Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Depuis plus de dix ans que je tiens des permanences en institution, je rencontre toujours les mêmes cas : des personnes, majoritairement d’origine étrangère, ne maîtrisant pas bien le français écrit, parfois ne sachant ni lire ni écrire dans leur langue maternelle.
Par leur situation sociale souvent difficile, elles sont confrontées à de nombreuses tracasseries administratives qui les dépassent complètement.
Et elles n’ont personne dans leur entourage ou dans les administrations qui puisse ou veuille les aider.
Le recours au service d’un écrivain public est leur bouée de secours. Je ne compte plus le nombre de fois où l’usager que je recevais m’a déclaré que je lui sauvais la vie.
Depuis dix ans, pas de changement dans les tâches que j’effectue :
Parfois – rarement –, mon ton monte un peu, en cas de mauvaise foi manifeste ou quand la personne ne m’écoute pas. Il redescend rapidement : j’ai de « la bouteille » et sais que ça ne sert à rien et, après tout, la personne fait ce qu’elle veut ! Tant pis pour ma mission de conseil !
Cette activité me procure environ la moitié de mon chiffre d’affaires. Autant dire qu’elle est essentielle si je veux manger et nourrir ma famille.
Elle m’apporte de grandes satisfactions quant à mon utilité sociale (enfin, surtout celle de ma fonction !).
Mais aussi de la lassitude et de la frustration : les cas traités se suivent et se ressemblent ; j’ai parfois l’impression que rien n’évolue ni ne s’améliore. Serait-il temps que je passe à autre chose ?