Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Carima* travaille à la mairie. Comme tous les administrés, elle a pris un numéro à l’accueil pour me rencontrer car elle est empêtrée dans une histoire de contravention qui ne la concerne pas.
Elle a vendu sa voiture en octobre à un collègue mais ne l’avait pas signalé à la préfecture. En janvier, elle reçoit un avis de contravention du centre automatisé de Rennes pour un excès de vitesse relevé pour son ancien véhicule. Elle suit la procédure de contestation indiquée et envoie une copie du certificat de cession, qu’elle transmet aussi immédiatement à la préfecture.
En avril, quand je la vois, elle a déjà écrit deux fois, en renvoyant toujours le même document que le centre lui a retourné pour lui dire ensuite qu’il manquait.
J’écris un courrier reprenant l’historique et envoyant pour la troisième fois le certificat de cession.
Elle revient en mai car elle a maintenant reçu un avis d’amende forfaitaire majorée. Nouveau courrier explicatif, nouvel envoi de justificatifs.
L’été passe, elle n’a plus d’échos de cette affaire et pense que c’est terminé.
En septembre, elle reçoit une mise en demeure d’un huissier de justice et revient me consulter, très inquiète. Je pense, moi, que c’est plutôt une bonne chose car ainsi, elle a (enfin) un interlocuteur sensé qui comprendra et pourra sûrement agir pour faire valoir son bon droit.
Cinquième courrier, toujours recommandé bien sûr, et cinquième envoi des preuves.
Quelques semaines plus tard, elle m’interpelle joyeusement dans les couloirs : « Tu avais raison ! L’huissier s’est occupé de l’affaire : il arrête les poursuites et la contravention est annulée. »
Eh bé !… c’est bien, les centres « automatisés » !...
(*) Le prénom a été modifié.