Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme P. a bien préparé les éléments du courrier qu’elle me demande : son adresse, l’adresse et le nom des destinataires. Elle veut expliquer aux pasteurs d’une église évangélique à Paris pourquoi elle ne peut pas se rendre aux réunions et cultes qui s’y tiennent. Pour des raisons de santé, elle préfère aller à l’église près de chez elle.
C’est clair, mais je ne peux m’empêcher de demander des précisions : pourquoi devrait-elle aller jusqu’à Paris pour pratiquer sa religion ?
Parce qu’elle habitait Paris auparavant et qu’elle avait l’habitude d’aller dans cette église. Elle a continué quelque temps à y retourner, mais les trajets en transport en commun la fatiguent vraiment beaucoup. Elle veut donner des explications pour que ses condisciples ne s’inquiètent pas.
Ah, je comprends mieux ! Je sais que les fidèles sont très soudés et qu’ils se considèrent comme une grande famille.
J’écris donc un courrier moins administratif que si je m’étais tenue à ses premières indications. À la fin, j’ajoute même qu’elle pense toujours bien à eux et qu’elle les associe à ses prières. Elle ne l’avait pas évoqué, mais apprécie beaucoup. Du coup, elle m’interroge :
« Vous êtes pratiquante ? Catholique ?
– J’ai été baptisée catholique, mais je ne suis plus rien.
– Parce que vous avez trouvé exactement les bons mots.
– C’est aussi mon métier, madame. »