Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Enfin, le 10 mai, c’est mon grand jour : cinq personnes le matin, deux seulement l’après-midi. Lettres de motivation, lettre au préfet pour plaider la cause d’un compagnon sans papiers (je reparlerai de ce cas dans mon prochain billet), chèques (loyer, EDF…), dossier de renouvellement de CMU… La routine commençait sans difficultés particulières.
J’arrive quand même à saluer un homme en lui disant « Bonjour madame. ». Il se lève sans rien laisser paraître et ne me fait aucune remarque. Gloups ! C’est à ce moment que je m’en aperçois et je n’ose pas m’excuser, tout en me traitant in petto de cruche. Quand je le revois maintenant, je ne comprends pas d’où est venue cette méprise… peut-être à cause de sa chevelure hirsute qu’on aurait pu croire mise en plis ?
Dans l’après-midi, au détour d’un couloir, je croise la responsable qui gérait les permanences à l’époque, toute surprise :
« Tiens vous êtes là ?
- Heu oui, depuis ce matin.
- Si j’avais su que vous commenciez aujourd’hui, je serais venue vous souhaiter la bienvenue ! »
Pardon madame d’avoir annoncé mon arrivée trop longtemps à l’avance. Je me suis débrouillée toute seule et m’en suis plutôt bien sortie.
Détail amusant : pendant ma pause déjeuner que je passe dans un square au soleil, je suis abordée par un vieux monsieur maghrébin. Il me montre son dossier de retraite pour vérifier si tel papier correspond bien à ce qu’on lui demande. Je crois que c’est un signe : je suis vraiment écrivain public, c’est marqué sur mon front !…