Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme S.M. a encore des problèmes avec son ancien opérateur téléphonique ! Heureusement que j’ai les anciens courriers dans mes archives pour comprendre de quoi il retourne, car ses explications sont très évasives.
Je finis cette lettre et la suivante pour relancer une demande de travaux dans son nouvel appartement. J’apprends ainsi qu’elle va partir en vacances.
En rangeant ses affaires, elle me susurre : « Tu n’as pas besoin de fromage ? »
Oui, c’est bien elle qui m’avait rapporté des camemberts de son voyage à Amsterdam (j'en ai parlé dans ce billet).
« Vous retournez aux Pays-Bas ?
— Oui, avant de partir au bled. Tu veux du fromage ?
— Non, madame, c’est gentil, je vous remercie. Je n’en veux pas… », lui dis-je en souriant et en me dirigeant vers la porte.
« Et le poisson ? Tu manges du poisson, madame Christine ? »
J’ai un temps d’hésitation. Je l’imagine, assise au bureau et me brandissant un maquereau par la queue, et je crois déjà en sentir l’odeur.
« Du saumon ? Tu aimes le saumon ? »
Je bredouille :
« Heu… Le poisson, ça ne voyage pas…
— Ça voyage pas, il est déjà là ! »
Et elle tire de son sac une barquette contenant des morceaux rosâtres.
J’ai du mal à croire ce que je vois et m’approche : peut-être que c’est du poisson fumé sous vide, comme celui que j’avais rapporté du Canada ?
Heu, non, pas vraiment.
Gloups !
« Merci, madame, mais je ne mange pas de poisson. On n’aime pas le poisson chez moi.
— C’est bon, le poisson, j’en ai mangé beaucoup déjà.
— Oui. Mais non. »
Et j’ouvre la porte. Elle range la barquette.
Dans le couloir :
« Tu vas pas me refuser du fromage !?
— Si !
— Non !
— Comment ça, non ?
— Je t’apporterai du fromage la prochaine fois. »
Bon… c’est mieux que du poisson, surtout en plein été.