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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 15:18

arabe.jpgC’est presque la question que m’a posée M. K., réfugié irakien arrivé en France en cours d’année, avec son épouse, leurs deux enfants, et ses parents âgés. En fait, il m’a plutôt demandé si je parlais anglais car lui ne connaissait que cette langue, ou alors l’arabe…

Vu mon niveau en arabe, il vaut mieux essayer l’anglais !

 

Pour la première consultation, il s’agissait de remplir une demande de logement social. Il avait étalé de nombreux documents sur le bureau, je pouvais donc lui désigner ceux qu’il faudrait produire.

Usant de périphrases pour poser les questions, j’arrive à comprendre qu’il cherche un appartement assez grand pour toute sa famille, parents compris, et que sa mère, handicapée, a besoin d’installations particulières.

Ouf, le dossier est rempli ; je passe le relais aux employés du service logement de la mairie.

 

Quelques semaines plus tard, M. K. revient pour remplir un dossier de DALO (droit au logement opposable). Déjà, je n’aime pas trop cet exercice car je trouve que le document, certainement conçu à la va-vite, n’est pas clair. Mais là, pour le remplir, si je dois mener l’entretien en anglais !... C’est au-delà de mes compétences. Comment dit-on « dossier de demande de logement » ? et « Votre logement est-il insalubre ? » ou bien « Êtes-vous suivi par les services sociaux ? »

 

Naïvement, je demande à l’accueil du centre administratif s’il existe quelqu’un pouvant assurer la traduction : bien sûr que non !

 

Alors, j’explique à M. K. que c’est trop compliqué dans ces conditions et qu’il doit revenir avec un traducteur. Qu’à cela ne tienne ! Il retourne dans la salle d’attente, avise un homme qui patiente et s’adresse à lui en arabe ; l’homme répond et accepte de jouer ce rôle.

 

Moment toujours délicat où je m’adresse à mon interlocuteur par personne interposée : à qui dois-je parler ? Qui dois-je regarder ?

 

Je remarque que même ce monsieur, dont l’arabe est pourtant la langue maternelle, ne connaît, pas plus que moi en anglais, les mots pour dire « assistante sociale » ou « dossier ». Il les dit sans hésitation en français, noyés dans le reste en arabe.

 

Eh bien, nous y sommes arrivés, enfin, surtout moi !

Je conseille fermement à M. K. de toujours venir accompagné d’un traducteur.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 15:11

sac-de-noeud-x.jpg

 

Mme C. est envoyée par une assistante sociale de la MDS (maison départementale des solidarités) pour « écrire une lettre à sa chef ». Puis elle me parle d’une facture d’EDF de plus de 600 € qu’elle ne peut pas payer, mais que, de toute façon, c’est la facture du voisin.

 

Holà, qu’est-ce que c’est que ça ?

 

Elle m’explique qu’en début d’année, son voisin a changé de fournisseur d’énergie pour revenir chez EDF ; à partir de ce moment, elle recevait ses factures à lui et vice versa. Il a fallu plusieurs mois à EDF pour venir constater l’interversion des contrats. Ayant choisi la mensualisation, elle a maintenant reçu un échéancier et s’y conforme.

 

Et elle m’affirme que la mise en demeure qu’elle a reçue en octobre est toujours une erreur, qu’un technicien EDF le lui a bien confirmé.

 

Malgré cette confusion, elle est restée dans l’idée qu’elle devait payer ; n’en ayant pas les moyens, elle a demandé une aide financière à l’assistante sociale, aide qui a été refusée par le conseil général. Ainsi, l’assistante sociale me l’adresse pour écrire un recours à cette instance.

 

« Mais, vous avez expliqué à l’assistante sociale cette histoire d’erreur et d’interversion de factures ?

- Oui, oui.

- Et elle n’a pas cherché à arranger l’affaire avec EDF ?

- Non, elle m’a fait une demande d’aide.

- Je ne comprends vraiment pas… Enfin, je ne suis pas assistante sociale, je ne sais pas pourquoi elle a fait ça... En tant qu’écrivain public, je pense qu’il faut régler le problème avec EDF, pour que l’erreur soit corrigée une fois pour toutes.

- Oui, parce que moi, je travaille pas, je peux pas payer…

- Mais vous gagneriez 5 000 € par mois, ce ne serait pas à vous de payer la facture du voisin !

