Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
M. R.V. arrive avec un traducteur. Dans le cours de la discussion, j’apprends qu’il est en France depuis 1992, mais il ne parle
toujours pas français correctement. Je suis stupéfaite, mais perplexe, de constater cette méconnaissance après tant de temps passé ici.
Il me présente un dossier de déclaration de handicap : il a déjà une carte d’invalidité et demande cette fois l’AAH (allocation aux adultes handicapés).
Je remplis le document, en particulier les rubriques cochées par la personne de la MDPH qui lui a remis le formulaire, selon les besoins qu’il avait exprimés. Mais, par réflexe et conscience professionnelle, j’en remplis un peu plus, selon les documents que je vois étalés sur le bureau.
Je remarque ainsi une attestation de la CAF et complète la rubrique correspondante qui n’était pourtant pas cochée. Puis, je regarde les prestations indiquées : monsieur est bénéficiaire de l’AAH qu’il perçoit régulièrement chaque mois.
Je m’exclame et lui montre l’attestation : son pote traducteur lève les yeux au ciel et lui demande des explications en portugais.
M. R.V. bredouille qu’il ne sait pas lire ni écrire et que c’est sa femme qui s’occupe des papiers.
Je les raccompagne à la porte :
« La prochaine fois, demandez d’abord à votre femme avant de faire des démarches. »