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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:56

ailleurs.jpg

Le début de ce billet est ici.

 

 

Les permanences au centre administratif y sont toujours restées, mais j’ai pu visiter plusieurs étages de ce grand bâtiment.

 

Au début, j’étais au rez-de-chaussée, près des agents gérant les permanences : impeccable pour donner mes factures. Elles étaient traitées rapidement… quand elles n’étaient pas oubliées sous un tas d’autres papiers plus importants (voir ici).

 

Puis je suis montée au quatrième étage, près de mes nouveaux référents.

J’ai ainsi squatté quelques semaines le bureau de la chef de service, ce qui n’était pas pratique. Ensuite, j’ai occupé une immense salle de réunion, de l’autre côté du bâtiment, complètement à l’écart de tout autre vie.

Enfin, on m’a trouvé un petit bureau assez agréable, avec fenêtre et radiateur, près d’agents très sympathiques. J’y suis restée plusieurs années. Le seul inconvénient était le temps perdu dans l’ascenseur pour aller chercher les usagers et les raccompagner.

Puis la police municipale a investi cet étage et tous les autres occupants ont dû déménager.

 

Je suis retournée au rez-de-chaussée, à proximité du premier bureau, dans ce qui est appelé un « box ». En fait, j’en occupais officieusement deux, déménageant dans le deuxième dès qu’il était libre. Car, si celui-ci ne disposait pas de fenêtre, ce qui me manquait vraiment, il était équipé d’un radiateur, contrairement au premier. L’hiver, c’était intenable ! J’avais beau me plaindre, tout le monde compatissait, trouvait que c’était anormal, mais rien ne changeait.

 

Puis, le service d’état civil, tout proche, a dû se réorganiser, car l’ouverture d’une maternité dans la ville supposait un surplus de travail, et a eu besoin de ces box. Exit l’écrivain public, et les autres permanences.

 

Je me suis donc retrouvée dans l’ancien local de la police municipale. C’était un « bocal » dans le hall, un peu à l’écart, mais pas trop. Comble du luxe : un radiateur et deux larges baies vitrées. Seul inconvénient : la proximité d’un rond-point très passant, ce qui rendait difficile l’ouverture permanente des fenêtres qui, de toute façon, ne pouvaient être qu’entièrement ouvertes ou complètement fermées.

 

Et hier matin, au retour de deux semaines de congés, j’apprends que je dois encore déménager. Je reste au rez-de-chaussée, mais m’éloigne dans les couloirs de l’autre côté du centre.

Le local n’est pas très grand, tout en longueur : avec le bureau et une chaise de part et d’autre, j’ai l’impression d’être un rat coincé entre quatre noix.

Mais j’ai une fenêtre (munie de barreaux, rien n’est parfait) et un radiateur. Tout pour être heureuse !

 

L’agent d’accueil m’a affirmé que c’était provisoire. J’attends le prochain déménagement…

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 19:53

 

sorciere montconseilDepuis plus de sept ans que je travaille pour des mairies, ma vie n’a pas été un long fleuve tranquille ! Je ne parle pas des cas épineux impossibles à résoudre ou des personnages désagréables que j’ai rencontrés.

 

D’une part, j’ai connu plusieurs changements dans les personnes et les services gérant les permanences, entraînant des modifications dans les procédures de transmission des factures ou dans les fréquences des statistiques à rendre.

 

D’autre part, au fil des événements et des réorganisations des services, j’ai aussi souvent changé de local où recevoir les usagers.

 

Deux mairies de quartier ont été détruites, pas au même moment, fort heureusement.

 

L’une de ces permanences a été transférée quelque temps au centre administratif puis s’est établie dans un espace-ville où étaient installés les services municipaux. Là, je dispose d’une pièce bric-à-brac, sans chauffage, donc je transporte mon convecteur électrique en plein hiver.

 

L’aménagement de ce local varie selon les activités de l’espace-ville. J’arrive toujours à avoir du mobilier pour m’installer, mais il m’est arrivé de devoir déblayer les tables recouvertes de réalisations manuelles. Une autre fois, j’ai été accueillie par une sorcière en carton-pâte grandeur nature ; j’ai eu un léger mouvement de recul en entrant (voir l’illustration de ce billet).

