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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:00

Heu.jpgCela ne m’arrive pas souvent, heureusement. Je suis d’un naturel calme et posé et j’ai de la bouteille


Mais j’ai remarqué quelques fois où je me sens un peu perdue. Par exemple, quand je me rends compte de la différence d’âge entre un mari et sa femme. Les dates de naissance me mettent en alerte et je passe un moment à calculer cette différence  in petto, me trompant parce que j’écris mieux que je ne compte et que je suis affolée par le résultat.


Cette fois, il s’agit d’une jeune femme. Elle arrive en tenant par la main une petite fille pas bien vieille, et précédée d’un ventre rond, montrant une grossesse assez avancée.


Je la trouve jeune mais comme elle porte le foulard, je ne peux pas vraiment me rendre compte.


Mais en remplissant son dossier, je note sa date de naissance : elle est plus jeune que mon fils aîné, qui a juste vingt ans.


Misère ! Elle aura… – je compte et recompte – dix-neuf ans en juin prochain, au moment de son accouchement, et sa petite va avoir deux ans !


Reprends-toi, ma fille ! Tu as un dossier à remplir.

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 14:24

journeechamp.jpg

 

Une fois n’est pas coutume, ce billet ne racontera pas une anecdote de permanence mais un événement auquel j’ai participé avec ma consoeur, Sophie Strnadel, dans le cadre de notre association d’ateliers d’écriture : les Ateliers de la Seine.

 

Nous étions à la Journée champêtre de Vaux-le-Pénil la semaine dernière.


Nos impressions…

 

Déjà, le temps a participé en se montrant plus que clément : du soleil masqué parfois par quelques nuages. Il a fallu se protéger le bout du nez d’une noisette de crème solaire.

 

Le vent du matin a un peu chamboulé la décoration du stand qui comportait des guirlandes de plumes (le stand s’appelait « La Plume au vent ») : le matin, elles voletaient gaiement ; en début d’après-midi, elles étaient entortillées autour de la structure et il a fallu couper les fils pour les démêler le soir. Pas bien grave, le reste a tenu !

 

Le décor du site de la Buissonnière était très réussi : grandes fleurs colorées en papier crépon, ballots de paille, fanions, lierre…

 

Le public était au rendez-vous de cette « kermesse » municipale.

 

Sophie et moi proposions deux types d’activités, toujours basées sur l’écriture :

  •  miniateliers d’écriture en plein air, inspirés par les autres animations. Par exemple, près du stand « cerfs-volants, il fallait imaginer être placé sur une énorme cerf-volant au-dessus du site et décrire ses impressions et ce qu’on voyait… ;
  •  et écriture d’articles par des journalistes en herbe, envoyés spéciaux pour l’après-midi.

 

De nombreux enfants ont accepté volontiers de se prêter aux jeux d’écriture, motivés également par leur « carte de fidélité » à faire tamponner pour chaque participation ; les plus âgés ont été moins nombreux…

 

La moyenne d’âge était à peu près la même pour l’écriture des articles ; nos deux plus jeunes avaient respectivement 5 et 6 ans et se sont débrouillés comme des reporters aguerris !

 

Nous avons recueilli tous les textes : les articles seront publiés dans le journal de la ville, Reflets ; les écrits des ateliers seront compilés dans un livret que nous remettrons aux écrivants lors du forum des associations de Vaux-le-Pénil le 9 septembre prochain.

 

 

Peut-être un autre rendez-vous similaire l’année prochaine à la même époque ?

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:42

M. H. occupe un logement très humide. La copropriété a demandé l’inspection d’une entreprise spécialisée qui a émis l’hypothèse que la cause se trouverait dans le bâtiment d’à côté appartenant à la mairie.

 

M. H. a donc alerté les services municipaux qui - incompétence ? inconséquence ? je-m’en-foutisme ? - l’ont envoyé à l’agence régionale de santé. Celle-ci, quand il a enfin pu la joindre, l’a gentiment envoyé... balader, lui disant qu’elle ne pouvait pas intervenir, et l’a redirigé… vers la mairie.

 

C’est ici que j’interviens : je lui rédige le courrier pour expliquer la situation, déjà connue puisque la copropriété de l’immeuble a fait parvenir à la mairie le rapport d’intervention de la société spécialisée.

 

Je lui demande des précisions : est-ce seulement son appartement qui est affecté, ou bien tout l’immeuble est-il aussi touché ?

 

« Mon voisin a eu le même problème de moisissures quand il est arrivé. Il a passé tous ses murs au rhum et, depuis, il garde ses fenêtres ouvertes. Il vient d’ailleurs d’être cambriolé.

- … Il a nettoyé ses murs au rhum ?!

- Oui (il est hilare).

