Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
M. B. m’explique que d’habitude, il fait ses courriers avec sa fille mais que, en son absence, il est obligé de venir me déranger.
« Mais non, monsieur, je suis là pour ça. Que puis-je faire pour vous ? »
Il a résilié début août son abonnement à Télé 2 Mobile pour passer à un autre opérateur, mais Télé 2 continue à lui envoyer des factures et à prélever sur son compte.
Sur le coup, je me demande s’il a envoyé le courrier à la bonne adresse car il me semble que Télé 2 a été repris par SFR. Mais il me montre la dernière facture qui indique bien cette société et l’avis de réception.
Tiens, tiens… l’avis de réception…
« J’ai téléphoné, ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas reçu le courrier, que c’était une mauvaise adresse… »
Parlons-en, de l’adresse : celle qu’il a notée sur le bordereau de recommandé correspond bien à celle de la facture. En revanche, l’entreprise qui a reçu le courrier a apposé son cachet : sa dénomination et son adresse n’ont rien à voir avec celles de Télé 2.
Je crois avoir compris !
Je lui explique que Télé 2 a raison quand il affirme ne pas avoir reçu la lettre. Lui, l’a bien envoyée, à la bonne adresse, mais le facteur ne l’a pas distribuée au bon destinataire. S’agissant d’une entreprise, celui-ci n’a pas fait attention et l’a acceptée, noyée qu’elle était dans un tas d’autres lettres du même type.
Ainsi, il doit renvoyer une nouvelle résiliation à Télé 2 pour enfin mettre un terme à son abonnement et, aussi, déposer une réclamation à la Poste pour son erreur.
Il m’apprend que, furieux de la supposée mauvaise foi de Télé 2, il a demandé à sa banque de bloquer les demandes de prélèvements. Vu la date très proche, je lui suggère d’annuler cette interdiction et autoriser le paiement, ce qui lui évitera des ennuis avec Télé 2. En contrepartie, il en demandera le dédommagement à la Poste, en plus du remboursement du premier recommandé.
Il me présente la demande de suspension du prélèvement : ironie du sort, il s’est trompé dans le nom du bénéficiaire et a donné… celui du mauvais destinataire de son premier courrier.
« Bon, vous vous êtes trompé, je pense que l’opposition ne fonctionnera pas, pas la peine de retourner à la banque… Eh ben, c’est compliqué votre histoire ! »
Ça le fait rire.
Il repart tout content, directement au bureau de poste.
Je le croise quelques minutes plus tard, avec un imprimé de réclamation à remplir, totalement inadapté à son cas ; je l’aide un peu et lui conseille de joindre le courrier, beaucoup plus explicite.