 

Pour l’autre, j’ai simplement traversé une allée pour être accueillie – très bien d’ailleurs – au centre social. Comme les services municipaux également transférés, je ne dispose que d’un box délimité par un mur et un paravent. Le bureau est encombré de deux ordinateurs auxquels je n’ai pas accès et j’y dépose aussi le mien.

 

Comme j'interviens là le mercredi, il y a souvent des activités pour les enfants ; bien qu’ils soient relativement sages, ils sont tout de même bruyants. De plus, pour conserver un minimum de confidentialité, je suis obligée de parler bas, car tout s’entend dans ce grand local. Très compliqué avec certaines personnes âgées !

 

Pourtant, c’est un endroit où je me sens bien : le personnel du centre est attachant et il se passe toujours quelque chose. Il y a quelques semaines, la directrice avait installé une grosse gamelle sur un trépied à gaz devant la porte et cuisinait le repas du midi pour les animateurs et la troupe de cirque qui encadrait l’animation de la semaine. J’ai même aidé à éplucher des pommes de terre et écaler des œufs durs pour la salade composée du soir !

 

 

 

 

(À suivre…)

 


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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:53

anniversaire.jpg

 

 

Si j’écris ce blog depuis deux ans (je n’imaginais pas avoir autant de choses à raconter : mon stock d’anecdotes se renouvelle régulièrement), j’exerce le métier d’écrivain public et écrivain conseil depuis… onze ans.

J’ai commencé tout doux. J’avais une activité salariée à temps partiel que j’ai conservée. Je n’ai pu que m’en féliciter puisque cela m’a permis d’avoir la patience d’attendre que mon activité se développe. Au fil des années, avec son accroissement, j’ai peu à peu réduit mon temps de travail salarié.

Au début, j’envisageais de recevoir les clients chez moi. Ce n’était vraiment pas une bonne idée pour moi : peu ordonnée, avec deux enfants encore jeunes susceptibles de débouler à l’improviste, je me rendais malade à chaque fois que quelqu’un devait venir. C’est ainsi que l’activité ne s’est pas développée car, le contexte ne s’y prêtant pas, je ne faisais rien pour lancer la machine.

Au bout de deux ans, j’ai pu acquérir un appartement destiné à mon activité professionnelle et à partager avec ma sœur qui s’était aussi installée, dans une autre profession. Comme par magie, les clients ont commencé à venir en plus grand nombre.

Deux ans plus tard, j’ai obtenu un contrat avec une mairie pour douze heures de permanence par semaine. Là, j’ai commencé à retirer un revenu régulier de ce métier. Avec les clients directs du cabinet, mon champ d’activité prenait une dimension très confortable. Mon autre travail perdait de plus en plus de son attrait.

Quatre ans après, une autre mairie m’a confié six heures de permanences supplémentaires. J’ai alors donné ma démission à mon autre employeur, sans regret.

J’étais donc plus ou moins spécialisée, par la force des choses, dans l’écriture à dimension sociale. Heureusement que je ne faisais pas que ça car j’aurais rapidement déprimé.

Depuis, j’ai aussi trouvé des marchés pour de la correction d’édition : romans ou articles de presse. Demandant une attention soutenue et un œil de lynx, cette facette du métier complète bien mes tâches d’écriture.
J’écris aussi beaucoup de discours pour toute circonstance ; c’est un réel plaisir et une récréation fort agréable.

De plus, depuis cette année, ma consœur, Sophie Strnadel, que vous devez commencer à connaître, et moi proposons des ateliers d’écriture qui nous apportent de grandes satisfactions : la préparation où nous nous amusons beaucoup, et l’animation, où nous ne pleurons pas non plus.

Écrire, réécrire, faire écrire : je pense faire le tour du métier.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 18:25

statsJe viens de terminer les incontournables statistiques que je dois aux institutions pour lesquelles je tiens des permanences d’écrivain public. En voici quelques données, à comparer à celles de 2010 que je vous avais présentées il y a un an.  stats2011.jpg

*Lecture et explication d’un courrier, rédaction d’une carte de vœux ou d’un chèque, conseil, orientation vers un autre service…


Ce ne sont que des chiffres. Ils montrent bien que je ne me suis pas ennuyée et que ce service répond à un besoin énorme auprès d’un certain type de population. Mais ils n’expriment pas la multiplicité et la richesse des relations humaines engagées pendant ces permanences. Les personnes que je reçois m’apportent leurs problèmes et leur confiance. À moi de m’en montrer digne, mais parfois, on me demande l’impossible et il faut remettre les choses et mon rôle à leur juste place.

