Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Moment de calme pendant ma permanence, j’en profite pour continuer la lecture du roman passionnant que j’ai commencé la veille. Ma porte est grande ouverte pour pouvoir guetter la salle d’attente et les nouveaux arrivants ; j’entends donc ce qui se passe dans les bureaux de la mairie plus loin.
11 h 15, Marlyse répond à un appel et je devine qu’il me concerne :
« Oui, elle est là… Vous voulez la voir ? On ferme à 11 h 45… Vous voulez que je vous la passe ?... Vous voulez la voir ou lui parler ?... Écoutez madame, je suis occupée, j’ai une personne devant moi… Bon, je vous la passe. »
Eh ben, c’est laborieux !
Mon appareil sonne :
« Allô !
- Je voulais savoir pour qui vous vous prenez au centre administratif, à vous moquer des gens comme ça…
- Mais…
- Vous ne méritez pas votre poste. A la préfecture on dit que…
- Mais vous êtes qui, madame ?
- C’est personnel !
- Si je ne sais pas à qui je parle, je ne vous parle pas ! Au revoir madame. »
Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
Le téléphone resonne immédiatement, ce doit être cette personne encore. Je cours voir Marlyse et lui explique en deux mots. Elle saisit tout de suite :
« C’est une folle ! J’ai eu du mal avec elle tout à l’heure. Je réponds pas ! »
La sonnerie finit par cesser.
J’en reparle avec Marlyse : d’après elle, on est entouré de cinglés, c’est de pire en pire !
Zut, ça secoue un truc pareil ! Je retourne dans mon bureau, m’assois et respire profondément. Peu à peu, mon cœur se calme et tout se dénoue en moi…
Je reprends mon livre.