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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:08

lunettescassees.jpgJ’ai vu Mme O. l’année dernière en mai. Divorcée depuis 2006, elle ne dispose que d’une copie non signée du jugement de divorce. Dans ses démarches administratives, on exige l’original que personne ne lui a fourni ; elle ne l’a pas réclamé, car elle ignorait tout de l’importance de ce document.


Elle finit par demander une copie au tribunal de grande instance qui lui répond qu’il a tout fourni à son avocat et ne peut rien pour elle.


Elle prend donc rendez-vous en mars 2011 avec l’avocat qui lui promet qu’il va lui communiquer le jugement dans les deux semaines. En mai, comme elle n’a pas reçu le document, je lui écris un courrier recommandé de relance.


En juin, n’ayant toujours rien, ni jugement, ni même réponse, elle saisit le bâtonnier de l’ordre qui lui répond en septembre, en lui demandant les références de son dossier d’aide juridictionnelle pour… lui désigner un autre avocat.


Monsieur le bâtonnier a-t-il lu le courrier ?


Elle met du temps à réagir, car elle se sent très désemparée. Aujourd’hui, je refais un courrier au bâtonnier en lui indiquant explicitement qu’elle n'a pas besoin d'un autre avocat, mais de son jugement.


Allez, croisons les doigts : quelqu’un doit savoir lire, au barreau du département !

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:01

Grr.jpgM. B est un chibani au visage quelque peu abîmé, ne parlant pas bien le français.

 

À peine assis, il sort ses documents : deux articles de journal, un jugement, et divers justificatifs de versement de pensions…

Que veut-il ?

 

Je finis par comprendre, en décryptant ce qu’il me dit et en lisant en diagonale les papiers devant moi, qu’en 1975, il a été blessé dans l’incendie d’une maison qu’il occupait avec d’autres compatriotes.

Il y a eu des procédures judiciaires et il a été indemnisé.

 

Aujourd’hui, il estime qu’il n’a pas touché assez et veut écrire… ben… au gouvernement pour réclamer plus.

 

Je lui explique que, telle que se présente l’affaire, je ne peux rien faire. Mais, peut-être pourrait-il consulter un conseiller juridique, ou encore l’association d’aide aux victimes ?

 

« J’y suis allé l’autre jour, j’ai vu les deux, ils m’ont dit qu’ils pouvaient rien faire.

- Si les spécialistes du droit ne peuvent rien faire, alors moi encore moins, monsieur. »

 

Je répète la même chose, j’essaie d’expliquer les notions de prescription et d’affaire jugée définitivement, mais il ne veut rien entendre.


« Personne veut m’aider parce que je suis Arabe et musulman. »

 

Oooh, ça, ça a le don de m’énerver !


Je lui rétorque qu’il serait Chinois ou Martien, les lois sont ce qu’elles sont et qu’elles ne changeront pas pour lui.

 

« Je dis pas que c’est toi qui penses ça.

- Ni moi, ni personne ! »

 

Et je le raccompagne vers la sortie.

Zut alors !

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:53

tradition.jpgMme N. est un joli petit bout de femme : vive dans ses paroles comme dans ses gestes, elle sait exactement ce qu’elle veut.

 

Venue la première fois pour divers courriers administratifs, elle m’apprend qu’elle est en train de changer de travail. Cuisinière dans la gendarmerie nationale, elle demande une reconversion comme chauffeur de bus. J’ai du mal à l’imaginer au volant d’un gros bahut, mais elle a réussi et cherche maintenant du travail dans ce domaine.

(Enfin… pour l’instant, elle est enceinte, je pense qu’elle attendra encore un peu…)

 

Puis je la vois pour demander une dérogation à la mairie pour que son fils aille dans une école plus pratique pour elle. Je comprends alors qu’elle est divorcée.

 

Elle me raconte ses déboires avec son ex-mari : il ne voulait pas payer la pension, se montrait violent, envahissant, inquisiteur même.

 

Tout semble s’être arrangé : il n’est pas devenu très compréhensif, mais… il a été remis à sa place par le conseil des sages de leur communauté (elle est d’origine africaine).

 

Elle me raconte que leur influence est énorme, même ici, à l’étranger. Le village est reconstitué au milieu des HLM.

