendre, provenant de son côté (ça ne ressemble à aucun de mes appareils électroniques). Il n’y prête d’abord pas attention, continuant de farfouiller dans ses affaires, sortant papiers et enveloppes.

Puis, il s’aperçoit du bruit et tire de sa poche un téléphone presque aussi grand qu’une petite tablette. J’ai bien l’impression que c’est l’origine des bips, mais il le contemple, perplexe, appuie sur quelques boutons et le range.

Sa recherche continue, et les bruits aussi. Il ressort son téléphone, essaie de nouveau en vain de l’éteindre, puis il le démonte, arrache et replace la batterie. Hop, dans la poche !

Là, le téléphone se rallume en émettant son gingle de bienvenue et les bips reprennent. Puis une voix l’avertit qu’aucune connexion n’a été trouvée et qu’il faut se reconnecter.

Pendant ce temps, il cherche toujours son papier. Il m’affirme aussi que c’est la première fois que son téléphone se comporte de la sorte.

Légèrement irritée et impatiente, je tapote un peu sur le bureau, mais me ravise, pensant que ça risquait de l’agacer.

Je le contemple en train de fouiller et se balancer, me parlant toujours de sa vie : il est malade, a besoin d’un appartement pour recevoir ses enfants en visite et veut rester à proximité des hôpitaux...

Soudain, j’aperçois la chaîne autour de son cou : j’ai à peu près la même qui me sert d’antivol dans mon jardin. Jamais vu un truc aussi gros !

Au bout d’un certain temps, je lui propose de continuer à chercher dans la salle d’attente pendant que je reçois la personne suivante. Ouf, il accepte et je le raccompagne.

Ma camarade du PIMMS, dans le bureau d’à côté, me fait signe : ça va ? Oui, je te raconterai...

À suivre...

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 12:00
Surtout, envoyez votre dossier en recommandé !

Cela faisait plus d’un an que je surveillais ce marché public pour des prestations de correction !

L’année dernière, j’y avais répondu, fournissant un travail très important – les habitués de l’exercice savent de quoi je parle – d’autant qu’il fallait fournir des exemples de documents corrigés en analysant et expliquant les corrections apportées.

J’avais eu un fol espoir parce que j’avais été interrogée sur mes tarifs « jugés anormalement bas ». Je les avais justifiés et me disais que c’était bon signe...

Patatras ! Quelques semaines plus tard, j’apprenais que la consultation était annulée pour un motif d’intérêt général.

Scrogneugneu ! Ça veut tout dire, ça ne veut rien dire, et ça laisse tout supposer.

Bon, je m’en suis remise.

En juillet dernier, je retrouve un avis pour le même marché. Banco, me dis-je, mon dossier est déjà prêt, ce travail est fait pour moi, je retente. Et me voilà repartie pour de longues heures à peaufiner mon offre.

La date limite de remise du dossier était le 3 septembre à 17 heures. Le 31 août, je me rends à la Poste avec mon enveloppe sous le bras et l’envoie en recommandé.

Puis, j’oublie l’affaire.

Il y a trois jours, je reçois un recommandé de cette collectivité territoriale : mon offre n’a pas été examinée – l’enveloppe même pas ouverte –, car elle est arrivée le 4 septembre à 8 h 30.

On se sent vraiment impuissant dans un cas pareil !

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 11:15
Heu...

La CAF demande à Mme K. de préciser sa situation, comme cela arrive régulièrement. Je lis la lettre et me demande vraiment comment je vais le remplir le questionnaire joint.

Le courrier indique bien que Mme K. est ressortissante d’un pays de l’Union européenne, mais ajoute que son droit au séjour va bientôt se terminer.

Or, en tant que membre de l’Union européenne, elle n’a pas de titre de séjour avec une date de renouvellement ; elle est libre de rester en France autant de temps qu’elle voudra.

Que signifie ce paragraphe ? Quelles seront les conséquences pour elle ?

Puis, on lui demande de justifier ses revenus des six mois à venir (de novembre à avril) alors que nous sommes début septembre. En général, on déclare les revenus perçus et non ceux à percevoir...

Perplexité...

Même si la demande semble extravagante, il faut y accéder.

