Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Jeudi matin, vers 8 h 45.
J’emprunte souvent le même chemin pour me rendre en permanence. Et j’ai mes habitudes.
Une petite habitude amusante, c’est de rencontrer chaque jeudi matin, à peu près toujours au même endroit, la même personne, qui gravit la côte sur le trottoir.
C’est un homme très reconnaissable. Il est à vélo, qu’il pousse parce qu’il s’agit d’une longue montée. Il est coiffé d’une casquette et mâche énergiquement un chewing-gum ; quand il pleut, il porte une grande cape de cycliste. Et, surtout, il arbore des moustaches de belle taille.
Parfois il est au téléphone, d’autre fois, il bavarde avec une passante… Une fois, il était sur la chaussée, en plein effort, debout sur ses pédales.
Dès que j’aborde cette rue (en descente pour moi), je ne peux m’empêcher de fouiller du regard les alentours et je me surprends à murmurer : « Alors, où il est ? »
Soulagement ravi quand je l’aperçois. Déception quand il n’est pas là et questions : est-il en retard ? En congé ? Malade ? A-t-il changé ses habitudes ?
Cet homme ne m’est rien, je ne sais rien de lui, je ne lui parlerai sans doute jamais. Mais il fait partie de ma routine du jeudi matin.
J’adore ce genre de situation !