Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Que dire de la vie de certaines personnes ?
S’apitoyer ? S’indigner ?
Mme A. est un petit bout de femme aux traits tirés. Elle me demande d’écrire le courrier explicatif à joindre à sa déclaration de surendettement.
Ses difficultés financières ont commencé il y a trois ans, mais le problème est plus ancien et remonte vraisemblablement à sa petite enfance.
Elle a souscrit un crédit pour acheter une voiture, payer la carte grise et la première année d’assurance en tant que jeune conducteur. Elle a emprunté 10 000 €, ce qui, pour un salaire d’environ 900 €, est énorme et laisse à penser sur le sérieux de certains organismes de crédit.
Elle m’affirme qu’elle arrivait à rembourser, car elle était hébergée et n’avait donc pas de frais de loyer.
Pas de frais de loyer, mais un boulet au pied : son frère ! Il s’était toujours montré violent avec elle. Là, il est mort de jalousie devant la voiture de sa sœur et passe son temps à la détériorer, jusqu’à la brûler. Avec tous ces ennuis, Mme A. perd pied, cumule les retards au travail et se fait licencier un an plus tard. Elle a quand même la présence d’esprit d’expliquer sa situation à son créancier en demandant des arrangements. Peine perdue. De plus, l’assurance « perte d’emploi » qu’elle avait souscrite ne la prend pas en charge.
Son état psychologique ne lui permet pas de retrouver un emploi stable. Après avoir épuisé ses droits aux indemnités de chômage, elle bénéficie à présent du RSA. Elle est domiciliée dans une association, mais ne peut y loger, car elle a maintenant un bébé.
Son frère est en prison, mais il sort bientôt et elle a peur qu’il la retrouve. En attendant sa libération, les copains de ce caïd se sont bien appliqués à continuer de terroriser la jeune femme.
Elle est passée au tribunal pour sa dette, a été condamnée à payer, mais elle ne peut pas pour l’instant. Elle souhaite obtenir un répit pour retrouver une situation stable et des revenus réguliers.
Soupir.