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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 12:30
Ça fait vingt ans !

Je reconnais la coiffure assez loufoque de Mme M. avant de voir son visage. C’est bien elle, la copropriétaire hurluberlue dans un immeuble infesté par les rats (le billet la concernant se trouve par là). Misère ! Que veut-elle ? Est-ce la période des assemblées générales ?

Ouiiii !

Elle m’apprend qu’elle et son mari sont propriétaires d’une place de parking dans une résidence de la ville. Elle vient de recevoir la convocation à l’assemblée générale annuelle des copropriétaires.

Depuis près de vingt ans qu’ils ont cet emplacement, ils n’ont jamais cru bon d’y assister car « ça sert à rien ». Mais cette fois (Et les autres fois ? Mystère !), on leur a envoyé un courrier recommandé, alors elle pense utile de répondre qu’ils seront absents et qu’ils ne donneront pas de pouvoir, car ils ne connaissent personne.

J’écris donc qu’ils ne viendront pas « car, en tant que propriétaires d’une place de parking, [ils] n’en vo[ient] pas la nécessité ».

Pendant ma lecture du courrier, elle m’interrompt soudain :

« Ça fait vingt ans, pas quarante ! »

Interloquée, je me demande ce qu’elle me raconte.

Elle insiste : « Ça fait vingt ans, vous avez dit quarante… »

Mais... je n’ai jamais rien écrit de tel !

Aaah ! J’ai compris : « car, en tant que » = « quarante ans que ».

Je la tranquillise : il ne s’agit pas du tout de ce qu’elle a cru entendre.

« Ça fait vingt ans », me répète-t-elle.

Oui. Mais non, ce n’est pas la peine d’en parler.

« Excusez-moi, vous savez, je suis portugaise ! » dit-elle avec un grand sourire niais.

Oui, et alors ?

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 10:05
Quelqu'un m'a dit...

Petite dame réfugiée d’un pays de l’Est, Mme D. ne maîtrise pas encore le français. Ainsi, je ne comprends rien à ce qu’elle dit, ou pas grand-chose, et je crois qu’il en est de même de son côté.

Elle pose sur le bureau une demande d’aide juridictionnelle et un acte de naissance délivré par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) sur lequel elle pointe son nom de famille en me donnant des précisions. Je comprends « divorce », « jeune fille », « procureur »… Je pose des questions et elle répète la même suite incompréhensible de mots.

Je crois... qu’elle veut une requête au procureur… pour faire modifier son acte de naissance où sont indiqués son mariage et son divorce. Elle a déclaré cette situation à l’OFPRA, dans le stress, mais s’est trompée. C’est ça ?

Non ! Elle a vraiment été mariée et a vraiment divorcé.

Elle continue en insistant sur son nom de jeune fille.

Je fais court pour les besoins du billet, mais cette « discussion » a duré de longues minutes.

Ah ! J’ai enfin compris : elle veut porter uniquement son nom de jeune fille parce qu’elle est divorcée.

Je veux savoir sur quel papier officiel on lui a « collé » le nom de son ex-mari.

Elle ne comprend pas ma demande et recommence ses explications. Puis j’entends le mot « préfecture ».

« C’est sur votre titre de séjour qu’il y a le nom de votre mari ? »

YES !

C’est simple : elle n’a qu’à le demander à la préfecture au moment du renouvellement de son titre de séjour.

Ouf ! Elle a l’air de comprendre.

Et j’apprends qu’elle a déjà soumis son cas à la juriste, qui lui avait conseillé la même chose (tiens, pardi !), mais que « quelqu’un » lui a affirmé ensuite qu’il fallait contacter l’OFPRA. Cet organisme, pensant qu’il y avait une erreur sur ses actes d’état civil, l’a envoyée au procureur de la République pour les faire rectifier. Et voilà pourquoi votre fille est muette !

En la raccompagnant, j’insiste : « Il faut croire ce que vous dit la juriste, elle connaît les lois, elle. Il ne faut pas écouter n’importe qui, vos amis ou vos voisins ! »

Pff…

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 09:57
On me l'a pas donné

M. D. a d’abord consulté la juriste avant de venir me voir, et il a très bien fait.

Il a été embauché en janvier, a vu sa période d’essai d’un mois prolongée d’autant, pour finalement être remercié à la fin de cette deuxième période.

