Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Voici Madame N., qui approuve tout ce que je lui dis par de vigoureux « oui oui oui ».
Elle est amusante, cette petite dame : toujours de bonne humeur, malgré les mésaventures (des vacheries, plutôt) qu’elle a pu subir de la part d’éventuels employeurs.
La dernière en date : la directrice d’une maison de retraite où elle avait postulé et effectué un essai concluant lui promet de l’embaucher et lui donne même un planning. Quelques jours avant le début du contrat, elle l’appelle et lui annonce qu’elle ne peut pas l’embaucher « à cause de son titre de séjour ».
Or, Mme N. est titulaire d’une carte de résident (soit une autorisation de séjour de dix ans) lui permettant de travailler dans « toutes professions ».
Elle court à la préfecture demander des explications. On lui répond que la directrice outrepasse ses droits et on lui donne les coordonnées de la Ligue des droits de l’homme à alerter.
Au moment où je la reçois, elle n’a pas encore fait la démarche et hésite un peu. Je l’encourage à agir : je sais qu’elle n’a pas froid aux yeux. Je lui dis que c’est à la fois pour elle, qui est forte, et pour les éventuelles prochaines autres femmes qui n’auront pas son courage. Ça la touche, je pense qu’elle le fera…