Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme C. est envoyée par une assistante sociale de la MDS (maison départementale des solidarités) pour « écrire une lettre à sa chef ». Puis elle me parle d’une facture d’EDF de plus de 600 € qu’elle ne peut pas payer, mais que, de toute façon, c’est la facture du voisin.
Holà, qu’est-ce que c’est que ça ?
Elle m’explique qu’en début d’année, son voisin a changé de fournisseur d’énergie pour revenir chez EDF ; à partir de ce moment, elle recevait ses factures à lui et vice versa. Il a fallu plusieurs mois à EDF pour venir constater l’interversion des contrats. Ayant choisi la mensualisation, elle a maintenant reçu un échéancier et s’y conforme.
Et elle m’affirme que la mise en demeure qu’elle a reçue en octobre est toujours une erreur, qu’un technicien EDF le lui a bien confirmé.
Malgré cette confusion, elle est restée dans l’idée qu’elle devait payer ; n’en ayant pas les moyens, elle a demandé une aide financière à l’assistante sociale, aide qui a été refusée par le conseil général. Ainsi, l’assistante sociale me l’adresse pour écrire un recours à cette instance.
« Mais, vous avez expliqué à l’assistante sociale cette histoire d’erreur et d’interversion de factures ?
- Oui, oui.
- Et elle n’a pas cherché à arranger l’affaire avec EDF ?
- Non, elle m’a fait une demande d’aide.
- Je ne comprends vraiment pas… Enfin, je ne suis pas assistante sociale, je ne sais pas pourquoi elle a fait ça... En tant qu’écrivain public, je pense qu’il faut régler le problème avec EDF, pour que l’erreur soit corrigée une fois pour toutes.
- Oui, parce que moi, je travaille pas, je peux pas payer…
- Mais vous gagneriez 5 000 € par mois, ce ne serait pas à vous de payer la facture du voisin !
- Il m’a dit qu’il paierait pas…
- Ça, c’est le problème d’EDF. Ce qu’il ne faut pas, c’est que ce soit vous qui payiez. »
J’ai dû être convaincante car, à présent, elle se demande aussi pourquoi l’assistante sociale a agi ainsi.
Je rédige un courrier expliquant le quiproquo et demandant une rectification définitive et l’arrêt des poursuites, et lui conseille vivement d’envoyer en recommandé.
Puis j’établis avec elle un « plan de bataille » au cas où elle n’aurait pas de réponse, ou recevrait une autre menace : elle reviendra me voir et écrira au médiateur de l’énergie dont je viens d’apprendre l’existence.