Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Je n’ai vu que deux ou trois fois M. T. Je me souviens qu’il a une curieuse façon de remercier – je suppose qu’il veut paraître original ou distingué –, car il dit « beaucoup de mercis ».
Il présente d’emblée sa demande : une « requête » auprès du procureur de la République.
Puis il raconte, tout en vrac : il a deux frères, avec qui il semble en froid, qui disent du mal de lui et il veut savoir pourquoi un tel à dit ceci et un tel a affirmé cela.
L’appartement de leur mère a été vendu, lui n’a rien signé, car il avait donné procuration à un clerc du notaire ; il n’a pas vu la couleur de l’argent, mais ce n’est pas ça qu’il réclame – je ne sais toujours pas ce qu’il réclame d’ailleurs dans cette affaire immobilière !
Je remets les choses à leur place.
S’il veut des explications, quelles qu’elles soient, sur la vente de l’appartement, seul le notaire peut lui répondre. Il faut s’adresser à lui.
Quant à ses querelles familiales, tant que la loi n’a pas été transgressée, le procureur ne va pas intervenir. S’il estime qu’il a été calomnié, il lui faut des preuves. Je lui conseille, sans grande conviction, de consulter un médiateur familial.
Il s’en va en me remerciant (cette fois : « merci », tout simplement).
Je ne sais pas ce que je lui ai apporté…
Ensuite, je fais le rapprochement entre son nom et celui d’un client au cabinet (dont j’ai parlé dans ce billet) ; d’ailleurs, il me semble qu’ils ont une petite ressemblance. Je l’avais rangé dans la catégorie « sale type » et les propos de son supposé frère viennent confirmer mon impression.