Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Mme E. est une jeune personne que je plaçais dans la catégorie « écervelée » vu les ennuis dans lesquels elle se fourvoyait régulièrement.
Charge à moi de rédiger des demandes de remise gracieuse de dette ou de paiement échelonné.
Aujourd’hui, elle veut déposer un recours contre un ajournement de naturalisation pour précarité de sa situation professionnelle.
J’apprends que sa situation s’est arrangée : elle a passé et obtenu le diplôme d’aide-soignante (j’avais fait sa lettre de motivation pour se présenter au concours d’entrée à l’IFSI). Depuis, elle travaille en intérim et gagne très bien sa vie.
Or, pour les services préfectoraux qui ont examiné sa demande de naturalisation, l’intérim est une situation précaire qui justifie un ajournement.
Mme E. est scandalisée : depuis qu’elle a eu son diplôme, elle n’a jamais eu un jour sans travail. Elle a refusé plusieurs CDI pour pouvoir rester en intérim car elle a calculé qu’elle gagnait beaucoup plus que ses collègues embauchées.
Dans le courrier au préfet, elle raconte qu’à son exemple, d’autres aides-soignantes de sa connaissance allaient aussi opter pour ce type de contrat plus rémunérateur.
Elle précise aussi que certains établissements n’acceptent d’embaucher en CDI que des Français « pour ne pas confier la vie de leurs pensionnaires à n’importe qui ».
Vu comme ça, on comprend son choix… La préfecture aussi ?