Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme D. veut une lettre de démission.
D’accord, ce n’est pas compliqué.
Mais avant d’écrire quoi que ce soit, je veux en savoir plus, plus que ce qu’elle fait ou l’adresse de son employeur.
Et elle me raconte. Elle fait le ménage dans une école en équipe avec une autre personne. Celle-ci a des comportements très bizarres : elle va faire ses besoins dans des toilettes toutes propres en laissant l’endroit infect après sa sortie, elle renverse exprès un seau d’eau sale dans un local déjà nettoyé… Bref, c’est une sale teigne et je pense qu’elle est sacrément dérangée.
Mme D. s’est plainte à son chef qui lui répond que ce n’est pas la première. La directrice de l’école n’en peut plus et se plaint aussi, mais pas suffisamment pour impressionner la direction de l’entreprise de nettoyage qui argue que la personne perdrait son emploi si on la retirait de ce poste.
Cette employée malfaisante semble bien protégée et Mme D. ne voit que la solution de démissionner de ce poste de… remplaçante.
Ce dernier mot me fait dresser l’oreille : de quel type de contrat de travail s’agit-il ?
C’est un CDD qui doit finir mi-novembre.
« Vous ne pouvez pas attendre jusque-là ? »
Non, ça lui est impossible.
Me souvenant de mes lointains cours d’initiation au droit, je préviens Mme D. qu’il peut être risqué pour elle de démissionner d’un CDD. Et je l’envoie consulter un juriste, d’une part pour vérifier ses droits à la démission, d’autre part, pour voir ce qu’elle peut faire contre sa collègue.
Je la rassure : « Ensuite, si vous avez besoin d’un courrier, revenez me voir, je vous le ferai sans problème. Mais je serai sûre que vous ne ferez pas n’importe quoi. »