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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 22:13

non

 

Dans les travaux hors de mes forces (ou de mes compétences ?)

 

La correction d’un futur livre (un best-seller, à n'en pas douter !)

 

Après une heure de travail, je n’avais corrigé en première lecture qu’une page et demie, et je ne comprenais rien à ces réflexions pseudophilosophiques.

J’ai préféré jeter l’éponge.

 

Aurais-je agi ainsi au début de ma carrière ?

 

Peut-être pas, mais je me serais réservé de longs moments de doute et de gros risques de déconvenues et de complications avec le client.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 15:05

femme-triste.jpgQuand je vois arriver M. A., en général, je soupire de lassitude avant même de commencer : il a une attitude qui m’exaspère, je le trouve mou et bête.

 

Cette fois, le problème à traiter ne le concerne pas directement. Il vient pour sa sœur qu’il héberge depuis quelques semaines.

 

D’origine indienne, cette dame est française, mariée depuis plus de quinze ans à un Indien, peut-être aussi français. Durant tout ce temps, elle n’est pratiquement pas sortie de chez elle – il l’en empêchait –, s’occupant de la maison et des enfants. Elle parle et comprend à peine le français.

 

Elle vient de se faire expulser de chez elle par la police, au motif que, maintenant qu’elle est divorcée, elle n’a plus rien à faire chez son ex-mari.

Pauvre femme ! Elle ne savait même pas que son mari avait demandé le divorce.

Elle s’est retrouvée à la rue et sans ses enfants.

 

M. A. me fait remplir un dossier de demande d’aide juridictionnelle pour elle. Quand il s’agit d’exposer le motif de son action en justice, il ne sait pas… Appel contre le jugement de divorce ? Il ne l’a pas, ne l’a même jamais vu…

 

Je lui explique que, selon moi, si le divorce a bien été prononcé, il y a eu des irrégularités dans la procédure. Comme je ne suis pas compétente pour le déterminer, je l’envoie rencontrer un conseiller juridique, voire l’association d’aide aux victimes, en insistant bien sur l’absolue nécessité que sa sœur soit aussi présente, pour qu’elle puisse répondre précisément aux questions.

 

Ouf, il comprend !

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 18:12

femme-patate.jpgM. R.V. arrive avec un traducteur. Dans le cours de la discussion, j’apprends qu’il est en France depuis 1992, mais il ne parle toujours pas français correctement. Je suis stupéfaite, mais perplexe, de constater cette méconnaissance après tant de temps passé ici.

 

Il me présente un dossier de déclaration de handicap : il a déjà une carte d’invalidité et demande cette fois l’AAH (allocation aux adultes handicapés).

 

Je remplis le document, en particulier les rubriques cochées par la personne de la MDPH qui lui a remis le formulaire, selon les besoins qu’il avait exprimés. Mais, par réflexe et conscience professionnelle, j’en remplis un peu plus, selon les documents que je vois étalés sur le bureau.

 

Je remarque ainsi une attestation de la CAF et complète la rubrique correspondante qui n’était pourtant pas cochée. Puis, je regarde les prestations indiquées : monsieur est bénéficiaire de l’AAH qu’il perçoit régulièrement chaque mois.

 

Je m’exclame et lui montre l’attestation : son pote traducteur lève les yeux au ciel et lui demande des explications en portugais.

 

M. R.V. bredouille qu’il ne sait pas lire ni écrire et que c’est sa femme qui s’occupe des papiers.

 

Je les raccompagne à la porte :

« La prochaine fois, demandez d’abord à votre femme avant de faire des démarches. »

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 18:01

se-battre.jpgVoici Madame N., qui approuve tout ce que je lui dis par de vigoureux « oui oui oui ».

 

Elle est amusante, cette petite dame : toujours de bonne humeur, malgré les mésaventures (des vacheries, plutôt) qu’elle a pu subir de la part d’éventuels employeurs.

 

La dernière en date : la directrice d’une maison de retraite où elle avait postulé et effectué un essai concluant lui promet de l’embaucher et lui donne même un planning. Quelques jours avant le début du contrat, elle l’appelle et lui annonce qu’elle ne peut pas l’embaucher « à cause de son titre de séjour ».