 

Si cela est parfois bénéfique, comme dans son litige avec le père de son enfant, c’est aussi un poids, voire un boulet dans la vie quotidienne. Elle ne se sent pas libre de faire ce qu’elle veut, sait qu’elle est toujours observée, épiée, et qu’elle sera en butte aux reproches si un de ses actes déplaît. D’autant plus qu’elle est une femme !

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:39

pasdechance.jpgM. M. est un jeune homme de vingt-cinq ans. La première fois que je l’ai vu, j’ai dû « l’apprivoiser ». Il était plutôt agressif, toujours sur le qui-vive, à revendiquer un emploi à la mairie de C. puisqu’il y est né et y vit. Raisonnement intéressant mais guère constructif.

 

Une autre fois, j’ai essayé de lui montrer ses atouts au moment où il envisageait une formation… Je sentais qu’il était plus en confiance.

 

Dernièrement, j’ai appris qu’il avait été expulsé de son appartement pour une dette énorme de loyer (tant qu’il n’aura pas remboursé, il ne pourra pas trouver d’autre logement social), qu’il était domicilié au CCAS et bénéficiaire du RSA.

 

Cette semaine, il a pris rendez-vous avec moi pour écrire une lettre au procureur, pour lui dire qu’il avait trop d’amendes et qu’il ne pourrait pas les payer.

Des amendes de quelle nature ?

Pour des voyages en transports en commun sans billet : pas seulement des trains de banlieue mais aussi des TGV, parce qu’il n’a pas les moyens d’acheter un billet.

A-t-il les avis de contraventions ?

Non.

À quel procureur veut-il écrire ?

Au procureur de la France.

Hum… Petite explication de l’organisation judiciaire en France…

 

Bon, alors à Hollande, il est le président, il peut tout faire, il saura trouver où j’ai eu mes contraventions.

Je n’insiste pas, il est tellement à cran que je le crois capable de tout, et j’écris au président (tiens, c’est la première fois depuis qu’il est élu !).

 

Il faut que je lui précise que « le gars » (oui, M. M. parle de lui à la troisième personne) est très malade, qu’il n’a pas de diplôme pourtant il est intelligent, qu’il n’a pas de chance et que toutes les portes se ferment devant lui.

 

Petite crise d’indignation quand, à sa remarque : « il faut qu’il me réponde », je réponds que rien ne permet d’affirmer qu’il le fera, même si je pense que son cabinet enverra un courrier type.

S’il est président, il doit s’occuper de tout et de tous, il doit répondre.

 

Séance courroucée quand il évoque son pays d’origine où les touristes sont bien accueillis et bien logés, alors que lui qui est français, n’a pas de toit sur la tête dans son propre pays.

 

Puis il faut écrire au maire qui lui a fait de belles promesses avant les élections : un logement, un emploi, mais n’en a tenu aucune, ainsi qu’au sénateur, l’ancien maire, qui a toujours un bureau à l’hôtel de ville.

 

Mais à eux, il est hors de question de dire qu’il est malade : je dois écrire qu’il (le gars) est sportif, en pleine forme, qu’il pratique la musculation et que quand il entre dans la salle d’entraînement, tout le monde a peur (j’occulte ce dernier détail). Parce qu’ainsi, ils pourront avoir l’idée de le prendre comme garde du corps.

 

Je ne peux pas restituer les remarques et commentaires qu’il profère en continu pendant que j’écris : amertume et découragement ressortent, mais aussi déconnexion totale de la réalité et disposition évidente à exploser à toute occasion.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 19:43

De quoi ai-je besoin ?

Points dinterrogation

 

Ce matin, un énième dossier de demande de logement à remplir !

 

Depuis que ce document a été normalisé, toutes les mairies, tous les bailleurs sociaux utilisent le même : je le connais par cœur et sais comment formuler les questions aux usagers pour obtenir, autant que faire se peut, une réponse rapide et claire.

 

Ainsi, la question concernant les besoins d’un parking est ainsi formulée : « Souhaitez-vous un parking » ?

Je l’ai transformée en « Avez-vous besoin de louer un parking ? ».

 

Je la pose à Mme A.

 

« Heu… 

- Vous avez une voiture ?

- Ben non.

- Alors, non, vous n’avez pas besoin de parking ! »

 

Je joins le geste à la parole et coche la case « non ».

Et hop !

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 17:46

mariage grisLe « mariage gris » est puni par la loi depuis 2010. Ma consœur, Sophie Strnadel en a parlé dans un de ses derniers billets de blog (ici).