- Il m’a dit qu’il paierait pas…

- Ça, c’est le problème d’EDF. Ce qu’il ne faut pas, c’est que ce soit vous qui payiez. »

 

J’ai dû être convaincante car, à présent, elle se demande aussi pourquoi l’assistante sociale a agi ainsi.

Je rédige un courrier expliquant le quiproquo et demandant une rectification définitive et l’arrêt des poursuites, et lui conseille vivement d’envoyer en recommandé.

 

Puis j’établis avec elle un « plan de bataille » au cas où elle n’aurait pas de réponse, ou recevrait une autre menace : elle reviendra me voir et écrira au médiateur de l’énergie dont je viens d’apprendre l’existence.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 18:52

vendanges.jpg

Vraiment, j’ai du mal à comprendre ce que me dit M. E. ! Cet homme d’une trentaine d’années parle certes français, mais très très vite, en avalant les mots déformés par son accent étranger.

 

Bon, il sort un formulaire de déclaration de surendettement, je vois déjà ce qu’il veut. Je le préviens immédiatement : je m’occuperai de la partie administrative et de la rédaction du courrier explicatif, mais pour la partie financière (budget, récapitulatif des dettes), il devra consulter une assistante sociale. Non seulement ce n’est pas de mon ressort, mais en plus, mon intolérance aux chiffres quasi pathologique pourrait s’avérer très dommageable pour lui.

 

J’indique donc son état civil, sa situation familiale et professionnelle et je m’attaque au courrier. Là, il faut que je comprenne ce qui lui est arrivé pour pouvoir l’expliquer à la commission de surendettement. Je me concentre, essaie de saisir quelques mots par-ci par-là… Quand je l’interromps pour le faire répéter, il reprend l’explication depuis le début… On n’en finira pas ! Vite, je reformule ce que j’ai compris et, peu à peu, je reconstitue les événements.

 

En 2002, M. E. était étudiant en France. Un homme de sa connaissance, ayant fait des « vendanges au noir », a été payé par un chèque de 7 200 €. Or il n’avait pas de compte et a demandé à M. E. de l’encaisser pour lui. Rien que le montant de la somme pour des vendanges aurait semblé louche à n’importe qui, sans parler du paiement par chèque pour un travail au noir ! Mais M. E. a répondu « Pas de problème ! » ; c’était un compatriote.

 

Il a déposé le chèque et a retiré 6 000 € en espèces qu’il a remis à l’homme ; celui-ci lui a royalement laissé le reste. Six mois plus tard, la banque a informé M. E. que le chèque était sans provision et qu’il devait rembourser. L’homme à qui il a rendu service a complètement disparu.

 

L’affaire traîne pendant quelques années, car, m’explique M. E., il n’a plus de titre de séjour valable. En 2009, quand sa situation est régularisée, la banque se manifeste et lui réclame à présent plus de 9 000 € car divers intérêts et frais de procédure se sont ajoutés. Il ne peut pas assumer le plan de remboursement qui lui est proposé, car, intérimaire, il n’a plus de missions et n’a pas encore droit aux allocations de chômage.

 

C’est pour cette raison que M. E. se déclare en surendettement et il espère tout bonnement une annulation de sa dette. J’arrive à lui faire entendre que la commission propose très rarement cette solution d’emblée, d’autant que son cas est… plutôt atypique dirons-nous. Je lui suggère de demander un moratoire le temps de retrouver du travail, et une diminution des mensualités de remboursement et c’est ce que j’écris dans le courrier.

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 18:40

M. C. est un grand gaillard qui zézaye d’une drôle de façon. La première fois que je le vois, il veut une lettre de motivation pour travailler à Air France comme bagagiste. « Tu comprends, c’est pratique pour les voyages ! » C’est un peu juste comme motivation ! J’arrive tant bien que mal à développer son intérêt pour la bonne marche du service convoité qu’il a pu constater pendant des périodes d’intérim.

 

Il n’en est pas à la première candidature dans cette entreprise et me montre la série de réponses types que lui a envoyées le service des ressources humaines.

 

Au fil des rencontres, il devient plus familier :

« Tu peux pas m’aider à trouver du boulot ?

- Ben non, je connais personne.

- Et sur Internet ?

- J’ai pas Internet ici.

- Alors chez toi ?

- Non non, je fais pas ça.

- C’est mieux sur Internet ?

- Ni mieux ni moins bien...

- C’est pas facile de trouver du boulot !

- C’est vrai...