Les indications de la juriste sont très claires : il n’a pas signé de contrat, dans ce cas, il n’a eu aucune indication sur les modalités d’embauche et ce qui n’a pas été écrit ne peut être présumé, notamment la période d’essai et son renouvellement.

Il faut donc demander que la fin de contrat soit requalifiée en licenciement sans cause réelle. M. D. a le choix entre sa réintégration ou un dédommagement.

Je m’apprête à rédiger le courrier et continue de poser quelques questions… M. D. est bavard et m’en dit plus que ce que lui demande et… je l’entends affirmer qu’il a signé un CDI, mais qu’on ne lui a jamais remis son exemplaire. Holà, ça peut changer beaucoup de choses !

Je réfléchis à toute vitesse : il faut qu’il revoie la juriste, car il n’est pas sûr de lui avoir donné cette information. Puis-je rédiger le courrier selon les indications premières, quitte à ce qu’il revienne une fois que la juriste l’aura vérifié ?

Non, je ne peux me résoudre à écrire qu’il n’a pas signé de contrat, alors qu’il en a signé un, et je ne peux pas non plus écrire qu’il en a signé un, mais qu’il n’a pas son exemplaire, alors que cela risque de modifier la teneur du reste du courrier.

Finalement, je lui explique mes doutes, qu’il comprend (ouf !), et rédige un mot à remettre à la juriste.

Nous nous reverrons donc bientôt.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 12:00
Bruits de couloir

Une permanence plutôt calme… Je suis à l’accueil à photocopier quelques justificatifs pour le dernier usager… Puis je regagne mon bureau pour d’autres occupations, en laissant la porte ouverte. Plusieurs personnes vaquent dans le hall.

— Bonjour, Gérard, tu veux un café ?

— Centre social, bonjour… Oui, un instant, je vous la passe…

— Je voulais vous demander… Parfois, quand j’éternue ou que je ris un peu fort, il m’arrive…

— Hier, on se promenait, là derrière, et on a vu plein de chenilles processionnaires…

— Non, merci, je viens d’en boire un.

— Ah oui, c’est dangereux, il paraît que…

— Maintenant, après un accouchement, le médecin prescrit de la rééducation du périnée…

— Allô ? Non, madame, c’est sur rendez-vous, il faut contacter la MDS…

— Je crois que c’est mauvais pour les chiens…

— Le service technique met des sacs sur les arbres pour les récupérer…

— Non, moi j’ai pas eu ça après mes enfants…

— Il faisait pas chaud ce matin…

— Si les muscles sont distendus…

— Oui, dans la zone industrielle… Vous voulez le numéro ?

— C’est bizarre, ces bestioles, comment ça avance… J’en avais jamais vu…

— Il faut en parler à un gynéco…

— Mais le problème, c’est les gosses, ils les crèvent…

— Ma voisine, elle m’a dit…

— Bon, je vais aller manger…

— C’est ça le problème, les gosses, ils font n’importe quoi…

— … parce que moi…

— C’est dommage… Il faudrait…

C’est l’heure, moi aussi, je vais manger.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 17:20
Regard en arrière

Aujourd’hui, 10 mai 2015, il y a exactement dix ans que j’ai commencé les permanences administratives en mairie.

Les lecteurs fidèles de mon blog se souviennent peut-être de mes déboires du début ; les lecteurs moins fidèles peuvent les lire dans les articles précédents.

D’après mes statistiques, toutes permanences confondues, je rencontre environ mille cinq cents personnes par an ; je vous laisse faire la multiplication pour savoir combien d’usagers sont venus me consulter en dix ans.

Qu’ai-je retiré de cette looongue expérience ? De nombreux points d’XP*, comme diraient les rôlistes !