 

J’ai moi aussi rencontré de nombreuses femmes, Françaises d’origine maghrébine, qui se sont mariées « au pays », avec un homme présenté par la famille, qu’elles ne connaissaient pas plus que ça. Elles mettent tout en œuvre pour faire venir le mari


Une fois en France, certains messieurs indélicats ayant obtenu le fameux titre de séjour, plaquent femme et souvent nouveau-né, en clamant bien fort qu’ils ne l’ont épousée que « pour les papiers ». Les épouses désemparées me consultent pour signaler leur changement de situation au préfet de leur département qui instruit les dossiers de renouvellement de titre de séjour. Je suis désolée pour elles et effarée de leur candeur.


Parfois, plus rarement, ce sont des hommes, assez âgés, titulaires d’une carte de résident, qui ont eu cette mésaventure avec leur nouvelle – jeune – femme, plus délurée qu’ils ne le pensaient. Dans ce cas, je dois avouer que je ricane un peu in petto.

 

Aujourd’hui, je reçois deux jeunes femmes charmantes – voire jeunes filles – vêtues d’un jean, cheveux décolorés pour l’une, mi-longs et attachés pour l’autre. La première est l’amie de la deuxième, Mme A. (eh oui, la jeune fille est mariée), et vient pour l’aider à exprimer sa demande.

 

La toute jeune Mme A. est mariée depuis 2010 avec un Français qu’elle a rejoint en février de cette année. Ils vivent chez les parents de monsieur.


Depuis quelques jours, elle s’est réfugiée chez une tante, car son mari, soutenu par la belle-mère, l’a mise dehors en pleine nuit, sans qu’elle comprenne pourquoi.


D’après la copine, c’est parce qu’elle avait refusé d’obéir à la belle-mère qui l’emmenait systématiquement à son travail et lui faisait faire le ménage à sa place. D’ailleurs, c’est la jeune femme qui faisait tout aussi à la maison.

 

Elle écrit au préfet pour l’avertir du changement de sa situation, très inquiète, car sa belle-sœur l’a prévenue que le mari demandait le divorce et avait l’intention de « lui retirer ses papiers ».

 

Alors, quelle est la couleur de ce mariage ? 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 19:26

M. S. arrive de sa démarche légèrement claudicante, de bonne humeur, comme d’habitude.

 

À peine assis, il commence : « Bon ben voilà… C’est pour… » et il sort un dossier de logement. Comme le document est prérempli, cela signifie qu’il s’agit d’un renouvellement.

 

home.jpgAllons-y !

 

Identité de lui et sa fille : ça va.

 

Situation professionnelle : ça va, il est à la retraite.

 

Revenu fiscal de référence : ça commence à coincer, il n’a pas son avis d’imposition. Je lui suggère d’en joindre une copie au dossier.

 

Revenus : il touche une pension de retraite : « environ » 400 € par mois – je note l’environ –  et une pension d’invalidité : « à peu près… » – je note l’à peu près. Sa fille est handicapée et bénéficie d’une allocation mais il ne connaît pas du tout le montant. Je lui demande d’apporter une attestation de paiement de la CAF.

 

Montant du loyer : «Je paie environ… ». Sachant qu’il touche l’APL, je lui réclame une quittance de loyer, qu’il a sur lui, par hasard. Je note…

 

Dernière page : les raisons de sa demande de logement.

 

« Pourquoi voulez-vous changer d’appartement monsieur ?

- Mais je veux pas changer ! »

 

Je lève le nez du formulaire :

« Alors pourquoi vous remplissez la demande ?

- Ben, chais pas, ils me l’ont envoyée, je croyais que c’était obligatoire !

- Enfin monsieur, il y a bien marqué demande de logement social.

- Ben non, j’veux pas changer…

- Dans ce cas… (je déchire le formulaire), je le mets à la poubelle et on n’en parle plus. »

 

Et monsieur S. s’en va, toujours de bonne humeur.

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 21:23

« Bonjour madame, c’est encore moi. Avec moi, y’a toujours des papiers… »constatamiable.jpg

 

Je pense qu’il n’est pas le seul dans ce cas, mais ne dis rien, là n’est pas la question.

 

« Vous savez qu’on m’a enlevé ma voiture ?

- Ah bon ? Elle a été enlevée par la fourrière ?

- Non, c’est hier soir. Je l’avais laissée devant chez moi, vous voyez, là, comme ça, j’avais ma fille avec moi, et puis une dame en reculant… »

 

Je ne vois rien et n’écoute déjà plus car je n’y comprends rien, et examine le document qu’il m’a donné : une facture de remorquage.