- Il est antillais ?

- Oui, il est antillais (il rit toujours).

Houlà ! Ça devait sentir… J’espère que c’était du rhum bas de gamme…

- Je ne suis même pas sûr ! »

 

rhums-copie-1.jpgEh ben ! Voilà qui ferait frémir d’horreur certains amateurs de ma connaissance.

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 21:23

« Bonjour madame, c’est encore moi. Avec moi, y’a toujours des papiers… »constatamiable.jpg

 

Je pense qu’il n’est pas le seul dans ce cas, mais ne dis rien, là n’est pas la question.

 

« Vous savez qu’on m’a enlevé ma voiture ?

- Ah bon ? Elle a été enlevée par la fourrière ?

- Non, c’est hier soir. Je l’avais laissée devant chez moi, vous voyez, là, comme ça, j’avais ma fille avec moi, et puis une dame en reculant… »

 

Je ne vois rien et n’écoute déjà plus car je n’y comprends rien, et examine le document qu’il m’a donné : une facture de remorquage.

 

« Vous avez fait remorquer votre voiture ?

- Oui, elle est complètement esquintée, ils me l’ont emmenée. » Et il sort un formulaire de constat amiable.

« Vous avez eu un accident et vous voulez que je vous aide à remplir le constat ? »

 

Ouiiii !

 

Chic ! J’adore !...

Je reporte les coordonnées du véhicule, les siennes puis… je suis obligée de l’écouter m’expliquer les circonstances.

 

Parfois, je m’épate devant mes trésors de patience que je n’imaginais même pas !

 

« Vous étiez sur la rue du Général-Leclerc, mais vous alliez dans quel sens ?

- Eh ben, je venais de chez moi quoi !... »

Je sors un plan de la ville :

« Vous circuliez sur la rue du Général-Leclerc et vous alliez vers le centre administratif, ou vous en veniez ?

- Ben, regardez derrière vous, c’est par là… 

- Vous veniez vers ici ou vous veniez d’ici ? »

 

Il venait vers ici ! Ouf, je l’écris…

 

Le pompon, c’est quand je dois indiquer par une flèche l’endroit du choc sur un croquis de voiture de l’imprimé :

 

« La dame, elle vous a heurté à quel niveau de la voiture ? » (C’est du français très oral !)

 

Il se lève, examine le croquis dans tous les sens ; je lui montre où se trouverait la rue…

 

« Alors, j’allais par là… Et elle était garée sur le bord de la route…

- Elle était garée en épi (je montre par geste) ou comme ça (re-geste) ?

- Ben, comme ça (donc perpendiculairement à la rue).

- OK. Donc vous alliez vers là (geste) et elle est sortie de là comme ça en reculant (geste). Et elle vous rentrée dedans à quel niveau ? (Toujours ce français approximatif).

- Ben… je l’ai esquintée…

- Attendez, si elle vous est rentrée dedans, c’est elle qui vous a esquinté, pas vous ! (Là, je sais que je chipote, mais je tiens à éliminer tous les doutes quant à sa responsabilité*.) »

 

Perturbé par mon interruption, il recommence ses explications toujours aussi embrouillées ; je l’arrête et remontre le schéma :

« Vous étiez là dans la voiture, votre fille était là. Où avez-vous été touché ?

- Ben là.

- Donc c’est l’aile avant droite. C’est bien ça ? »

 

Ben oui, quoi, c’est bien ça.

Je trace la flèche… hésite un peu, puis renonce à faire le croquis.

 

« Il faudra que la dame remplisse sa partie… Vous avez ses coordonnées, n’est-ce pas ?

- Oui, oui. Elle m’a dit de l’appeler quand je serai prêt et on remplira le constat. »

 

Je lui indique au crayon la case que devrait cocher la dame, si j’ai bien tout compris, et lui recommande de faire attention à ne pas signer n’importe quoi.

 

« Merci madame, heureusement que vous êtes là ! »

 

 

* Bien sûr, je ne suis pas une experte en assurance. Mais, vous comme moi connaissons à peu près le Code de la route et somme peu ou prou capables de voir où sont les torts dans les situations simples. Si j'avais eu un doute, j'en aurai parlé à ce monsieur, avec toutes les précautions d'usage.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 21:15

coiffure.jpgReprise des permanences ce lundi après quelques jours de congé (bien mérités, je l’avoue). Sophie m’avait priée de ne pas tarder à reprendre car sa permanence à elle était surchargée du fait de mon absence. Et en arrivant, de ma voiture, j’étais déjà avertie : plus de douze personnes m’attendaient. Évidemment, je ne les ai pas toutes reçues.