- Toi t’es bien ici, à la mairie, c’est un bon boulot. »

 

Je lui explique alors que je ne fais pas partie du personnel communal, que je suis travailleur indépendant et que je dois trouver moi-même mes clients. Je ne suis pas sûre qu’il fasse bien la différence…

 

Une autre fois, il me demande de lui imprimer la même lettre de motivation en changeant la date : il en récupère ainsi cinq ou six, qu’il va envoyer une par une à un mois d’intervalle. « Comme ça, je viendrai plus t’embêter ! ».

 

Je lui conseille en riant de ne plus indiquer son nom au dos de l’enveloppe de peur qu’on le reconnaisse et que son courrier aboutisse directement dans la poubelle.

 

Il sort alors une énième réponse d’Air France :

« Ah, lui dis-je, c’est comme d’habitude !

- Oui, » répond-il avec un grand sourire en brandissant ses courriers tout frais, « et moi aussi, c’est comme d’habitude. »

avion.jpg

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 18:37

passeport.jpgMme E.H. veut déposer un recours contre un ajournement de deux ans de sa demande de naturalisation, qui correspond aux deux années où elle était en France en situation irrégulière. A priori, cela ne me semble pas anormal mais elle a consulté une juriste du CIDFF qui lui conseille ce recours. Je le comprends quand elle me raconte les péripéties administratives qu’elle a subies.

 

Elle s’est mariée au Maroc en 1998. Son mari, franco-marocain, n’était pas présent à la cérémonie mais avait donné une procuration à son frère qui le représentait. Puis il a demandé la transcription du mariage au service central d’état civil à Nantes. Cette transcription a été refusée par le procureur de la République car le mariage par procuration est interdit en France et donc aux ressortissants français ; s’est ensuivi alors une longue période de procédures judiciaires. Pendant ce temps, madame vivait au Maroc, d’abord seule puis avec leur petite fille.

 

L’audience était prévue en septembre 2002 ; madame est donc venue, enceinte, rejoindre son mari avec leur fille, pour y assister. Le TGI a validé le mariage, ils étaient donc soulagés. Mais le ministère public a aussitôt interjeté appel et les tracasseries ont continué.

 

Madame n’a pas eu le cœur de rentrer : elle était enceinte et avait beaucoup souffert de sa vie seule. Elle pleure en se remémorant la nuit où sa fille avait une forte fièvre : elle courait dans les rues désertes, paniquée, essayant de trouver de l’aide. Son visa expire sans qu’elle pense à faire régulariser sa situation en tant que mère d’enfants français.

 

Février 2004, la cour d’appel infirme la décision du TGI : ils ne sont plus mariés. Se rendant compte qu’elle est dans une situation délicate et n’espérant plus de miracle, elle se rapproche d’une association qui l’aide dans ses démarches de régularisation. Elle obtient un titre de séjour courant 2004. Dans le même temps, elle retourne au Maroc car, vu la situation, elle est obligée de divorcer là-bas.

 

Tous ces événements la font encore pleurer ; elle s’estime heureuse d’avoir un mari honnête et loyal car, pour divorcer, elle a dû signer une renonciation à tous ses droits sur ses enfants. Elle revient en France vivre avec son (ex-)mari mais ils n’ont plus aucun lien légal, ni pour la société française, ni pour la société marocaine et musulmane : c’est aussi excessivement difficile à vivre pour elle.

 

Enfin, au bout du délai légal après un divorce, ils peuvent se marier civilement en France : c’est une victoire ! Il paraît que tous les invités pleuraient dans la salle des mariages.

 

À présent, son objectif est d’obtenir la nationalité française, une sorte de revanche sur l’intransigeance des procureurs.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 10:42

« Bonjour madame. Asseyez-vous.

- Je voudrais juste une lettre pour annuler deux prélèvements d’EDF pour février et mars. La Poste m’a dit qu’il fallait écrire. Ils m’avaient dit que je paierais 50 € par mois et là j’ai vu que c’était 258 €, ça va pas… Je devais voir l’assistante sociale, mais je connaissais pas la ligne de bus…

- Vous avez votre facture EDF ? »

 

La facture montre un montant de 258 € à prélever le 8 du mois, nous sommes le 1er. Je lui fais remarquer que, le temps de recevoir la lettre, EDF n’aura pas le temps d’annuler l’opération programmée.

 

« Je vais envoyer un fax à la Poste.

