Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
M. F. parle beaucoup et m’affirme plusieurs fois qu’il va se taire pour me laisser me concentrer sur son courrier ; puis il repart dans ses explications.
Il faut dire qu’il est à la fois agacé et frustré. Il est au chômage depuis deux ans, après une longue carrière dans l’informatique. Je crois comprendre qu’il a été ingénieur et enseignant en maths et physique. Il pourrait sûrement retrouver un emploi dans l’informatique, mais il a constaté que le secteur des réseaux et télécommunications est en pleine expansion et il veut se reconvertir pour y travailler, mais a besoin d’une formation.
Comme il n’a pas les deux pieds dans le même sabot, il a cherché des organismes qui en proposent, a passé et réussi les tests de sélection ; puis il a présenté sa demande de financement à Pôle emploi. Hélas, elle n’est jamais acceptée, sans qu’on lui explique vraiment pourquoi.
Il est persuadé qu’on le considère trop vieux et ça le met hors de lui. En désespoir de cause, il veut plaider sa cause au le directeur de Pôle emploi. Je ne peux qu’abonder dans son sens, mais je l’avertis qu’à mon avis, ce sera en pure perte. Pas grave, il veut s’exprimer.
Pendant que j’écris, il continue de parler – malgré sa promesse de se tenir coi. Il raconte qu’il a toujours fait preuve de bonne volonté en acceptant toutes les prescriptions de Pôle emploi : par exemple, une remise à niveau en arithmétique, alors qu’il a été enseignant en maths et physique.
Soupir.