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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:30

… et gros énervement de l’écrivain publicenervee

 

Les permanences que je tiens en mairie sont très fréquentées, vous l’avez peut-être compris. Quand vous saurez qu’elles déclenchent parfois des bagarres parce que je ne peux pas recevoir tous ceux qui se présentent, vous aurez une bonne vision de la réalité.

 

Cela arrive fréquemment au retour de mes congés. Ils ne sont pourtant jamais très longs, car, d’une part, quand je ne travaille pas, je ne gagne pas d’argent, mais aussi parce que je crains cette affluence des premiers jours.

 

Une nouvelle bagarre survenue début septembre a enfin ému les hautes instances de la mairie. Ayant entendu parler de ce remue-ménage, j’en ai profité pour (re)présenter un projet de fonctionnement que j’avais préparé il y a plus de six mois, dans des circonstances analogues. Pour d’obscures raisons de préséance et/ou de susceptibilité mal placée, il n’avait jamais été examiné.

 

Cette fois-ci, j’ai eu immédiatement un accusé de réception avec l’information qu’une réunion avec d’autres hautes instances chapeautant l’accueil était prévue deux jours plus tard. Le soir même, j’ai su que les modalités de réception des usagers allaient maintenant changer.

 

Ainsi, « on » a pensé que recevoir sur rendez-vous serait une très bonne chose pour moi, tout comme « on » le met en place pour les autres permanences : association d’aide aux victimes et information juridique. Une personne par demi-heure, et roule ma poule !

 

Sauf que ce n’était pas ce que j’avais proposé, en ayant mûrement réfléchi et en me basant sur mon expérience de… sept années, rien que ça, sachant que je reçois environ mille personnes chaque année.

 

Et ce que je redoutais se produit régulièrement : des personnes ne se présentent pas à leur rendez-vous, sans prévenir, d’autres arrivent (très) en retard, certaines demandes ne requièrent que dix minutes, je « poireaute » donc jusqu’au rendez-vous suivant et, plus grave selon moi, d’autres demandes nécessiteraient plus de temps et les personnes doivent revenir pour finir ce que j’ai commencé.

 

J’avais immédiatement émis des réserves sur ce mode de fonctionnement, mais la réponse a bien montré qu’« on » n’avait pas bien compris ce que je faisais ni comment.

 

Alors, l’agent d’accueil repère en rouge les usagers absents et je note les anomalies que je constate dans un beau tableau. J’établirai des graphiques pour démontrer que je perds mon temps.

 

Certes, j’ai toujours de quoi m’occuper, mais j’ai quand même une conscience professionnelle et n’aime pas être payée à ne rien faire. D’autant que je sais que les deux prochaines permanences de la semaine qui, elles, n’ont pas été modifiées, vont être surchargées et que mon rythme, là, sera infernal.

 

Cher « on », merci de votre considération.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 17:41

Le début de ce billet se trouve ici.

 

emploi chomageVite… Le Petit Robert !

Motivation : Relation d’un acte aux motifs qui l’expliquent ou le justifient. – Action des forces (conscientes ou inconscientes) qui déterminent le comportement (sans aucune considération morale).

Motiver : Justifier par des motifs.

 

Une lettre de motivation doit expliquer pourquoi une personne postule à un emploi. Or tous les Georges que Christine rencontre cherchent un emploi parce qu’ils ont une famille à nourrir et un loyer à payer, pas pour s’épanouir dans un poste aux tâches variées et participer au développement d’une entreprise leader sur son marché.

Et même pour un Jacques, ingénieur en informatique, la priorité est de gagner sa vie !

 

Une dame d’une cinquantaine d’années qui avait toujours été femme de ménage me disait un jour : « Avant, quand je voulais travailler, on me demandait si je savais faire le ménage et c’était facile de le montrer ; maintenant, il faut écrire pour l’expliquer. »

 

À mon humble avis, on marche sur la tête ! N’importe quel Georges, qu’il soit ingénieur ou jardinier, doit écrire une lettre de motivation pour présenter sa candidature à un emploi.

 

Et si Georges ne sait pas écrire ? Pas grave, il va voir Christine, qui montre là toute l’utilité sociale de son métier d’écrivain public.