Alors je suis scrupuleusement les mentions et pèse bien les termes de la question et ceux de ma réponse, en espérant que cela aura un sens pour le technicien de la CAF qui traitera le dossier.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 11:02

Tout n’est pas uniforme dans les couloirs interminables d’un centre administratif !

Des fauteuils où patientent parfois des dizaines de personnes.

Des ventilateurs.

Une fontaine à eau et un distributeur de boissons.

Une succession de portes marron foncé portant le nom et le domaine de spécialité de l’occupant des lieux (conservation des cimetières... ça fait rêver !).

Et aussi ceci, sur la porte du bureau proche du mien :

Avisss à la population !

Mon imagination d’animatrice d’ateliers d’écriture s’emballe : que se passe-t-il ici, la nuit ou même en pleine journée ?

Un « rapt » de plante verte, une espèce rare que se disputent les collectionneurs ?

Avec demande de rançon ?

Une terrible vengeance contre un agent administratif ? Celui-ci est maintenant en pleine dépression d’avoir perdu sa seule consolation en ce bas monde.

Toute l’harmonie d’un bureau mise à bas par cette malveillance ?

Des collègues anxieuses de réconforter leur voisine de bureau ?

Si j’osais, j’irais chercher d’autres informations !

Et je vous les communiquerais...

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 12:03
Calme estival ?

Pas pour tout le monde, moi, notamment !

Des demandes, toutes très intéressantes, sont arrivées en même temps il y a deux-trois semaines.

C'est chouette, d'avoir beaucoup du travail, mais il faut se poser pour éviter de paniquer, car il y a des délais à tenir.

Mais, avec ma modeste expérience, je sais que c'est un phénomène récurrent et que je parviens toujours à m'en sortir. La preuve ? Je suis à jour, les factures sont envoyées, et je peux prendre le temps de rédiger un petit billet.

Et je repars en courant, car le courrier du matin m’a apporté d’autres corrections...

Et vous, chers confrères, comment se passe votre été ?

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 12:36
Pause estivale

Même si les permanences en mairie se poursuivent durant l'été, je m'octroie une pause dans la publication des billets.

Rendez-vous à la rentrée de septembre.

Bel été à vous.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 10:21
Et du poisson ?

Mme S.M. a encore des problèmes avec son ancien opérateur téléphonique ! Heureusement que j’ai les anciens courriers dans mes archives pour comprendre de quoi il retourne, car ses explications sont très évasives.

Je finis cette lettre et la suivante pour relancer une demande de travaux dans son nouvel appartement. J’apprends ainsi qu’elle va partir en vacances.

En rangeant ses affaires, elle me susurre : « Tu n’as pas besoin de fromage ? »

Oui, c’est bien elle qui m’avait rapporté des camemberts de son voyage à Amsterdam (j'en ai parlé dans ce billet).

« Vous retournez aux Pays-Bas ?

— Oui, avant de partir au bled. Tu veux du fromage ?

— Non, madame, c’est gentil, je vous remercie. Je n’en veux pas… », lui dis-je en souriant et en me dirigeant vers la porte.

« Et le poisson ? Tu manges du poisson, madame Christine ? »

J’ai un temps d’hésitation. Je l’imagine, assise au bureau et me brandissant un maquereau par la queue, et je crois déjà en sentir l’odeur.

« Du saumon ? Tu aimes le saumon ? »

Je bredouille :

« Heu… Le poisson, ça ne voyage pas…

— Ça voyage pas, il est déjà là ! »

Et elle tire de son sac une barquette contenant des morceaux rosâtres.

J’ai du mal à croire ce que je vois et m’approche : peut-être que c’est du poisson fumé sous vide, comme celui que j’avais rapporté du Canada ?

Heu, non, pas vraiment.

Gloups !

« Merci, madame, mais je ne mange pas de poisson. On n’aime pas le poisson chez moi.

— C’est bon, le poisson, j’en ai mangé beaucoup déjà.

— Oui. Mais non. »

Et j’ouvre la porte. Elle range la barquette.

Dans le couloir :

« Tu vas pas me refuser du fromage !?

— Si !

— Non !

— Comment ça, non ?

— Je t’apporterai du fromage la prochaine fois. »

Bon… c’est mieux que du poisson, surtout en plein été.

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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