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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 18:17

Mme N. m’amuse car elle m’approuve toujours, même si je la contredis, en commençant ses phrases par « Oui oui ».  Elle vit seule avec son fils d’une quinzaine d’années et a le souci de bien s’en occuper, surveiller ses études et ses fréquentations.

Aujourd’hui, elle m’annonce qu’elle veut résilier son abonnement à Internet. Elle n’a pas la facture mais me montre le récapitulatif de l’offre qu’elle a choisie, j’ai donc son numéro de client. Je l’interroge : quand a-t-elle souscrit cet abonnement ? s’est-elle renseignée auprès du fournisseur ? a-t-elle le droit de résilier maintenant ?


Son abonnement date d’août dernier, donc de moins d’un an. Je lui fais remarquer qu’en général, l’engagement est de douze mois et que résilier avant l’obligera à payer la totalité de ce qu’elle aurait de toute façon payé.

« Oui oui, c’est ce qu’on m’a dit. Mais tant pis parce que, normalement, je devrais payer environ 40 € mais j’ai des factures de 200 €.

- Si vous aviez une facture sur vous, je pourrais voir pourquoi c’est aussi cher.

- C’est depuis que mon fils utilise les clés pour aller sur Internet. »


Les clés… je ne sais pas trop ce que c’est… Nous continuons à parler et je finis par comprendre qu’il s’agit d’une clé 3G, pour se connecter à Internet par le réseau satellitaire. Un coup d’œil plus observateur sur le document qu’elle m’a montré et je vois qu’elle a une option « Everywhere » ; ça doit être ça.

« La clé, c’est ce qu’on appelle une clé 3G ?

- Oui oui, c’est ça qu’on m’a dit. Depuis le 17, je lui ai pris les clés et je les ai cachées et il ne se sert plus de l’ordinateur parce qu’il ne sait plus comment faire.»


Je lui explique alors que si son fils n’utilise son ordinateur qu’à la maison, il lui suffit de se brancher sur la prise du téléphone pour accéder à Internet, il n’a pas besoin de clé 3G.

Je lui dis aussi qu’il me semble dommage pour un jeune garçon de ne pas pouvoir se servir d’internet.

« C'est vrai, il en a besoin à l’école…

- Et aussi pour communiquer avec ses copains… Il n’en a pas un qui pourrait lui montrer comment faire sans clé 3G ?

- Un copain, je sais pas, mais dans mon immeuble, je connais quelqu’un qui peut lui expliquer, je vais lui demander…

- Voilà, ce serait bien, il pourrait continuer à aller sur internet et vous ne paieriez pas plus que ce qui était prévu. Et puis, vous pourriez essayer de changer votre abonnement… Ce n’est pas sûr que le fournisseur accepte maintenant mais vous pouvez toujours demander. En tout cas, il faudra y penser en août, au moment de son renouvellement. Il faut dire exactement de quoi vous avez besoin, certainement pas de la 3G… Allez-y avec quelqu’un qui s’y connaît parce que souvent on ne comprend rien à ce que raconte le vendeur… Moi, par exemple, je n’y connais pas grand-chose et…

- Si si, vous m’avez bien expliqué. Je vais aller voir pour changer l’abonnement…

- Attention, je vous dis que ce n’est pas sûr que ce soit accepté. Mais tant que vous gardez les clés cachées, vous ne risquez plus rien.

- Oui oui. Merci beaucoup madame. »

 

Et voilà, un écrivain public qui n’écrit rien !

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:43

M. K. vient de recevoir un courrier du ministère de l’Immigration, de l'Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire à la suite de sa demande de naturalisation. Elle est refusée car il n’a pas montré qu’il avait « fixé de manière stable le centre de ses intérêts matériels et de ses attaches familiales ». En effet, son épouse et ses deux enfants sont encore au pays.

 

En tant que réfugié, sa demande de regroupement familial a été acceptée assez facilement. Il a ensuite déposé une demande de visa au consulat de France à Dakar mais « ça traîne depuis deux ans ».

Comme proposé au verso du courrier, il souhaite déposer un recours contre cette décision car il est en attente de la réponse du consulat et ne veut pas laisser passer le délai de deux mois (plus d’un mois s’est déjà écoulé !).

Au premier chef, je pense que, comme je l’ai souvent constaté, l’administration consulaire tergiverse pour accorder l’autorisation d’entrée en France. Par le passé, j’avais accompagné une dame, réfugiée elle aussi mais d’un autre pays, dans ses formalités pour que ses enfants la rejoignent ; il avait même fallu faire intervenir le délégué du médiateur de la République.

 

Avant de proposer à M. K. de relancer la requête auprès du consul, je lui demande de m’expliquer où en sont les démarches. C’est ainsi que j’apprends que sa femme a été convoquée plusieurs fois mais ne s’est pas rendue aux rendez-vous, qu’elle a, de plus, toujours une bonne excuse pour ne pas aller aux nouvelles.

« Mais, elle a vraiment envie de venir en France, votre femme ?

- Ben non, elle est très attachée au pays, aussi à ma mère qui vit avec elle…

- Donc elle ne fait aucun effort pour répondre au consulat ?

- Heu… non. »

 

Je lui explique les termes du courrier du ministère, les raisons invoquées et lui affirme qu’un recours, sans élément nouveau, ne servirait à rien. En revanche, je lui indique que dans un couple marié, quand l’un demande la nationalité française mais pas l’autre, ce dernier doit écrire pourquoi il ne le fait pas. Tenant compte de ce point, je lui propose de préparer un courrier pour son épouse expliquant son choix de rester dans son pays. Elle le signera et le lui enverra avec une copie de sa pièce d’identité (pour prouver que c’est bien elle qui s’exprime). À ce moment-là, il reviendra me voir et nous préparerons une demande de révision à adresser au ministère.

 

Ce compromis lui semble correct : au moins, sa femme sera obligée de se prononcer clairement sur ses intentions. J’attends donc sa visite une fois qu’il aura la lettre de « désistement » de madame.

Il revient quelques semaines plus tard : sa femme ne s’est toujours pas décidée…

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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