Mais qui rencontre aussi un profond dilemme : comme tous ses confrères, elle met un point d’honneur à adapter au mieux son style à la personne pour qui elle écrit. Mais elle doit quand même utiliser un minimum de vocabulaire


Pour l’employeur, quelle valeur peut prendre une lettre de motivation, même écrite avec des mots très simples, si son expéditeur ne sait ni lire ni écrire d’une part, et comprend à peine les mots qu’il a signés d’autre part ?

 

Mystère !

Quoi qu’il en soit, la lettre de motivation fait partie du « folklore » de la recherche d’emploi. 

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:36

Points dinterrogationD’un côté, nous avons un homme, nommons-le Georges : il cherche du travail ; de l’autre, voici un écrivain public, il… heu… elle s’appelle… Christine, au hasard.

Le premier a besoin de la deuxième pour réaliser les documents incontournables dans sa recherche d’emploi : une lettre de motivation et un CV.

 

La lettre de motivation…

Exercice ô combien périlleux et d’un enjeu parfois incommensurable. L’avenir professionnel de Georges est dans la balance, il sait que c’est obligatoire, mais il est incapable de réaliser lui-même un tel document.

 

Un CV, à la limite, ça l’effraie moins : il existe de nombreux exemples et il semble facile (hum!) de les appliquer à son propre cas. En tout cas, le schéma de base est familier et les éléments sont concrets : on connaît son parcours même si on a du mal à le mettre en valeur. On peut trouver de l’aide à Pôle emploi ou dans une association… (Enfin, là aussi, j’aurais des choses à dire…)

 

Mais une lettre de motivation… C’est, paraît-il, un sésame pour le fameux entretien censé lui-même ouvrir les portes de l’entreprise. D’ailleurs… c’est quoi au juste une lettre de motivation ?

 

« Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous ?

- Je voudrais juste une lettre pour la mairie.

- Oui, pour dire quoi ?

- Ben… pour du travail.

- Ah ! Une lettre de motivation… Qu’est-ce que vous cherchez comme travail ?

- Dans les services techniques, comme homme d’entretien.

- D’accord. Vous avez un CV ?

- Oui.

- Vous l’avez là ?

- Non, il est chez moi…

- Bon. Vous avez déjà travaillé comme homme d’entretien ?

- Non, mais je bricole un peu…

- Ça vous plaît le bricolage ? Qu’est-ce que vous savez faire exactement ?

- Un peu de peinture, un peu de plomberie… Ouais, j’aime bien ça… Mais c’est juste pour chercher du travail. »

 

Et voilà ! Une lettre de motivation, c’est « juste pour chercher du travail ».

 

 

 

(À suivre…)

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 15:52

femininM. A. veut déposer une demande d’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) qu’il me demande de remplir.

 

Munie de son titre de séjour, je remplis ce qui concerne son identité. Passons à son épouse…

« Vous avez votre livret de famille ? »

 

Il farfouille pendant un certain temps dans ses affaires et me tend deux traductions de son acte de mariage… Je suppose qu’il n’a pas son livret de famille. Faute de mieux, je recherche là les informations concernant son épouse.

 

Je trouve que la demoiselle Aïcha, fille de Untel, âgée de 18 ans, femme au foyer… a bien épousé ce monsieur. Je ne vois nulle part ni le nom de famille, ni sa date de naissance, ni le lieu. Mais je sais tout sur la dot, et aussi qu’elle est vierge et sous la tutelle de son père !

 

Et d’un coup, me revient en mémoire mon énervement en consultant le livret de famille des ressortissants marocains, comme l’est M. A. : l’épouse n’apparaît que sous son prénom, et seulement à la page qui indique la naissance des enfants.

 

« C’est quoi le nom de jeune fille de votre femme ?

– Son nom de jeune fille ?

– Oui, elle s’appelait comment avant de se marier ?

– Ben, Aïcha, elle s’appelle toujours Aïcha ! ».

 

Heureusement, il finit par me montrer une copie de la carte d’identité d’Aïcha !

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:00

Heu.jpgCela ne m’arrive pas souvent, heureusement. Je suis d’un naturel calme et posé et j’ai de la bouteille


Mais j’ai remarqué quelques fois où je me sens un peu perdue. Par exemple, quand je me rends compte de la différence d’âge entre un mari et sa femme. Les dates de naissance me mettent en alerte et je passe un moment à calculer cette différence  in petto, me trompant parce que j’écris mieux que je ne compte et que je suis affolée par le résultat.


Cette fois, il s’agit d’une jeune femme. Elle arrive en tenant par la main une petite fille pas bien vieille, et précédée d’un ventre rond, montrant une grossesse assez avancée.