 

Or, Mme N. est titulaire d’une carte de résident (soit une autorisation de séjour de dix ans) lui permettant de travailler dans « toutes professions ».

 

Elle court à la préfecture demander des explications. On lui répond que la directrice outrepasse ses droits et on lui donne les coordonnées de la Ligue des droits de l’homme à alerter.

 

Au moment où je la reçois, elle n’a pas encore fait la démarche et hésite un peu. Je l’encourage à agir : je sais qu’elle n’a pas froid aux yeux. Je lui dis que c’est à la fois pour elle, qui est forte, et pour les éventuelles prochaines autres femmes qui n’auront pas son courage. Ça la touche, je pense qu’elle le fera…

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 18:07

peigner-girafe.jpg

 

Mme H. a reçu de plusieurs entreprises de vente par correspondance des bons de commande proposant des réductions très intéressantes. Elle me demande de les lui remplir. Devant moi, elle feuillette son catalogue, hésite, me demande mon avis sur tel vêtement et de lui calculer le prix réel…

 

Elle ne semble pas vraiment avoir besoin de vêtements, mais plutôt envie de profiter de cette promotion…

 

L’heure tourne et au bout d’un moment, après avoir déjà rempli un formulaire et le chèque correspondant, je lui suggère de réfléchir chez elle et de revenir quand elle serait décidée, ajoutant que personne ne l’obligeait à commander.

 

Je ne l’ai jamais revue pour ça.

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 17:59

porte-ouverte.jpgJe ne connais pas encore Mme S. et ce qu’elle me demande me change vraiment des cas habituels !

 

Comme de nombreuses personnes que je reçois, elle est en conflit avec son employeur et veut lui envoyer un courrier recommandé de contestation.

 

Mais il ne s’agit pas de contester un licenciement ou une sanction, ni de réclamer des droits. Non, elle s’insurge contre le refus de sa direction de la licencier dans le cadre d’un plan de départs volontaires.

 

Elle travaille depuis plusieurs années dans un laboratoire pharmaceutique, occupant, me semble-t-il, une fonction d’assistante commerciale.

Elle en a un peu assez de ce poste et se serait bien vue entamer une reconversion pour faire tout autre chose – elle ne m’a pas précisé quoi.


Elle a donc déposé sa candidature pour partir, avec un petit pécule bien sûr. Plusieurs autres salariés, dont son plus proche collègue travaillant au même poste qu’elle dans le même service, ont fait pareil. Or elle a été la seule dont la demande a été rejetée.

 

Elle trouve ça très injuste. Son collègue était payé plus qu’elle et abattait beaucoup moins de travail, elle comprend qu’il ait été préféré. De plus, les arguments de sa direction sont imparables : en bref, elle est indispensable à la bonne marche du service !

 

Sa demande est très surprenante. Je l’envoie vérifier ses droits auprès d’un spécialiste à la Bourse du travail.

On lui conseille d’écrire pour exprimer son mécontentement, ce que je fais pour elle.

 

Non seulement elle est déçue, mais la nouvelle organisation entraînée par ces départs lui donnera plus de travail, sans que son salaire soit augmenté pour autant.

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 17:53

entraide.jpgMadame M. est mariée, ne s’est jamais occupée de rien chez elle (à part, j’imagine, les enfants, le ménage et la cuisine…). Son mari gérait le budget et était le seul au courant des formalités et obligations administratives du foyer.

 

Patatras, il a eu un AVC il y a quelques mois, s’est retrouvé à l’hôpital où il est encore, et a perdu l’usage de la parole.

 

Mme M. a donc été obligée de mettre le nez dans les papiers et n’y comprend pas grand-chose. Elle remarque tout de même des bizarreries sur les quittances de loyer.

 

Impossible de demander à son mari !

Elle a alors la présence d’esprit d’aller voir le conseiller juridique. Celui-ci lui fait une liste de points à éclaircir avec le syndic et de documents à réclamer.

 

Munie de cette liste, je rédige le courrier.

 

C’est bien pratique, cette collaboration entre intervenants en mairie.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 15:11

pt d'interrogationBeurk, M. K. !