- Vous voulez la payer quand, cette somme ? Est-ce que vous demandez à étaler le paiement ?

- Je vais voir l’assistante sociale pour ça demain, une copine va m’amener.

- Vous demandez l’annulation de ce prélèvement de 258 € mais vous m’avez parlé d’un deuxième ; qu’est-ce qui est prévu d’autre ?

- C’est au cas où ils feraient le prélèvement le mois suivant…

- Donc je demande d’annuler le prélèvement de février et de ne pas le reporter en mars ?

- Oui, c’est ça ! »

 

Je commence le courrier et examine la facture : j’ai bien l’adresse d’EDF, mais…

« Vous avez le numéro de fax ? parce que rien n’est indiqué là-dessus.

- Mais à la Poste, ils l’ont.

- Ils ont le numéro de fax d’EDF ?

- Non, le numéro de La Source.

- Aaaah ! Vous demandez à la Banque postale de ne pas payer le prochain prélèvement d’EDF ni celui de mars éventuellement ?

- Oui, merci madame. »

 

C'était pourtant évident !...

Eh ben ! J’ai compris ! Je peux donc terminer le courrier.


oreille

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 18:10

tour.jpgMme D. est l’un des derniers locataires d’une grande tour destinée la démolition. Le bailleur s’occupe de les reloger, au mieux de leurs intérêts… ou des siens.

 

Il y a quelques mois, elle a constitué son dossier en indiquant bien ses préférences : se rapprocher de sa famille et du père de ses enfants dans les Hauts-de-Seine, être située dans un étage peu élevé à cause des risques de pannes d’ascenseur, et habiter dans un quartier plus calme que celui où elle est actuellement, dont l’ambiance s’est dégradée depuis que le bailleur a changé.

 

Aujourd’hui, elle est écœurée ! On lui a proposé un appartement à Tremblay-en-France, ville tristement célèbre pour de récents faits divers. Pas bornée, elle s’y est rendue pour faire un premier repérage, avant d’aller visiter.

 

Ce qu’elle y vit l’a bouleversée. À l’entrée du bâtiment, un jeune homme lui demanda ce qu’elle faisait là : première explication. Dans le hall, un autre individu voulut savoir la même chose : nouvelle explication ; puis il décida qu’elle ne pourrait pas prendre l’ascenseur. Elle dut emprunter l’escalier après une nouvelle vérification des raisons de sa présence par une troisième personne. Arrivée à l’étage de son éventuel futur logement, elle découvrit un quatrième homme, installé sur une chaise avec, à ses pieds, un grand sac plein de sachets suspects. Elle fit immédiatement demi-tour.

 

Dans sa voiture, elle retrouva sa cousine qui l’avait accompagnée et gardait son bébé de quelques mois qu’elle allaita avant de partir. Elle fut alors encore interpellée par un quidam qui lui affirma qu’elle n’avait rien à faire là.

Elle est encore toute retournée en me racontant ça.

 

Une habitante du quartier lui apprit que tous les inconnus étaient traités de la sorte, mais qu’ensuite, on les laissait peu ou prou tranquilles. Elle lui raconta aussi qu’elle avait quatre fils : les trois premiers étaient en prison, le dernier avait été tué, jeté du haut d’un immeuble, parce qu’il refusait d’entrer dans une bande.

 

Mme D. a téléphoné au bailleur pour exprimer ses craintes, son interlocutrice lui a répondu « Ça ne m’étonne pas. » sans plus de commentaires.

 

Ses anciens voisins ont pu être relogés là où ils le souhaitaient, après avoir refusé jusqu’à cinq propositions, dont plusieurs à Tremblay. Elle espère qu’à force de refuser, elle obtiendra gain de cause. Elle veut donc expliquer ses raisons au bailleur et reformuler ses besoins dans le courrier que je lui écris.

 

Quelques jours plus tard, elle revient pour un nouveau refus : on ne lui a plus proposé Tremblay-en-France mais un logement dans les Yvelines qui fait environ 20 m² de moins que celui qu’elle occupe actuellement, malgré une pièce supplémentaire.

 

Elle ne semble pas perdre espoir ; elle sait que le bailleur est obligé de la reloger et se dit qu’elle finira bien par avoir quelque chose qui lui conviendra. Elle ne veut pas accepter n’importe quoi dans l’urgence ; elle se sent pourtant bien seule dans sa tour !...