Ai-je déjà dit que c’était un métier passionnant, mais usant ? Avec l’âge, je doute de pouvoir l’exercer dans ces conditions jusqu’à la retraite. Heureusement, mon activité au cabinet possède une dimension moins sociale, plus légère à mes yeux (tout est relatif !) qui me permet de décompresser.

En tout cas, je suis repartie pour une année supplémentaire, vaille que vaille !

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 19:46

À peine suis-je arrivée ce matin au centre administratif que Zahia, une dame de l’accueil, frappe à la porte du bureau.

« Tu as appris ce qui s’est passé hier matin aux T. ? La mairie a été brûlée ! Un groupe de jeunes cagoulés est entré, a tout aspergé d’essence et a mis le feu.

- Ah bon ? C’étaient Jeanne et Marlyse, les agents ?

- Oui, ils les ont fait sortir avec les usagers, mais Marlyse a été légèrement aspergée sur le bras. 

- Oh la la ! Au-dessus, il y a la médiathèque, la MIVE à côté !...

- Je voulais te prévenir parce que demain, tu avais une permanence là-bas… Tu n’étais pas au courant ? C’est passé hier soir à la télé… »


feu.jpg

Non, je n’étais pas au courant.

Mais je sais que ça bouge fort dans cette grande ville essonnienne. Il y a quelques semaines, des ouvriers se sont activés au centre administratif et ont posé des systèmes d’accès à badge dans tout le bâtiment, excepté, tout de même, le hall où se trouvent les guichets uniques.

J’ai appris que cela faisait suite à une invasion de jeunes les jours précédents, venus revendiquer la concrétisation des promesses d’emplois que le maire leur aurait faites avant les dernières énièmes élections municipales.

 

Hier, il semble bien, malgré les dénégations du maire interrogé par les médias, que les motifs des agresseurs étaient les mêmes. Des rumeurs circulent : ils ne font que commencer !

Les responsables de la sécurité de la ville sont inquiets et craignent la contagion à d’autres quartiers.

 

Déjà, il y a quelques années, je n’avais plus assuré une permanence dans un autre quartier, car la mairie avait été détruite par un cocktail Molotov, mais c’était pendant la nuit. À présent, c’est en plein jour, avec le risque de faire des victimes.

 

Zahia m’a avoué qu’elle et ses collègues ont peur car elles seraient aux premières loges en cas d’attaque, et sont prêtes à s’enfuir à la moindre alerte, gardant leur sac tout près d’elles.

 

Je ne suis pas d’un naturel craintif, mais j’ai quand même vérifié que mon bureau, un peu excentré, possède une fenêtre dont la hauteur par rapport au trottoir me permettra de sauter sans trop de risques en cas d’urgence. Je verrai si je peux emporter mon sac ! Je n’aurai en tout cas pas le temps d’emballer mon matériel informatique qui passera alors en pertes et profits (je vais faire une sauvegarde intermédiaire, au cas où…).

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 17:23

L’une de mes tâches administratives dans mon activité d’écrivain public en mairie est de rendre des statistiques annuelles. Je viens de terminer ce rapport et vous en livre quelques données.

 

En 2010, j’ai assuré 774 heures de permanences.

J’y ai reçu 1 421 personnes, soit 588 hommes et 833 femmes. stats

Nombre d’entre elles sont revenues plusieurs fois.

 

J’ai :

  • écrit 1 098 lettres, administratives pour la plupart ;
  • établi 66 attestations, sur l’honneur en général ;
  • rempli 378 dossiers (retraite, CMUC, logement…)
  • et 202 imprimés (CAF, Pôle Emploi, enquête…) ;
  • réalisé 59 CV, gagnants, bien sûr ! ;
  • passé 34 coups de téléphone : rien de tel parfois pour débloquer une situation ;
  • effectué 10 recherches sur Internet (bizarrement, même à notre époque, je ne dispose pas partout d’une connexion à Internet !) : formulaire, adresse ou numéro de téléphone ;
  • et accompli 271 tâches diverses (lecture et explication d’un courrier, rédaction d’une carte de vœux ou d’un chèque, conseil, orientation vers un autre service…).