Même s’il n’a plus ses yeux de fou du début, je ne l’apprécie vraiment pas. Il revendique toujours, sûr de son bon droit, et sait se montrer très désagréable.

 

Je me souviens qu’il a engagé une action en justice contre un magasin de vêtements pour demander réparation : sa fille, âgée d’environ neuf ans à l’époque, en courant dans la boutique, s’était pris les pieds dans un portant, était tombée et ses lunettes avaient été cassées. Il estimait bien sûr que le magasin était responsable.

 

J’ai aussi écrit plusieurs fois à une succursale de Coca Cola pour demander à profiter d’une promotion, du genre : trois packs de quatre bouteilles de deux litres achetés, le troisième remboursé.

(Là, je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui me contactent pour avoir des renseignements sur le métier d’écrivain public en mettant en avant leur expérience en écriture de romans. Je crois qu’ils se trompent vraiment de métier !)

 

Cette fois, il vient pour sa déclaration de revenus. Son imprimé n’est pas prérempli, je pose des questions. Lui touche l’AAH, pas besoin de la déclarer, mais son épouse a travaillé quelque temps en 2012. Je lui réclame donc les fiches de paie correspondantes


Il ne les a pas et insiste bien sur le fait qu’il ne savait pas qu’il fallait les apporter. Au bout d'un moment, je lui fais remarquer que c’est pourtant assez logique : déclaration de revenus, on déclare les revenus !


Sa réponse, que je lui ai fait répéter, car je n’avais pas compris – d’ailleurs, à ce jour, je ne l’ai pas encore comprise – : on lui a cassé une vitre (qui ? où ?) et on lui a volé ses lunettes.

 

Soupir.


Peut-être que je vais devenir écrivain, tout court…

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 22:10

non

 

 

Dans les demandes hors de propos...

 

 

 

Un vieux monsieur - un habitué - veut que j'appelle son médecin traitant pour signaler que les derniers médicaments prescrits ne lui convenaient pas.

 

Je crois que le numéro qu’il me donnait n’était même pas celui du médecin, mais un numéro pour les urgences, affiché sur la porte du cabinet en son absence.

 

J'ai refusé net.

 

Le monsieur est parti en grommelant, mais s’est excusé la fois suivante.

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:06

feuille dechireeVoici deux messieurs, l’un d’une cinquantaine d’années, plutôt bourru et taciturne, l’autre nettement plus jeune, qui s’exprime : normal, il est venu pour traduire et accompagner son oncle, arrivé depuis peu de temps du Portugal, qui ne parle que quelques mots de français. C’est l’oncle, M. M.F. qui a besoin de moi.

 

Il a été embauché en CDI il y a plus de six mois comme agent de service dans une entreprise de nettoyage tenue par un compatriote. À la fin du mois dernier, sa responsable lui a appris qu’il n’y avait plus de travail pour lui et lui a demandé de rester chez lui le temps qu’elle trouve un autre chantier où l’employer.

 

Elle lui a aussi fait signer un « mot », lui affirmant qu’il s’agissait d’un document destiné à lui donner des droits aux allocations de chômage.

 

Rentré chez lui, M. M.F. a montré ce papier à son neveu : il s’agit ni plus ni moins d’une lettre de démission.

Enfin, le mot « démission » est bien mentionné, mais l’ensemble est un torchon qui n’a de lettre que le nom : pas de date, pas de destinataire, une syntaxe à la limite du compréhensible ; quant à l’orthographe… Je ne crois pas que ce document ait beaucoup de valeur, mais on ne sait jamais.

 

Le neveu a emmené son tonton voir un juriste. Celui-ci a conseillé d’écrire à l’employeur pour souligner qu’il y a un vice de consentement puisqu’il ne savait pas ce qu’il signait (il ne sait ni lire ni écrire), qu’il n’avait pas l’intention de démissionner et qu’il se tient à sa disposition pour toute nouvelle affectation.

 

Je rédige le courrier et donne les conseils d’usage : envoi en recommandé, se faire aider pour calculer les demandes à déposer au conseil des prud’hommes, garder tous les documents…

 

Le neveu traduit tout à l’oncle qui repart ragaillardi.

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  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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