 

« Vous avez fait remorquer votre voiture ?

- Oui, elle est complètement esquintée, ils me l’ont emmenée. » Et il sort un formulaire de constat amiable.

« Vous avez eu un accident et vous voulez que je vous aide à remplir le constat ? »

 

Ouiiii !

 

Chic ! J’adore !...

Je reporte les coordonnées du véhicule, les siennes puis… je suis obligée de l’écouter m’expliquer les circonstances.

 

Parfois, je m’épate devant mes trésors de patience que je n’imaginais même pas !

 

« Vous étiez sur la rue du Général-Leclerc, mais vous alliez dans quel sens ?

- Eh ben, je venais de chez moi quoi !... »

Je sors un plan de la ville :

« Vous circuliez sur la rue du Général-Leclerc et vous alliez vers le centre administratif, ou vous en veniez ?

- Ben, regardez derrière vous, c’est par là… 

- Vous veniez vers ici ou vous veniez d’ici ? »

 

Il venait vers ici ! Ouf, je l’écris…

 

Le pompon, c’est quand je dois indiquer par une flèche l’endroit du choc sur un croquis de voiture de l’imprimé :

 

« La dame, elle vous a heurté à quel niveau de la voiture ? » (C’est du français très oral !)

 

Il se lève, examine le croquis dans tous les sens ; je lui montre où se trouverait la rue…

 

« Alors, j’allais par là… Et elle était garée sur le bord de la route…

- Elle était garée en épi (je montre par geste) ou comme ça (re-geste) ?

- Ben, comme ça (donc perpendiculairement à la rue).

- OK. Donc vous alliez vers là (geste) et elle est sortie de là comme ça en reculant (geste). Et elle vous rentrée dedans à quel niveau ? (Toujours ce français approximatif).

- Ben… je l’ai esquintée…

- Attendez, si elle vous est rentrée dedans, c’est elle qui vous a esquinté, pas vous ! (Là, je sais que je chipote, mais je tiens à éliminer tous les doutes quant à sa responsabilité*.) »

 

Perturbé par mon interruption, il recommence ses explications toujours aussi embrouillées ; je l’arrête et remontre le schéma :

« Vous étiez là dans la voiture, votre fille était là. Où avez-vous été touché ?

- Ben là.

- Donc c’est l’aile avant droite. C’est bien ça ? »

 

Ben oui, quoi, c’est bien ça.

Je trace la flèche… hésite un peu, puis renonce à faire le croquis.

 

« Il faudra que la dame remplisse sa partie… Vous avez ses coordonnées, n’est-ce pas ?

- Oui, oui. Elle m’a dit de l’appeler quand je serai prêt et on remplira le constat. »

 

Je lui indique au crayon la case que devrait cocher la dame, si j’ai bien tout compris, et lui recommande de faire attention à ne pas signer n’importe quoi.

 

« Merci madame, heureusement que vous êtes là ! »

 

 

* Bien sûr, je ne suis pas une experte en assurance. Mais, vous comme moi connaissons à peu près le Code de la route et somme peu ou prou capables de voir où sont les torts dans les situations simples. Si j'avais eu un doute, j'en aurai parlé à ce monsieur, avec toutes les précautions d'usage.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 21:15

coiffure.jpgReprise des permanences ce lundi après quelques jours de congé (bien mérités, je l’avoue). Sophie m’avait priée de ne pas tarder à reprendre car sa permanence à elle était surchargée du fait de mon absence. Et en arrivant, de ma voiture, j’étais déjà avertie : plus de douze personnes m’attendaient. Évidemment, je ne les ai pas toutes reçues.

 

Avant-dernière personne : un grand costaud, qu’il me semble avoir déjà vu, qui m’apostrophe en entrant dans le bureau : « C’est long d’attendre ! »

Je ne réponds pas.

 

Il s’installe et me raconte ce qu’il attend de moi… ou plutôt, ce que sa (future) femme lui a demandé de me demander. Il va se marier en République centrafricaine et il doit déposer un courrier à la préfecture, ou à l’ambassade de Centrafrique à Paris, ou il ne sait pas où, pour préparer son mariage.

