Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
Fatiha travaille à la mairie. Cela fait longtemps que je la connais et qu’elle me consulte. Son fils unique est malade et lui cause beaucoup de soucis car il est placé
dans un institut spécialisé.
Dernièrement, l’équipe qui le suit a proposé un changement dans son mode de vie : le soir dans une famille d’accueil, la journée en institut et le week-end chez sa mère. Fatiha a refusé : elle pense que si un IME avec une équipe de spécialistes ne viennent pas à bout de son fils, une « simple » famille n’y arrivera pas mieux ; de plus, elle craint que le suivi médico-psychologique ne soit plus assuré correctement.
Devant ce refus, le conseil général a demandé au tribunal des enfants de lui donner délégation de signature pour mettre en œuvre ce placement. Fatima a donc décidé d’interjeter appel et m’a fait rédiger le courrier. Le même jour, elle écrit à l’inspecteur de l’aide sociale à l’enfance pour lui demander un rendez-vous.
Aujourd’hui, soit un mois plus tard, elle veut deux lettres : l’une à la MDPH qui n’aurait pas versé à l’institut la part qu’elle lui doit. J’essaie de lui dire que ça ne la concerne pas vraiment : « Oui, mais je vais écrire quand même. » Alors j’introduis beaucoup de précautions, soulignant que ça l’inquiète et demandant s’il y a un problème quelque part.
Deuxième lettre : elle annule sa demande d’appel. « J’ai rencontré l’inspecteur. Il m’a dit que mon fils sera bien dans cette famille et que je l’aurai toujours le week-end. »
Ben oui… Il aurait peut-être mieux valu attendre un peu avant de lancer la grosse artillerie, non ?