XP en relations humaines

J’ai fait face à des situations difficiles, inextricables, désespérantes, scandaleuses, réjouissantes parfois… vécues par des personnes attachantes, exaspérantes, pitoyables, sympathiques, résignées, arrogantes, perdues, battantes, enjouées…

J’ai des habitués dont je connais une bonne partie de la vie, des inconnus qui ne viennent qu’une fois, d’anciens habitués que je ne revois plus depuis plusieurs années et sur lesquels je m’interroge : que sont-ils devenus ? Et des usagers que je vois de cinq en quatre et qui s’imaginent que j’ai tout retenu de leur dossier traité il y a six mois…

XP en finasseries administratives (que ce soit pour les cas à résoudre ou pour le règlement de mes factures !)

Parfois je me suis crue chez Kafka ou dans la BD Les douze travaux d’Astérix, d’autres fois, dans un monde inconnu dont je ne parlais ni ne comprenais la langue…

J’ai été confrontée à des administrations débordées, à des fonctionnaires ignares, voire incompétents, et à d’autres, dégourdis et soucieux de leur mission de service public.

XP en connaissance de moi-même et… en sagesse ?

Ma tendance « pète-sec » s’est atténuée, sans totalement disparaître (on ne se refait pas), mais je ne me savais pas aussi patiente, pédagogue, tolérante... jusqu’à un certain point !

J’ai dû apaiser, expliquer, insister, deviner, secouer, expliquer, déduire, maugréer, répéter, expliquer, comprendre malgré tout et agir… vite !

XP en connaissance d’une certaine partie de la société

Ne nous voilons pas la face : la majeure partie des personnes que je reçois sont d’origine étrangère et/ou en grande difficulté sociale. J’ai constaté de près des problèmes liés à l’immigration et à la pauvreté avec leurs conséquences sur l’emploi et le logement. J’ai vu des drames insoutenables, mais aussi des dérives manifestes. J’ai la confirmation que rien n’est ni tout blanc ni tout noir. Certains font preuve d’une malchance effrayante ; d’autres semblent se complaire dans leurs difficultés en se montrant d’une inertie inébranlable ; d’autres encore sont confrontés à un problème, trouvent une solution et repartent de plus belle.

Et maintenant ?

Depuis peu, j’ai diminué le nombre d’heures de permanence en sous-traitant une partie à une consœur en qui j’ai confiance. Ce ralentissement d’activité a entraîné bien sûr une baisse de revenus qu’il faut que je compense, mais m’a soulagée, aussi et surtout, d’une partie de la fatigue qui s’accumulait au fil des années. Fatigue physique, certes, mais aussi nerveuse, car, si c’est une activité humainement gratifiante, elle est épuisante. Je déconseille vraiment de l’exercer à temps complet.

Mais je continue...

D’abord pour pouvoir manger, ensuite, parce que j’aime toujours cet aspect social du métier d’écrivain public, ou écrivain conseil®, ou prestataire et conseil en écriture. J’ose prétendre que, mes confrères et moi, à notre petit niveau, nous participons au maintien d’une certaine paix sociale.

* Expérience.

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 12:00
Moi, « fiou »

Je ne sais pas pourquoi j'imaginais que M. T. ne viendrait pas à son rendez-vous ; je m’étais trompée ! Il est là et bien à l’heure.

Ma question rituelle, « De quoi avez-vous besoin ? », entraîne de sa part un déferlement de mots dont je ne comprends qu’un par-ci par-là, dont « 100 % ».

Ah, il doit être question de prise en charge de sécurité sociale.

« Votre médecin a demandé une prise en charge à 100 % à la sécurité sociale ? »

Il se penche vers moi avec un air interrogatif.

« La sécurité sociale a refusé votre prise en charge ? »

Même air d’incompréhension.

« La sécurité sociale a dit non ? »

Il ne comprend pas plus et reprend ses explications en brandissant une ordonnance… « Moi fiou, malade. Alors pourquoi ? »

Je saisis juste qu’une dame (geste montrant qu’elle n’était pas loin) l’aidait, mais qu’elle est partie.

Eh bé, on n’est pas rendu !

Il pousse vers moi une chemise cartonnée à son nom. Dedans sont soigneusement classés des documents le concernant : impôts, CAF, retraite et… un dossier de CMUC.

