Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Je reconnais la coiffure assez loufoque de Mme M. avant de voir son visage. C’est bien elle, la copropriétaire hurluberlue dans un immeuble infesté par les rats (le billet la concernant se trouve par là). Misère ! Que veut-elle ? Est-ce la période des assemblées générales ?
Ouiiii !
Elle m’apprend qu’elle et son mari sont propriétaires d’une place de parking dans une résidence de la ville. Elle vient de recevoir la convocation à l’assemblée générale annuelle des copropriétaires.
Depuis près de vingt ans qu’ils ont cet emplacement, ils n’ont jamais cru bon d’y assister car « ça sert à rien ». Mais cette fois (Et les autres fois ? Mystère !), on leur a envoyé un courrier recommandé, alors elle pense utile de répondre qu’ils seront absents et qu’ils ne donneront pas de pouvoir, car ils ne connaissent personne.
J’écris donc qu’ils ne viendront pas « car, en tant que propriétaires d’une place de parking, [ils] n’en vo[ient] pas la nécessité ».
Pendant ma lecture du courrier, elle m’interrompt soudain :
« Ça fait vingt ans, pas quarante ! »
Interloquée, je me demande ce qu’elle me raconte.
Elle insiste : « Ça fait vingt ans, vous avez dit quarante… »
Mais... je n’ai jamais rien écrit de tel !
Aaah ! J’ai compris : « car, en tant que » = « quarante ans que ».
Je la tranquillise : il ne s’agit pas du tout de ce qu’elle a cru entendre.
« Ça fait vingt ans », me répète-t-elle.
Oui. Mais non, ce n’est pas la peine d’en parler.
« Excusez-moi, vous savez, je suis portugaise ! » dit-elle avec un grand sourire niais.
Oui, et alors ?