 

J’ai écouté, compati, conseillé, ri… Je me suis indignée, fâchée, réjouie…

J'ai noué des relations humaines passionnantes...

 

Ce fut une année bien remplie, non ?

D’après ses premières semaines, 2011 semble bien partie pour l'être aussi…

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 10:10

Quand j’annonce que je travaille pour une collectivité locale, on me demande parfois comment se passent les règlements, sous-entendu : sous quel délai suis-je payée ?

Vu mon expérience – je fréquente trois collectivités différentes –, ça dépend !…

Quand c’est le CCAS qui gère cette activité, je suis payée rubis sur ongle dans le mois qui suit l’établissement de la facture.

Quand c’est la mairie elle-même, cela dépend… des personnes qui traitent la facture.

 

Pour la toute première facture, j’ai dû insister et appeler plusieurs fois le secrétariat. Une échéance trimestrielle de charges sociales approchait mais je n’avais pas encore suffisamment de trésorerie d’avance pour y faire face. Le virement a heureusement été effectué quelques jours avant la date limite de paiement à l’Urssaf. La secrétaire m’a fait noter que la paierie avait anticipé le règlement malgré l’absence de convention. C’était plutôt une bonne chose, car ma prédécesseure n’avait jamais eu de convention en dix ans d’exercice et avait pourtant toujours été payée. Cette remarque m’a mis la puce à l’oreille et je n’ai eu de cesse ensuite que de réclamer une convention pour officialiser mes interventions.

 

Puis, le règlement de la facture d’août a fait défaut. J’ai encore réclamé : il y avait eu les congés, la personne qui s’occupait de moi n’avait pas été remplacée… Finalement, cette facture avait disparu. Je continue mon enquête auprès de la responsable des permanences ; pour la forme, elle farfouille dans ses papiers et… « Oooh, elle est là ! Elle était sous ce dossier ! Excusez-moi, je la traite tout de suite. »

 

Ensuite, j’ai repéré la comptable qui transmettait l’autorisation de paiement à la paierie et je l’ai chouchoutée : visites cordiales, messages amicaux, chocolats à Noël…

 

Plus tard, le service gérant ma permanence a changé et j’ai trouvé d’autres personnes plus attentives – j’avais l’impression d’exister enfin – et soucieuses de la régularité des paiements. Une fois, j’ai dû faire intervenir le chef de ce service qui m’a défendue de façon très énergique et le rythme de règlement, soit deux mois après la facture, a repris.

 

Entre-temps, le problème de l’absence de convention a été réglé puisqu’un appel d’offres a été lancé (le service juridique s’étant aperçu, onze ans après la création de ce service aux habitants, que c’était obligatoire). J’ai été retenue et mon activité est régie par un marché public en bonne et due forme.

 

À présent, même les périodes de congés ne perturbent pas trop la périodicité mise en place… jusqu’au prochain grain de sable dans les rouages municipaux.

 

***

Je reprends ce billet quelque temps après l’avoir commencé : je viens d’expérimenter l’intervention d’un gros grain de sable. Nous sommes début juin et mes factures de février à avril n’ont toujours pas été payées ; celle de janvier l’a été il y a trois semaines seulement. Explication : les factures que j’avais envoyées ont été perdues ; sûrement un problème au centre de tri car rien n’a été enregistré au service du courrier. Puis leur traitement a pris du temps car plusieurs personnes du service concerné étaient absentes. Mais le paiement a été ordonné et devrait arriver la semaine prochaine : chic, je vais pouvoir me payer !

 

Manque de bol, la même chose, ou presque, est survenue au même moment dans l’autre mairie ; quand ça veut pas, ça veut pas !

 

À l’Urssaf, hélas, personne n’était absent et j’ai vu un prélèvement rejeté. Branlebas de combat et transfert d’argent de mon compte personnel sur celui du cabinet. Comme j’ai payé l’échéance par retour du courrier de mise en demeure, la majoration automatique a été annulée sans que je ne demande rien. J’ai au moins appris que l’Urssaf pouvait faire preuve d’humanité, spontanément.

 

Quelques jours ont passé : toujours pas de virement… Je reçois différents documents officiels des services financiers mais rien sur le compte. Les deux personnes absentes du service comptable sont revenues, m’a-t-on dit, mais on ne sait pas quelle est leur priorité dans le traitement des dossiers. Ce n’est pas moi apparemment !