Eurêka, ça doit être ça !

Le dossier est rempli, sauf le montant de ses pensions de retraite. Je feuillette le dossier et ne trouve aucun justificatif pour la période.

Après un instant d’hésitation, je prends l’initiative d’écrire aux caisses de retraite pour demander des attestations de versement. Je lui explique que, une fois qu’il aura reçu les trois, il devra revenir avec le même dossier, où j’ai rangé les doubles des lettres.

Il part en me remerciant plusieurs fois. Je vois qu’il a compris car il repasse plus tard dans la matinée avec des enveloppes sur lesquelles j’écris les adresses.

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 12:00
Club de journalisme (2)

J’ai évoqué le premier groupe de journalistes juniors dans mon précédent billet (à lire en cliquant ici).

L’ambiance du deuxième groupe était plus agréable pour moi et j’ai rapidement constaté que nous pourrions travailler autrement.

Je fus pourtant confrontée au contentieux entre deux sœurs jumelles ou au « mauvais » caractère d’une troisième avec qui peu acceptaient de collaborer... au début.

Elles étaient d’un enthousiasme qui faisait plaisir à voir, mais qui comportait aussi des inconvénients. Ainsi, elles voulaient toutes partir sur le même reportage. J’ai dû organiser des tirages au sort dont les résultats, bien sûr, ne convenaient pas.

Après avoir réussi à en faire sortir une de sous la table où elle boudait, palabré pour apaiser celle qui boudait aussi, mais sur sa chaise, bras croisés, je me demandais comment j’allais me débrouiller pour que toutes soient contentes et avancent. Je me suis finalement aperçue qu’elles arrivaient à s’arranger entre elles sans que j’aie besoin de trop intervenir et qu’à la fin, tout tournait. Quelles comédiennes !

Elles ont choisi de parler des autres ateliers et sont parties en vadrouille, et en courant, dans tout le centre pour interviewer les protagonistes, animateurs et enfants, et prendre des photos.

J’avais prévu le fignolage du journal durant la dernière séance. En fait, après avoir fini un ou deux articles, que j’ai immédiatement insérés, seules deux me donnaient leur avis sur les illustrations ou la mise en page. Les quatre autres étaient en train de régler leurs comptes, avec exclamations passionnées, larmes et éclats de voix. Je les surveillais par-dessus mon écran, mais me suis bien gardée d’intervenir.

À la fin, toutes étaient réconciliées et c’était à qui me donnerait la première son petit mot qu’elles me destinaient. Je suis repartie après des embrassades, des déclarations d’amour et un lot de billets qui m’ont vraiment fait chaud au cœur.

La directrice des activités périscolaires de cette école a réussi à me garder durant deux cycles, mais elle devait laisser le tour à une autre école. C’est ma consœur Sophie qui a pris le relais. Je crois qu’elle passe aussi de bons moments.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 19:01
Club de  journalisme (1)

Une fois n’est pas coutume : je ne vais pas narrer une des péripéties de mes permanences d’écrivain public, mais parler d’une activité que j’ai animée pendant quelques semaines dans le cadre des « TAP » (temps d’activités périscolaires) mis en place après le réaménagement des rythmes scolaires.

Forte de mon expérience dans mon association proposant des ateliers d’écriture, j’ai proposé à la mairie de ma commune la réalisation d’un journal avec des élèves de CM1 et CM2. Cette publication avait été créée par un groupe de collégiens et de lycéens que j’avais encadrés durant une année, puis mise en sommeil faute de relève chez les journalistes juniors, mais appréciée par la municipalité auprès de qui je l’avais diffusée.

Ainsi, mon projet a été très bien accueilli et mes conditions ont été acceptées.

Les séances d’environ une heure trente se tenaient une fois par semaine, par cycles entre deux périodes de vacances.

Mon premier groupe était constitué de trois garçons et trois filles ; le deuxième comptait uniquement des demoiselles. Les différences étaient criantes et je les ai vues dès la première fois.