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 16:59

recommande.jpgM. B. m’explique que d’habitude, il fait ses courriers avec sa fille mais que, en son absence, il est obligé de venir me déranger.

« Mais non, monsieur, je suis là pour ça. Que puis-je faire pour vous ? »

 

Il a résilié début août son abonnement à Télé 2 Mobile pour passer à un autre opérateur, mais Télé 2 continue à lui envoyer des factures et à prélever sur son compte.

 

Sur le coup, je me demande s’il a envoyé le courrier à la bonne adresse car il me semble que Télé 2 a été repris par SFR. Mais il me montre la dernière facture qui indique bien cette société et l’avis de réception.

Tiens, tiens… l’avis de réception…

 

« J’ai téléphoné, ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas reçu le courrier, que c’était une mauvaise adresse… »

 

Parlons-en, de l’adresse : celle qu’il a notée sur le bordereau de recommandé correspond bien à celle de la facture. En revanche, l’entreprise qui a reçu le courrier a apposé son cachet : sa dénomination et  son adresse n’ont rien à voir avec celles de Télé 2.

Je crois avoir compris !

 

Je lui explique que Télé 2 a raison quand il affirme ne pas avoir reçu la lettre. Lui, l’a bien envoyée, à la bonne adresse, mais le facteur ne l’a pas distribuée au bon destinataire. S’agissant d’une entreprise, celui-ci n’a pas fait attention et l’a acceptée, noyée qu’elle était dans un tas d’autres lettres du même type.

 

Ainsi, il doit renvoyer une nouvelle résiliation à Télé 2 pour enfin mettre un terme à son abonnement et, aussi, déposer une réclamation à la Poste pour son erreur.

 

Il m’apprend que, furieux de la supposée mauvaise foi de Télé 2, il a demandé à sa banque de bloquer les demandes de prélèvements. Vu la date très proche, je lui suggère d’annuler cette interdiction et autoriser le paiement, ce qui lui évitera des ennuis avec Télé 2. En contrepartie, il en demandera le dédommagement à la Poste, en plus du remboursement du premier recommandé.

 

Il me présente la demande de suspension du prélèvement : ironie du sort, il s’est trompé dans le nom du bénéficiaire et a donné… celui du mauvais destinataire de son premier courrier.

« Bon, vous vous êtes trompé, je pense que l’opposition ne fonctionnera pas, pas la peine de retourner à la banque… Eh ben, c’est compliqué votre histoire ! »

Ça le fait rire.

 

Il repart tout content, directement au bureau de poste.

Je le croise quelques minutes plus tard, avec un imprimé de réclamation à remplir, totalement inadapté à son cas ; je l’aide un peu et lui conseille de joindre le courrier, beaucoup plus explicite.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:25

Mme B. veut retrouver un travail de caissière après un congé parental. Elle est bien sûr inscrite à Pôle Emploi où elle doit se rendre régulièrement Elle me demande de mettre à jour son CV ; j’en profite pour l’améliorer. Elle ne sait pas comment faire figurer son congé parental, pour montrer qu’elle n’est pas restée sans rien faire pendant quelques années. Je lui propose de mentionner cette période dans une rubrique « Autres informations » où je note aussi qu’elle aime la musique et le sport.

 

Elle revient la semaine suivante : son conseiller à Pôle Emploi a été scandalisé de voir apparaître la période de congé parental dans la rubrique que nous avions choisie. Il exige que ce soit indiqué dans la partie « Expérience professionnelle ». Je suis vraiment interloquée et explique à Mme B. que ça me semble illogique et inexact. Elle est d’accord avec moi mais me supplie « S’il vous plaît, mettez ce que Pôle Emploi veut, comme ça, ils me laisseront tranquille. »

 

Je l’ai revue quelque temps plus tard : il faut que je mette son CV à jour car elle a travaillé quelque temps depuis, mais que je le refasse exactement comme celui qu’elle m’apporte. Je remarque que ce n’est pas celui que je lui avais réalisé.

Effectivement, elle a été envoyée par Pôle Emploi dans une structure spécialisée dans l'aide à la recherche d'emploi ; la personne qui l’a reçue a trouvé son CV « horrible », affirmé que ce n’était pas étonnant qu’elle ne trouve pas de travail avec un document pareil et le lui a refait à sa sauce.

Le CV « horrible », c’était mon œuvre !...emploi chomage

 

« Ah, ces gens-là savent exactement comment faire un CV qui marche à tous les coups !? »

Ma remarque est ironique mais Mme B. ne l’entend pas :

« Oui, c’est ça.