 

***

Fin du suspense : j’ai été payée ! À la prochaine fois !?...

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 20:36

Quand j’ai commencé les permanences en mairie il y a cinq ans, j’ai pris la suite de ma consœur Françoise qui partait à la retraite. Elle avait travaillé pendant dix ans sans aucun contrat. Quand elle a annoncé son départ, les services municipaux lui ont laissé carte blanche pour trouver un remplaçant. Ce fut moi qu’elle présenta au directeur général lors d’une entrevue mémorable que j’ai évoquée dans un de mes précédents billets.

 

Les premières semaines passèrent sans aucune signature d’un quelconque engagement réciproque. Me fiant à l’expérience de Françoise, je ne m’en inquiétais pas jusqu’à apprendre, par hasard, que si la paierie municipale se penchait sur mon cas et s’apercevait qu’aucun document officiel ne me liait à la mairie, elle ne paierait plus mes factures. Dès lors, je n’eus de cesse de réclamer un contrat.

 

Les mois s’écoulèrent jusqu’à une énième réorganisation des services et au changement du supérieur hiérarchique de mon contact habituel. Cette nouvelle directrice m’apprit alors, sans ménagement, que les services d’écrivain public générant un chiffre d’affaires annuel supérieur à un certain montant (que j’ai oublié depuis), le choix du prestataire devait faire l’objet d’une offre publique d’achat.

Vlan, sur la tête ! J’ai eu quelques angoisses : je ne connaissais pas bien ce type de procédure, mais j’avais tout de même compris que je ne serais pas spécialement favorisée par rapport à un éventuel autre écrivain public candidat, malgré mon année d’ancienneté dans le poste.

J’ai donc préparé mon dossier et répondu à l’appel d’offres. Avec le recul, je sais que ce n’était pas d’une façon magistrale, mais… j’ai été retenue (j’étais l’unique soumissionnaire !). Il s’agissait d’un contrat d’un an reconductible deux fois ; j’étais donc tranquille pour trois ans.

 

Ceci m’amenait à fin décembre 2009 ; j’avais organisé tous mes autres engagements en fonction de cette date. Dès le mois d’août 2009, j’ai commencé à m’inquiéter de la nouvelle procédure à venir : mon interlocutrice changeait encore, la municipalité connaissait quelques déboires judiciaires après les dernières élections… Je préférais prévoir…

Las ! Ma correspondante, et je le crois, avait tout préparé pour son successeur, mais la fin de l’année arriva et rien n’était mis en place.

 

On me fit un avenant d’un mois, soit jusqu’à mi-février. L’appel d’offres fut lancé à peu près à cette période avec une date butoir à mi-mars ; j’y répondis bien sûr. Un autre avenant jusqu’au 18 avril fut signé. Dès le début d’avril, je fis le siège de mon nouvel interlocuteur et du service des marchés publics pour avoir un début de semblant de réponse : ils refusaient de me donner la moindre information, se retranchant derrière le sacrosaint secret des marchés ; je ne pouvais même pas connaître le nombre de soumissionnaires.

 

Finalement, le vendredi 16 avril à 16 h 45, je reçus un appel du responsable des marchés publics m’annonçant que j’étais retenue, que l’acte d’engagement attendait la signature du maire et que je pouvais donc continuer le mardi suivant.

 

Et le 28 avril dernier, je reçus enfin le courrier recommandé officiel. Ouf ! je suis tranquille pour trois fois un an !

 

Une prochaine fois, je vous raconterai les problèmes de paiement de factures rencontrés au même moment…

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 17:31

Enfin, le 10 mai, c’est mon grand jour : cinq personnes le matin, deux seulement l’après-midi. Lettres de motivation, lettre au préfet pour plaider la cause d’un compagnon sans papiers (je reparlerai de ce cas dans mon prochain billet), chèques (loyer, EDF…), dossier de renouvellement de CMU… La routine commençait sans difficultés particulières.

J’arrive quand même à saluer un homme en lui disant « Bonjour madame. ». Il se lève sans rien laisser paraître et ne me fait aucune remarque. Gloups ! C’est à ce moment que je m’en aperçois et je n’ose pas m’excuser, tout en me traitant in petto de cruche. Quand je le revois maintenant, je ne comprends pas d’où est venue cette méprise… peut-être à cause de sa chevelure hirsute qu’on aurait pu croire mise en plis ?

