Cette période de fêtes et de distribution de cadeaux est l’occasion de parler de ceux que j’ai reçus dans l’exercice de mon métier d’écrivain public.
Dans le cadre des permanences que je tiens dans les mairies, j’établis une facture mensuelle et je suis
payée par ces collectivités ou par le CCAS. En aucun cas, les personnes que je reçois ne me donnent d’argent, et c’est bien stipulé dans mon contrat.
Elles me demandent souvent comment elles pourraient me remercier : « En me disant merci, tout
simplement… » Et j’explique que je fais seulement mon travail et que je suis payée par la mairie…
Pourtant, parfois, certaines ne sont pas satisfaites. Elles sont d’accord pour ne pas payer – de toute
manière, elles n’en auraient pas les moyens – mais me dire seulement merci ne leur suffit pas pour m’exprimer leur gratitude et me signifier combien je leur ai été utile.
Ainsi, il arrive qu’elles m’apportent de petits présents : depuis plus de cinq ans, j’ai reçu de
nombreux cadeaux que j’ai plus ou moins appréciés – je dois dire que je n’aime pas beaucoup les bibelots – mais qui m’ont toujours beaucoup touchée. En voici une liste non exhaustive… où il
manque encore un raton laveur (misère ! qu’est-ce j’en ferais ?).
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Des tablettes de chocolat : déposées subrepticement sur le bureau à la fin des
entretiens par un monsieur tout sourire, après m’avoir fait un baisemain cérémonieux, qui est ensuite parti en courant, de peur que je les lui rende.
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Une rose des sables : elle est posée sur un meuble dans mon séjour.
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Un tableau représentant un paysage du désert : je l’ai « oublié » dans un
des nombreux bureaux que j’ai occupés.
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Des dattes : un délice ; le monsieur rentrait tout juste du pays et elles
étaient encore bien fraîches (vous connaissez la datte fraîche coupée en morceaux dans un yaourt nature ?).
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Deux gandouras, la même semaine : j’en ai donné une à ma mère et je porte l’autre
de temps en temps.
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Deux paires de babouches brodées : très jolies mais je ne m’en sers pas de
peur de glisser dans mon escalier. Il faudra quand même que je les essaie, c’est chic, comme chaussons…
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Des pâtisseries traditionnelles fait maison, souvent après les fêtes musulmanes :
certaines fines et excellentes qui ont plu à toute la famille, d’autres huileuses et indigestes dont personne n’a voulu.
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Des chocolats pour Noël et Pâques : parfois des boîtes de supermarché, d’autres
fois, des œufs succulents choisis chez un confiseur.
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Des bonbons : mes enfants n’aiment pas ça ; je les propose à qui les veut
bien…
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Des confitures maison : en grande quantité et pas terribles, je n’ai pas tout
mangé.
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Des pots de sauce pesto : confectionnée par une mamie italienne avec
le basilic de son jardin et le pecorino rapporté d’Italie par son fils ; un festin de pâtes le soir !
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Une bouteille de « très bon vin d’Algérie » : bien que ne buvant pas
d’alcool, j’ai chaleureusement remercié le monsieur ; quand j’ai ouvert le paquet, en sentant l’odeur de vinasse et en voyant mes doigts poisseux du liquide qui avait coulé, j’ai compris
que personne ne le boirait.
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Des napperons en dentelle : je les ai aussi donnés à ma mère qui adore ça.
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Une sorte de gant de toilette en fibres végétales prélevées dans le jardin du monsieur
au pays et bordées d’un biais par sa fille ; je ne sais pas ce que c’est, il ne connaissait que le mot en arabe que je n’ai pas retenu ; je suppose que ça s’utilise sous la douche
comme gant de crin…
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Un petit plateau en cuivre : je ne sais plus ce que j’en ai fait… chez ma
mère ?
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Des invitations à manger le couscous à la maison ou à séjourner dans la maison de
famille en bord de mer au pays, sans suite bien sûr…
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De très nombreuses bénédictions, y compris sur ma famille.