Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
L’écrivain public réalise des écrits sur mesure, notamment des courriers. C’est sa valeur ajoutée, par rapport aux innombrables ouvrages ou sites proposant des courriers types.
De plus, cette spécificité est un avantage du métier qui permet de ne pas s’ennuyer. Même si j’écris fréquemment le même type de lettre, pour demander des délais de paiement ou résilier un contrat, je remets à chaque fois mon ouvrage sur l’établi et refais une nouvelle lettre. Je n’ai pas de modèle préétabli, même si les tournures que j’utilise reviennent régulièrement.
Pourtant, malgré mon souci constant d’originalité et de renouvellement, il m’arrive de trouver que j’en manque ! Par exemple, quand je rédige pour la énième fois de l’année une demande de carte de résident qui va aboutir au même bureau du séjour des étrangers de la même préfecture.
Même s’il s’agit à chaque fois d’un cas différent, je ne peux m’empêcher de craindre que les lecteurs de ces courriers ne repèrent mon style et des tournures récurrentes, pour introduire la requête par exemple. Mon souci est exacerbé quand ce cas revient plusieurs fois dans la même journée.
Ce n’est encore pas trop grave pour une demande de ce type, mais que penser des lettres de motivation ? Aujourd’hui encore, j’ai dû en écrire pour le même destinataire, le même poste, pour deux personnes qui présentaient à peu près le même profil.
Le pire fut quand deux amies se sont présentées ensemble pour me demander la même chose : elles postulaient à la mairie et avaient les mêmes motivations. Là, il m’a fallu redoubler d’originalité parce qu’en plus, elles m’ont chacune entendue lire la lettre à l’autre.
Trop forte, l’écrivain public !