 

J’essaie de comprendre quel est le but de ce courrier, je n’arrive qu’à l’exaspérer. Il se prend la tête dans les mains et reprend les mêmes explications : il doit exposer sa situation professionnelle – il travaille en intérim dans les travaux publics –, expliquer qu’il est domicilié dans une association mais vit chez sa tante qui le soutient dans ses démarches et qu’il a déposé une demande de logement.

 

« Moi, chuis pas un intellectuel, je sais pas faire ça… J’avais un gros problème avec l’Assedic et, à cause de vous (houlà, qu’est-ce que j’ai fait ?) ou de quelqu’un que j’avais vu à A. ou à M., je sais plus… Ça a mis six mois pour se régler mais le courrier qu’on m’a fait a tout débloqué (aaah, j’aime mieux ça !).

 

- Monsieur, je vais vous faire le courrier, mais j’ai besoin de savoir à quoi il va servir pour l’écrire au mieux… »

 

Bon, n’insistons pas… Il veut un courrier pour la préfecture, je vais le rédiger. Mais pendant que je tape, je lui pose des questions sur les formalités qu’il va accomplir ; je m’aperçois qu’il va se marier à la mairie de Bangui, sans autre démarche. Je lui conseille alors de consulter le juriste pour voir tout ce qu’il faut faire avant pour que son mariage soit reconnu rapidement en France et que la venue de son épouse soit facilitée.

 

Et pendant que nous parlons, il me regarde, bien sûr… Et la mémoire lui revient :

« Mais c’est vous que j’ai vue l’autre fois, je me souviens maintenant… Mais vous étiez mieux coiffée ! »

 

Ah bon ? (Je me regarde furtivement sur les vitres de la cloison.) Merci monsieur !

C’est sûr, lui, avec son crâne d’œuf, il ne doit pas avoir de problème de coiffage !

 

J., à l’accueil, a bien ri quand je le lui ai raconté.

 

« Allez, au revoir, J., je cours chez le coiffeur ! ».

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 21:11

entonnoirs.jpg« Bonjour, c’est Hélène. J’ai eu un appel pour toi. C’est un monsieur qui voudrait avoir l’avis d’un professionnel sur un courrier administratif qu’il doit faire. Il faudrait le rappeler, voici son numéro… »

 

C’est un message de ma sœur, qui me sert aussi de standardiste puisqu’elle prend toujours la permanence téléphonique.

 

J’appelle le monsieur et, avant toute chose, avant même l’annonce du tarif, j’essaie d’en savoir plus sur le courrier qu’il veut écrire. Et, bien sûr, il me raconte sa vie.

 

Il a été opéré il y a quatre ans. Le médecin qui le suivait – spécialiste ? généraliste ? je n’ai pas compris – lui a présenté sa note d’honoraires qu’il a réglée immédiatement.

 

Depuis, ce praticien n’arrête pas de clamer à qui veut l’entendre que ce monsieur lui doit de l’argent. Il va même jusqu’à harceler le fils – d’une cinquantaine d’années, tout de même – en réclamant son dû. Le monsieur reçoit aussi quantité de coups de fil anonymes et il est sûr que ça vient du médecin.

 

« Mais, depuis quatre ans, est-ce que ce médecin vous a envoyé une facture ou une lettre recommandée de relance ?

 

- Non, rien.

 

- Alors, s’il ne vous a rien demandé officiellement, vous ne devez rien !

 

- C’est ce qu’on m’a déjà dit. J’en ai parlé à un avocat et à l’assistance juridique de mon assurance, ils m’ont tous répondu comme vous.

 

- Si vous avez l’avis de deux juristes, je pense que vous pouvez les croire.

 

- Je voudrais quand même lui écrire pour lui dire que je ne lui dois rien.

 

- Mais s’il ne vous a rien demandé officiellement, c’est que cette dette n’existe pas. Vous n’avez pas à affirmer des choses qu’on ne vous demande pas. À mon avis, monsieur, cette personne est un peu dérangée… Et pour les coups de fil indésirables, c’est très simple, il suffit de changer de numéro et vous mettre sur la liste rouge.

 

- Bon, si vous pensez ça…

 

- Pas seulement moi, mais surtout les deux juristes que vous avez consultés. S’il faut croire quelqu’un, c’est bien eux !

 

- Eh bien, merci madame pour cet avis si tranché. Au revoir. »

 

Et voilà ! Je n’ai pas écrit, mais j’ai bien mérité mon titre d’écrivain conseil®.

 

Je n’ai pas gagné d’argent, mais beaucoup de temps !

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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