Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
J’ai déjà rencontré Mme M. il y a quelques mois. Elle avait déposé un recours hiérarchique auprès du ministère de l’Intérieur après la décision de la préfecture d’ajourner à deux ans sa demande de naturalisation, au motif que « [s]es revenus déclarés sur les trois derniers avis d’imposition sont insuffisants pour assurer durablement l’autonomie financière de [s]on foyer ».
Mme M. vit seule et ses petits revenus lui suffisent amplement. Elle démontre dans son courrier qu’avoir la nationalité française ou conserver sa nationalité d’origine ne changerait rien à ses besoins.
Aujourd’hui, elle est inquiète. Elle m’explique qu’après son recours, on lui a réclamé des justificatifs de ses revenus, qu’elle a fournis, et me montre la dernière réponse du ministère. Son recours hiérarchique a été retenu et, compte tenu des éléments complémentaires apportés, on « envisage d’accéder à [sa] demande de naturalisation ».
À la première lecture, c’est très positif. À la deuxième, je mets un bémol sur ma première impression : je crois que le ministère ne lui accorde pas forcément la naturalisation, mais accepte d’examiner son dossier.
En tout cas, c’est mieux qu’un ajournement.
Mme M. n’avait pas compris cela (et pour cause : même moi je ne trouve pas cette formulation très claire, il faut vraiment bien connaître tous les sens du mot « accéder » pour saisir...) et croyait qu’elle devait déposer un autre recours.
Elle est tout émue quand je lui affirme que c’est bon signe et qu’elle doit maintenant attendre.