Je la trouve jeune mais comme elle porte le foulard, je ne peux pas vraiment me rendre compte.


Mais en remplissant son dossier, je note sa date de naissance : elle est plus jeune que mon fils aîné, qui a juste vingt ans.


Misère ! Elle aura… – je compte et recompte – dix-neuf ans en juin prochain, au moment de son accouchement, et sa petite va avoir deux ans !


Reprends-toi, ma fille ! Tu as un dossier à remplir.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:48

joconde moustachesIl y a plusieurs mois, j’ai été contactée par un photographe, Philippe Truquin. Il réalisait un travail artistique sur la relation entre les personnes et s’intéressait à celle qui pouvait s’établir entre un écrivain public et son interlocuteur. Il m’avait bien expliqué sa démarche et j’avais consulté son site où il présente, entre autres, une série de photos sur des assistantes de vie avec les personnes âgées chez qui elles intervenaient : des clichés émouvants, comportant en légende des paroles entendues pendant ces échanges


J’avais trouvé ce travail très beau et, curieuse, accepté de collaborer avec lui, tout en me demandant ce qu’il pourrait trouver d’intéressant à photographier dans un échange statique autour d’un bureau, la rédaction d’un écrit sur un clavier d’ordinateur et la restitution d’un document sur papier.

 

Il est venu assister à un après-midi de permanence. Je le présentai le plus simplement possible comme un photographe souhaitant réaliser un reportage, laissant bien sûr la possibilité à chaque usager de refuser qu’il soit là en observateur. Mais tout le monde accepta sa présence discrète.

Philippe était satisfait de ce qu’il avait vu, imaginant déjà comment il allait s’y prendre ensuite.

 

Je transmets donc sa demande d’intervention à la mairie, accompagnée d’un exemple de ce qu’il avait déjà fait. J’avais sollicité la bonne personne pour faire suivre le dossier car nous avons obtenu l’autorisation en moins d’une semaine. C’est remarquable pour cette mairie !

 

Rendez-vous est donc pris pour une séance de prises de vues. Avant de la commencer, je suggère à Philippe de rassembler les personnes qui attendaient pour leur présenter ce qu’il comptait faire, en montrant ses anciennes photos, en précisant bien que rien n’était obligatoire.

 

Eh bien ! je ne m’attendais pas vraiment à ça !

Première réaction : « Est-ce que ça va changer quelque chose à mon problème ? » - Heu, non…

Deuxième réaction : « Qu’est-ce que ça va m’apporter ? » - Heu, rien…

Troisième réaction : « Si vous faites une exposition, est-ce qu’on touchera quelque chose ? » - Heu, non plus…

Réaction générale : aucune ! Les gens examinaient vaguement le porte-folio et ne disaient rien.

 

À chaque personne rencontrée, je demandais si elle acceptait que Philippe nous photographie, à chaque fois, la réponse était négative. Entre deux, j’avais une pensée compatissante pour lui qui se morfondait dans la salle d’attente. Il n’a d’ailleurs pas attendu la fin de la permanence pour partir.

Le lendemain, au téléphone, il s’était un peu remis de son désappointement ; au moins, il avait essayé.

 

Cet épisode m’a rappelé la fois où la télé était venue pour un reportage (voir ici). La journaliste s’arrachait les cheveux dans la salle d’attente à essayer de convaincre les personnes de se laisser filmer : l’une avait peur de la réaction de ses voisins, l’autre de celle de son fils, un autre encore était en congé maladie et craignait que son patron le voie dehors !

 

J’ai déjà reçu, à de multiples reprises, des « stagiaires », écrivains publics en devenir, qui venaient se rendre compte de la réalité du métier en assistant aux permanences ; jamais je n’ai essuyé un seul refus de la part des usagers. Mais quand un outil, caméra ou appareil photo, s’interpose, ce n’est plus le même ressenti.

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 11:24

non placent, dans ce cas)

 

cimetiere-copie-1.jpgJ’ai déjà parlé du décès de M. O. (ici). Depuis, j’avoue me sentir soulagée de savoir que je ne le verrai plus.

En effet, même avec toute mon expérience, avec lui, c’était toujours éprouvant de me demander ce qu’il allait bien pouvoir réclamer de complètement incohérent. (Mais il en reste, des cas du même genre… Je ne vais tout de même pas souhaiter la mort de tout le monde ?!)