- Si vous voulez exactement la même chose, vous retournez les voir car il y a des détails qui ne vont pas et que je ne referai pas. Par exemple, la liste de vos compétences centrée me semble illisible. »

 

Un peu coincée par le temps, elle est d’accord. Pour ne pas la mettre dans l’embarras, je reproduis le maximum de choses. Elle repart satisfaite.

 

Par acquit de conscience, je compare mon CV « horrible » et le CV idéal, puisque j’avais la chance d’en disposer : je n’ai pas trouvé grande différence, si ce n’est que j’avais utilisé le terme « caissière » au lieu de celui d’« hôtesse de caisse » politiquement correct en ce moment moment, et que j’avais listé ses savoir-faire spécifiques à chaque expérience au lieu de les présenter dans une rubrique à part.

 

J’ai pris des notes : on a toujours besoin de s’améliorer !

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 14:45

… jusqu’à un certain point !

 

soeurs-colere.jpgJ’ai l’occasion de recevoir deux sœurs : Nadine, dont j’avais fait la connaissance peu de temps auparavant, m’a amené Elisabeth. Puis j’ai vu la deuxième plus souvent que la première, notamment dans ses démarches pour faire venir sa famille dans le cadre d’un regroupement familial.

 

Dès son arrivée en France, Elisabeth a été hébergée par sa sœur. Leurs conditions de vie étaient difficiles car leurs deux familles, au total deux adultes et cinq enfants, partageaient un F3.

Dès qu’elle a pu, Elisabeth a loué un petit appartement du secteur privé en attendant un hypothétique logement social plus grand ; elle manque toujours de place mais au moins, elle est chez elle.

 

Je m’étais aperçue, par d’infimes détails, que les relations entre les deux sœurs étaient tendues, au point que Nadine avait sommé Elisabeth et sa famille de partir, au prétexte qu’elle-même avait trouvé un autre appartement ailleurs. C’était il y a plus d’un an mais elle n’a toujours pas déménagé !

Elisabeth avait souscrit l’abonnement à l’électricité, à la fois pour avoir un justificatif de domicile à son nom et pour participer aux charges – je suppose que son écot ne se limitait pas à cela.

 

L’an passé, quand Elisabeth a déménagé, elle a pris un abonnement au même fournisseur d’énergie pour son nouvel appartement. Il y a quelques semaines, elle vient me voir, en colère, car elle a reçu un avis d’une agence de recouvrement lui demandant la somme de 300 € alors qu’elle affirme que, s’il est vrai qu’elle a eu du retard dans les règlements, elle a maintenant tout soldé, aidée par une assistante sociale. Elle m’apporte aussi une facture dont le montant ne correspond pas à la dette réclamée.

 

Nous ne comprenons ni l’une ni l’autre mais je commence à avoir quelques soupçons : la facture qu’elle me montre est bien à son nom mais concerne l’appartement de sa sœur…


J’appelle la société : mon interlocuteur, à l’élocution très appliquée, me confirme que la facture en question n’est pas payée mais est incapable d’expliquer pourquoi son montant et celui réclamé par la société de recouvrement diffèrent. Il essaie, prétend-il, de demander au service comptabilité mais n’arrive pas à le joindre, il faudrait rappeler… Nous verrons plus tard…

 

Pour finir de comprendre, je l’interroge sur le compte d’Elisabeth ; en fait, il y en a deux, celui de son logement actuel où il n’y a pas de dette, et celui de sa sœur où la dette est supérieure au montant réclamé (ça, ça reste un mystère !).

 

J’explique à Elisabeth ce que je redoutais : Nadine n’a pas repris le contrat à son nom, et lui suggère de s’arranger avec elle. Elle repart à la fois rassurée et agacée par le comportement de sa sœur.

 

Quelque temps plus tard, je lui demande si elle a vu Nadine : oui, mais celle-ci a répondu qu’elle n’avait pas d’argent pour régler cette facture et laisse couler. Quand je me risque à dire que je trouve qu’elle n’agit pas bien, Elisabeth fait une grimace et hausse les épaules, sans répondre…

 

Elle reviendra bientôt avec des documents me permettant d’écrire au fournisseur d’énergie pour décrire la situation et essayer de trouver une solution. Je l’ai revue depuis mais nous n’avons plus abordé cette question.

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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