Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme M. vient de passer en conseil de discipline à l’école de soins infirmiers où elle finissait sa troisième et dernière année d’études d’infirmière. Elle a été exclue juste avant que son dossier soit présenté pour l’examen final et elle ne peut obtenir le diplôme. D’après ses informations, elle a perdu le bénéfice du cursus entier et ne pourra pas se représenter à l’examen avant plusieurs années.
Motif de la sanction : falsification du bilan de son dernier stage pratique. Les relations avec le personnel à l’hôpital avaient été tendues, le bilan a été rempli en son absence et les notes et les appréciations étaient mauvaises. Après un parcours sans histoire, elle a cru qu’elle avait tout raté et, de rage, mais aussi de désespoir, elle a passé du blanc correcteur et a réécrit tout ce qui ne lui convenait pas.
Bien sûr, le document n’a pas fait illusion et il était évident qu’il avait été modifié. La sanction a été immédiate : on lui a reproché non seulement d’avoir falsifié le bilan, mais surtout d’avoir fait preuve de malhonnêteté.
Je lui écris un recours gracieux plaidant sa perte de sang-froid dans un moment aussi important pour son avenir professionnel, montrant aussi que, vu la maladresse de la falsification, ce ne pouvait être prémédité. Mais il fallait aussi éviter de laisser croire qu’elle était impulsive, car, dans son métier, c’est rédhibitoire.
La juriste lui conseille aussi le recours contentieux auprès du tribunal administratif, même si la jurisprudence est plutôt réduite dans un tel cas.
À ce jour, je ne connais pas le résultat de sa première démarche.