Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
M. D. a d’abord consulté la juriste avant de venir me voir, et il a très bien fait.
Il a été embauché en janvier, a vu sa période d’essai d’un mois prolongée d’autant, pour finalement être remercié à la fin de cette deuxième période.
Les indications de la juriste sont très claires : il n’a pas signé de contrat, dans ce cas, il n’a eu aucune indication sur les modalités d’embauche et ce qui n’a pas été écrit ne peut être présumé, notamment la période d’essai et son renouvellement.
Il faut donc demander que la fin de contrat soit requalifiée en licenciement sans cause réelle. M. D. a le choix entre sa réintégration ou un dédommagement.
Je m’apprête à rédiger le courrier et continue de poser quelques questions… M. D. est bavard et m’en dit plus que ce que lui demande et… je l’entends affirmer qu’il a signé un CDI, mais qu’on ne lui a jamais remis son exemplaire. Holà, ça peut changer beaucoup de choses !
Je réfléchis à toute vitesse : il faut qu’il revoie la juriste, car il n’est pas sûr de lui avoir donné cette information. Puis-je rédiger le courrier selon les indications premières, quitte à ce qu’il revienne une fois que la juriste l’aura vérifié ?
Non, je ne peux me résoudre à écrire qu’il n’a pas signé de contrat, alors qu’il en a signé un, et je ne peux pas non plus écrire qu’il en a signé un, mais qu’il n’a pas son exemplaire, alors que cela risque de modifier la teneur du reste du courrier.
Finalement, je lui explique mes doutes, qu’il comprend (ouf !), et rédige un mot à remettre à la juriste.
Nous nous reverrons donc bientôt.