Dans le premier, j’ai dû faire de la discipline malgré le large temps de récréation que je leur ménageais : rattraper l’un qui ne se contentait pas d’embêter l’autre en paroles, mais y joignait le geste, en mettre un autre à l’écart le temps qu’il se calme...

Ils appréciaient le jeu du cadavre exquis, je le leur ai donc proposé à chaque séance. Le résultat fut des écrits sanglants où, au mieux, le directeur de l’école était tué à l’arme de guerre, au pire, c’était toute l’école. Je ne parle pas des mentions « pipi-caca » qui les faisaient hurler de rire.

Mais nous sommes parvenus à publier un journal où ils évoquaient leurs loisirs.

La directrice était ravie du résultat et des compliments adressés par la mère d’un des journalistes, qui voyait enfin un exemple concret de ce que faisait son enfant pendant ce temps de loisir.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 19:00
J’envisage d’accéder à votre demande

J’ai déjà rencontré Mme M. il y a quelques mois. Elle avait déposé un recours hiérarchique auprès du ministère de l’Intérieur après la décision de la préfecture d’ajourner à deux ans sa demande de naturalisation, au motif que « [s]es revenus déclarés sur les trois derniers avis d’imposition sont insuffisants pour assurer durablement l’autonomie financière de [s]on foyer ».

Mme M. vit seule et ses petits revenus lui suffisent amplement. Elle démontre dans son courrier qu’avoir la nationalité française ou conserver sa nationalité d’origine ne changerait rien à ses besoins.

Aujourd’hui, elle est inquiète. Elle m’explique qu’après son recours, on lui a réclamé des justificatifs de ses revenus, qu’elle a fournis, et me montre la dernière réponse du ministère. Son recours hiérarchique a été retenu et, compte tenu des éléments complémentaires apportés, on « envisage d’accéder à [sa] demande de naturalisation ».

À la première lecture, c’est très positif. À la deuxième, je mets un bémol sur ma première impression : je crois que le ministère ne lui accorde pas forcément la naturalisation, mais accepte d’examiner son dossier.

En tout cas, c’est mieux qu’un ajournement.

Mme M. n’avait pas compris cela (et pour cause : même moi je ne trouve pas cette formulation très claire, il faut vraiment bien connaître tous les sens du mot « accéder » pour saisir...) et croyait qu’elle devait déposer un autre recours.

Elle est tout émue quand je lui affirme que c’est bon signe et qu’elle doit maintenant attendre.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 10:11
On n’a pas le droit, dans un CV...

Je revois Mme C. peu de temps après sa dernière visite. Elle sort le CV que je lui ai réalisé, j’imagine qu’elle veut le mettre à jour...

« C’est Pôle emploi qui m’a dit qu’il fallait le modifier.

— Ah bon ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

Je m’attendais à beaucoup de choses, de la part des conseillers de Pôle emploi, mais pas à ça !

— C’est mon nom...

— Je l’ai mal écrit ?

— Non, il faut pas le mettre là, on n’a pas le droit...

— On n’a pas le droit de quoi faire ?

— On peut pas le mettre au milieu, il faut le mettre là, à gauche, au-dessus de l’adresse. Et puis, pas en gras. Et il faut mettre dessous que j’ai le permis...

Il se trouve que, pour varier un peu les CV et dans un souci d’esthétisme, je dispose parfois l’état civil de la personne de façon un peu originale (quoique, pensais-je...) : le nom au milieu, souvent en caractères plus gros et en gras, l’adresse dessous alignée à gauche et d’autres mentions comme l’âge ou la nationalité, alignées à droite, sur les mêmes lignes que l’adresse. Ça me paraissait équilibré et plutôt anodin...

Eh bien, non : « Ça ne plaît pas aux recruteurs ! » a statué le conseiller de Pôle emploi.

Je suis abasourdie et ne le cache pas à Mme C., qui m’affirme avoir essayé de me « défendre » devant son conseiller.

— Ce n’est pas grave, madame, je vais vous le faire comme le veut Pôle emploi, pour que vous ne soyez pas embêtée.

Chers confrères qui me lisez, suis-je donc tant que ça à côté de la plaque ?

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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