Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
M. A prépare son dossier de retraite pour l’année prochaine. Il y a plus d’un an, il a reçu et vérifié sa reconstitution de carrière et remarqué que l’année 1986 n’était pas validée. Il a donc apporté à deux reprises et à un an d’intervalle le certificat de travail correspondant à l'antenne de la CNAV. Il est allé vérifier dernièrement et on lui a répondu « qu’ils ont pas trouvé ». Quand il a demandé ce qu’il pouvait faire, on lui a conseillé d’écrire pour réclamer… mais il ne sait pas à qui, ni quoi d'ailleurs.
Il me montre deux récépissés des documents déposés et le fameux certificat. Il a perdu tous les bulletins de paie de cette année, excepté celui de décembre.
Ses explications sont embrouillées et il ne parle pas bien le français. Je comprends d’abord que, par deux fois, la CNAV a perdu le certificat de travail et qu’il veut le renvoyer. Je répète pour être sûre : non, ce n’est pas ça… Il recommence les mêmes explications, je comprends toujours la même chose, et ce n’est bien sûr toujours pas ça !
Pendant ce temps, j’examine le certificat de travail. Il a été établi par un liquidateur judiciaire en 1989, car la société a fait faillite. Puis j’observe le bulletin de décembre et je remarque que le nom de l’entreprise est différent de celle qui a disparu. Il me confirme qu’elle a été souvent rachetée. Et soudain, illumination : « Monsieur, est-ce que la CNAV vous a dit qu’elle n’avait pas trouvé l’entreprise ? ». Il ne sait pas, mais je crois que j’ai une piste.
J’écris donc à la CNAV en reprenant l’historique, en signalant qu’en 1986, la société ne portait pas le même nom qu’en 1989 et en suggérant de faire une enquête avec le nom de l’époque. J’ajoute aussi que si les recherches étaient toujours vaines, et étant donné que les années d’avant et d’après ont été validées, on pouvait bien lui accorder le bénéfice du doute et compter 1986 malgré le manque d’informations.
J’essaie de lui expliquer, je pense qu’il a compris ; j’espère avoir eu le nez fin et que l’affaire se finira bien pour lui. J’espère aussi qu’il me tiendra informée ! C’est important de savoir si mes idées sont géniales, n’est-ce pas ?