 

Je viens d’apprendre un autre décès, celui d’une petite dame un peu simplette qui m’avait déjà consultée deux ou trois fois, toujours pour la même raison. Elle revenait d’ailleurs pour ça mais, cette fois, elle s’était assuré les services de traduction du directeur du centre social.

 

J’aurais très bien compris sans lui puisqu’elle voulait encore une fois se plaindre au juge des tutelles de l’organisme tutélaire qui la suivait. Selon elle, la gérante de tutelle ne payait pas ses factures, ne lui donnait pas assez d’argent pour vivre, se désintéressait de ses besoins.

 

Elle ne connaissait pas le nom de l’organisme, n’avait pas non plus les références de son dossier.

Parfois, quand une personne n’a pas tous les renseignements mais a les moyens de se débrouiller un peu seule, je prépare le courrier et lui montre l’endroit où indiquer le numéro de dossier ou l’adresse. Mais là, ce n’était même pas la peine, elle n’aurait pas compris, même avec la traduction, et elle ne savait pas écrire.

 

Donc, le directeur lui explique tout ce qu’elle doit me rapporter.

La semaine suivante, personne…

 

Puis, un beau jour, J., l’agent d’accueil, m’a annoncé le décès.

C’est la vie…

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 11:13

Points-dinterrogation.jpgMme O. me montre des relevés de carte Pass. Je m’y attendais un peu vu qu’elle m’en avait parlé la fois précédente, mais j’espérais qu’elle aurait résolu son problème car je n’y comprenais pas grand-chose. La société S2P avait effectué des prélèvements sur son compte et elle affirmait qu’elle ne savait pas pourquoi. J’en avais déduit qu’elle n’avait jamais touché à la réserve d’argent disponible sur le compte Pass.

 

Or aujourd’hui, je constate qu’elle a utilisé 2 000 €, ce qu’elle confirme. Elle m’assure que cet argent a été « pris » par sa banque, mais elle ne retrouve plus les relevés correspondants pour me montrer. Et je ne comprends toujours pas où est le problème. Pas la peine de demander plus d’explications, on tourne en rond…

 

« Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? »

 

Réponse :Tout simplement indiquer à S2P qu’elle ne veut plus de prélèvements mais qu’elle ira payer tous les mois en liquide aux services financiers.

Youpi ! J’écris le courrier.

 

Combien de fois cela m’est-il arrivé ? Je n’ai pas compté mais à chaque fois, j’étais soulagée et… sauvée ! En fait, il s’agit tout bonnement d’appliquer la règle simple :

 

se recentrer sur la demande du client.

 

Certains arrivent avec des kilos de papiers, qu’ils sortent par paquets d’une multitude de dossiers, après les avoir cherchés en farfouillant dans de grands sacs de supermarchés, et les éparpillent sur le bureau.

Ils se perdent (et moi aussi) dans des explications détaillées mais confuses, pour des faits remontant à des semaines ou des mois, dans un français hésitant, parfois peu compréhensible, utilisant un terme à la place d’un autre, ou le transformant complètement tellement ils l’écorchent.

 

Moi, laborieusement, j’essaie de suivre, remettre tout en ordre chronologique, les faits aussi bien que les documents, pour comprendre ce qui a pu se passer, qui a fait ou aurait dû faire quoi, quand a eu lieu tel événement par rapport à tel autre… Ma logique échoue et mon bon sens renonce.

 

Et je suis inquiète : qu’est-ce que je vais faire pour cette personne ? Comment vais-je répondre à cette demande que je ne saisis pas ?


Et soudain, l’illumination : mais, au fait, quelle est la demande ?

« Que voulez-vous que je fasse ?

- Écrire un courrier pour demander… »

Je reformule : c’est ça !


Ouf, je n’ai plus qu’à écrire ça, sans plus chercher à comprendre !

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:49

SOS-x-copie-1.jpgJ’ai raconté ici une matinée éprouvante qui s’est terminée par des hurlements d’un usager mécontent. En fait, la matinée infernale n’avait pas encore touché à sa fin. Jugez plutôt…

 

Le sale bonhomme parti, je regagne mon local. Un peu tremblante, je commence à rassembler mes affaires. Ma porte est fermée et j’entends du bruit dans le couloir sans y prêter attention.

Quand je sors rendre la clé, la porte des bureaux de la mairie est fermée…

Hum ! Même pas peur !

