Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Ce matin, M. I.M. ne tarit pas d’éloges sur moi. Hier, justement, il a assisté à une réunion dans un des quartiers où j’interviens. Il a entendu une conversation à mon sujet à laquelle
il s’est mêlé, confirmant les dires des personnes : l’écrivain public est compréhensive, ses courriers sont bien écrits et clairs et ont toujours un résultat positif.
Même si ça frôle l’obséquiosité, c’est plutôt agréable à entendre, mais, échaudée et prudente, j’émets des réserves : « Attention, je ne fais pas de miracles ! ». Il acquiesce : évidemment qu’il le sait !
C’est lui aussi qui a commenté mes tenues vestimentaires en m’affirmant que je m’habillais « comme à la télé » ; j’imagine que c’est un compliment…
M. I.M. vient souvent me voir, que ce soit à titre privé pour divers problèmes de la vie quotidienne, ou pour son EURL de peinture en bâtiment qu’il a créée il y a quelque temps. Il recherche des marchés pour la faire tourner et payer ses salariés, qu’il prend soin d’embaucher dans le quartier, ce qu’il avance comme argument quand il sollicite des élus.
Dernièrement, il a rencontré sur le marché les partisans d’une candidate aux prochaines cantonales puis, un autre jour, a engagé la conversation avec le mari sur le quai de la gare. Bien sûr, tous lui ont conseillé de la contacter directement pour lui demander aide et appui. Il lui a ainsi envoyé deux courriers que j’ai rédigés pour lui.
Il a toujours plusieurs lettres à écrire qu’il me réclame à peine la précédente est-elle terminée ; j’avoue que cela m’agace un peu car j’ai l’impression de n’être qu’un distributeur.
Aujourd’hui, il écrit d’abord à un client pour clarifier une histoire tordue ; j’ai l’impression qu’il s’est fait avoir et n’hésite pas à le lui dire.
Puis il me parle de réparations à faire sur son véhicule professionnel, dont il a grand besoin pour aller travailler, notamment pour un futur chantier au Havre. Mais il n’a pas d’argent… Alors, il veut tout bonnement en demander… à la candidate.
Je suis soufflée, lui fais répéter, mais ne moufte pas… Je commence à taper…
« Vous pensez que je dois joindre le devis ?
Grimace de ma part.
« Ah, non ?... Alors je le mets pas…
- Je ne sais pas… Déjà, je trouve bizarre de demander de l’argent à quelqu’un que vous ne connaissez pas…
- Mais je la connais !
- Vous la connaissez bien ?
- Oui.
- Alors pourquoi vous ne lui demandez pas de vive voix ? Ça me semblerait plus logique et normal…
- …
- …
- Vous faites la lettre et je verrai… »
Ah là là ! Je crois que je ne pourrai jamais me présenter à aucune élection !