Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme T. exerce la tutelle légale de sa fille adulte, âgée d’environ vingt-cinq ans. Je constate dans le jugement que celle-ci ne jouit plus de ses droits civiques.
Mme T. a besoin d’un courrier pour demander au juge des tutelles l’autorisation d’ouvrir un compte d’épargne et d’y faire des dépôts réguliers.
Je la revois une dizaine de jours plus tard : le juge a besoin de précisions. Je rédige la réponse et lui exprime ma surprise sur la rapidité de l’affaire, en lui demandant si c’était toujours ainsi.
« Oui, me répond-elle, pour les demandes de ce genre. Mais pour l’autorisation de mariage, c’est plus long, ça fait déjà deux ans.
- Vous avez demandé l’autorisation pour que votre fille se marie ?
- Oui, mais le mari est en Inde, alors c’est plus long. »
« Gloups ! », fais-je in petto. Sa fille est sous tutelle parce qu’elle n’a pas toutes ses facultés mentales et elle veut la marier…