 

Je vais vers la sortie de l’autre côté : le rideau métallique est baissé. Me voici seule et enfermée dans l’espace-ville, un endroit déprimant à souhait. Les portes sont protégées par des rideaux et les fenêtres par des barreaux.

 

Je réfléchis à toute vitesse et tente sans trop d’espoir d’appeler le centre administratif pour avoir le numéro d’une des dames qui m’ont laissée. Il est midi pile, personne ne répond.

 

Je retourne en courant dans mon local, ouvre la fenêtre qui donne sur le parking et commence désespérément à appeler.

 

Je remarque une voiture blanche qui va démarrer, au volant, A., un des agents. J’essaie d’attirer son attention… Elle me voit et sort de sa voiture. « Tu n’étais pas partie ? C’est bien ce que je me disais, mais Z. m’affirmait le contraire. Oh là là, excuse-nous, j’arrive… »

 

Tellement heureuse de sortir de cet endroit maléfique, je ne fais aucun reproche et, même, la remercie.


Je regagne ma voiture et décide de rentrer chez moi faire la sieste.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 21:07

prioriteCe vendredi s’annonce éprouvant : à mon arrivée, un monde fou se presse déjà dans l’espèce de salle d’attente de l’espace-ville où j’interviens.

Pendant que je reçois la première personne, quelqu’un frappe à la porte et insiste. Je vais voir, c’est un vieux monsieur, déjà repéré à d’autres moments pour différentes raisons. Je lui fais remarquer que je suis occupée et qu’il devra attendre son tour, car il y a déjà du monde. « Mais moi, j’ai une carte de priorité ! »
Ah, c’est la première fois qu’on me la fait, celle-là, alors que la salle d’attente est remplie. Et j’avoue ne pas y connaître grand-chose en carte de priorité.

Je finis avec la première dame et vais prévenir les autres personnes de ce contretemps. Ça grommelle un peu, mais sans plus.

Je finis avec le vieux monsieur et vais chercher la personne suivante : une autre brandit sa carte. Je la fais passer…

Ce phénomène se reproduit une ou deux fois de plus.

À la fin, il reste deux dames et un homme qui attendait déjà depuis un moment sans rien dire, et qui, voyant que, à cette heure, je n’ai le temps de prendre qu’une seule personne, m’affirme que lui aussi a une carte de priorité et qu’il doit passer.
La dame la plus jeune, dont c’était le tour, est affolée car elle a laissé son bébé à la maison. Je connais un peu l’homme et sais que c’est un profiteur. Je lui dis qu’il n’est pas raisonnable de ne pas avoir revendiqué avant et décide de donner la priorité à la jeune mère. Je préviens les deux autres que je n’aurai sûrement pas le temps de les voir.

Quand j’ai terminé, les deux personnes qui restaient attendent toujours. Je leur redis que j’ai terminé et là…
Quelques récriminations de la dame qui finit par partir.
Et des hurlements de l’homme : pourquoi je ne l’ai pas pris alors qu’il a une carte de priorité, alors que j’en ai fait passer d’autres avec une carte ? Pourquoi je ne le prends pas maintenant alors qu’il attend depuis une heure ? Pourquoi je ne le lui ai pas dit avant ? Plus d’autres propos acerbes, sous-entendant notamment que c’était parce qu’il est étranger.

Il fait tellement de bruit que les deux agents de la mairie sont alertées et me rejoignent. Elles se plantent à côté de moi, bras croisés, et écoutent l’homme, tentant parfois de le calmer. Je suis rassurée de leur présence. Rien de ce que je dis ne servant à rien, je me tais et le laisse vociférer. Enfin, il part !

Ma première préoccupation, une fois rentrée chez moi, fut de me renseigner sur les prérogatives liées à cette carte, délivrée par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Voici ce que j’ai trouvé sur le site vosdroits.service-public : voir ici.


Carte de priorité pour personnes handicapées
Mis à jour le 15.11.2011 par Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Principe
Cette carte, anciennement appelée « carte station debout pénible », permet d'obtenir une priorité d'accès aux places assises dans les transports en commun, dans les espaces et salles d'attente, de même que dans les établissements et les manifestations accueillant du public.
Elle permet également d'obtenir une priorité dans les files d'attente.

Depuis, plusieurs personnes ont encore essayé « d’écornifler » en présentant leur carte : je ne me suis plus laissée faire, non mais !

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


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J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

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