 

Dans l’après-midi, au détour d’un couloir, je croise la responsable qui gérait les permanences à l’époque, toute surprise :

« Tiens vous êtes là ?

- Heu oui, depuis ce matin.

- Si j’avais su que vous commenciez aujourd’hui, je serais venue vous souhaiter la bienvenue ! »

Pardon madame d’avoir annoncé mon arrivée trop longtemps à l’avance. Je me suis débrouillée toute seule et m’en suis plutôt bien sortie.

 

Détail amusant : pendant ma pause déjeuner que je passe dans un square au soleil, je suis abordée par un vieux monsieur maghrébin. Il me montre son dossier de retraite pour vérifier si tel papier correspond bien à ce qu’on lui demande. Je crois que c’est un signe : je suis vraiment écrivain public, c’est marqué sur mon front !…

 

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 18:35

Mercredi 16 mars : je dois être présentée au secrétaire général de la mairie par ma consœur Françoise. A son départ à la retraite deux mois plus tard, je dois la remplacer et assurer à mon tour les permanences qu’elle tient depuis dix ans.

Nous avons rendez-vous à 15 h 30. Je retrouve Françoise une petite heure avant pour boire un café et échanger encore une fois sur ce travail, puis nous nous présentons à l’accueil de l’hôtel de ville.

Monsieur B. n’est pas encore rentré de déjeuner. Bon… nous nous installons dans le petit hall pour attendre en papotant. Elle a de nombreuses anecdotes très intéressantes pour la presque novice que je suis encore et je bois ses paroles. Plusieurs fois, l’hôtesse nous confirme, désolée, que le monsieur n’est pas encore là.

Enfin, son arrivée est annoncée et nous sommes conduites dans un bureau presque aussi grand que ma salle de séjour ; nous nous installons autour de la table de réunion.


Soudain, à 16 h 40, M. B. fait une entrée majestueuse, suivi d’un jeune homme très bien mis, portant solennellement sur le bras un pardessus plié qu’il va accrocher à un porte-manteau (« C’est le chauffeur » me glisse Françoise) ; peu après une grande femme blonde élégante le rejoint, son adjointe.


Monsieur B, le cheveu rare, petit et ventripotent, en bras de chemise, la cravate desserrée, se dirige vers nous la main tendue. Il nous salue et nous fait asseoir. Je remarque alors quelques taches sur la chemise blanche… berk. De près comme de loin, il est plus que quelconque ! Se tournant vers Françoise, il commence un numéro de charme :

« Ah madame, je regrette que nous n’ayons pas eu plus d’occasions de nous rencontrer… blablabla… J’ai beaucoup entendu parler de vous et je suis ravie de faire votre connaissance… blablabla… Vous êtes charmante, splendide… »

Françoise répond quelques amabilités, très grande dame.

Puis il se tourne vers moi et – quel plouc ! – me tient le même discours, dans les mêmes termes :

« Blablabla… vous êtes charmante, splendide… et, oserai-je, désirable ?

- Non non, monsieur, vous n’avez pas à oser ! »

Misère, où suis-je ? Je jette un coup d’œil à ma consœur, toujours très maîtresse d’elle, qui maintenant présente son activité et parle de moi en termes flatteurs.

Je risque un : « Si vous le souhaitez, j’ai apporté quelques exemples de mes dernières réalisations…

- Merci madame. Mais pour trouver son remplaçant, nous faisons entièrement confiance à madame… hum… puis-je vous appeler Françoise ? »

Puis très rapidement, il clôt l’entretien et nous reconduit à la porte.

« Au revoir mesdames, j’ai eu plaisir à vous rencontrer. Il me regarde. J’aimerais que notre collaboration aille plus loin… »

Petit sourire crispé de ma part.

« Nous en resterons là, monsieur. Au revoir. »

 

Chic ! j’adore les petits chefs négligés et libidineux ! Fort heureusement, je ne l’ai jamais revu et il a d’ailleurs quitté ses fonctions peu après cette rencontre.

 

Dans l’escalier, Françoise et moi échangeons un regard perplexe, mais attendons d’être sur le parvis pour dire nos impressions : « C’est quoi ce cirque ? » Elle ne l’avait jamais vu, mais en avait entendu de belles sur son compte ; elle s’empresse de me les rapporter et je veux bien les croire !

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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