 

Avant-dernière personne : un grand costaud, qu’il me semble avoir déjà vu, qui m’apostrophe en entrant dans le bureau : « C’est long d’attendre ! »

Je ne réponds pas.

 

Il s’installe et me raconte ce qu’il attend de moi… ou plutôt, ce que sa (future) femme lui a demandé de me demander. Il va se marier en République centrafricaine et il doit déposer un courrier à la préfecture, ou à l’ambassade de Centrafrique à Paris, ou il ne sait pas où, pour préparer son mariage.

 

J’essaie de comprendre quel est le but de ce courrier, je n’arrive qu’à l’exaspérer. Il se prend la tête dans les mains et reprend les mêmes explications : il doit exposer sa situation professionnelle – il travaille en intérim dans les travaux publics –, expliquer qu’il est domicilié dans une association mais vit chez sa tante qui le soutient dans ses démarches et qu’il a déposé une demande de logement.

 

« Moi, chuis pas un intellectuel, je sais pas faire ça… J’avais un gros problème avec l’Assedic et, à cause de vous (houlà, qu’est-ce que j’ai fait ?) ou de quelqu’un que j’avais vu à A. ou à M., je sais plus… Ça a mis six mois pour se régler mais le courrier qu’on m’a fait a tout débloqué (aaah, j’aime mieux ça !).

 

- Monsieur, je vais vous faire le courrier, mais j’ai besoin de savoir à quoi il va servir pour l’écrire au mieux… »

 

Bon, n’insistons pas… Il veut un courrier pour la préfecture, je vais le rédiger. Mais pendant que je tape, je lui pose des questions sur les formalités qu’il va accomplir ; je m’aperçois qu’il va se marier à la mairie de Bangui, sans autre démarche. Je lui conseille alors de consulter le juriste pour voir tout ce qu’il faut faire avant pour que son mariage soit reconnu rapidement en France et que la venue de son épouse soit facilitée.

 

Et pendant que nous parlons, il me regarde, bien sûr… Et la mémoire lui revient :

« Mais c’est vous que j’ai vue l’autre fois, je me souviens maintenant… Mais vous étiez mieux coiffée ! »

 

Ah bon ? (Je me regarde furtivement sur les vitres de la cloison.) Merci monsieur !

C’est sûr, lui, avec son crâne d’œuf, il ne doit pas avoir de problème de coiffage !

 

J., à l’accueil, a bien ri quand je le lui ai raconté.

 

« Allez, au revoir, J., je cours chez le coiffeur ! ».

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 21:11

entonnoirs.jpg« Bonjour, c’est Hélène. J’ai eu un appel pour toi. C’est un monsieur qui voudrait avoir l’avis d’un professionnel sur un courrier administratif qu’il doit faire. Il faudrait le rappeler, voici son numéro… »

 

C’est un message de ma sœur, qui me sert aussi de standardiste puisqu’elle prend toujours la permanence téléphonique.

 

J’appelle le monsieur et, avant toute chose, avant même l’annonce du tarif, j’essaie d’en savoir plus sur le courrier qu’il veut écrire. Et, bien sûr, il me raconte sa vie.

 

Il a été opéré il y a quatre ans. Le médecin qui le suivait – spécialiste ? généraliste ? je n’ai pas compris – lui a présenté sa note d’honoraires qu’il a réglée immédiatement.

 

Depuis, ce praticien n’arrête pas de clamer à qui veut l’entendre que ce monsieur lui doit de l’argent. Il va même jusqu’à harceler le fils – d’une cinquantaine d’années, tout de même – en réclamant son dû. Le monsieur reçoit aussi quantité de coups de fil anonymes et il est sûr que ça vient du médecin.

 

« Mais, depuis quatre ans, est-ce que ce médecin vous a envoyé une facture ou une lettre recommandée de relance ?

 

- Non, rien.

 

- Alors, s’il ne vous a rien demandé officiellement, vous ne devez rien !

 

- C’est ce qu’on m’a déjà dit. J’en ai parlé à un avocat et à l’assistance juridique de mon assurance, ils m’ont tous répondu comme vous.

 

- Si vous avez l’avis de deux juristes, je pense que vous pouvez les croire.

 

- Je voudrais quand même lui écrire pour lui dire que je ne lui dois rien.

 

- Mais s’il ne vous a rien demandé officiellement, c’est que cette dette n’existe pas. Vous n’avez pas à affirmer des choses qu’on ne vous demande pas. À mon avis, monsieur, cette personne est un peu dérangée… Et pour les coups de fil indésirables, c’est très simple, il suffit de changer de numéro et vous mettre sur la liste rouge.

 

- Bon, si vous pensez ça…

 

- Pas seulement moi, mais surtout les deux juristes que vous avez consultés. S’il faut croire quelqu’un, c’est bien eux !

 

- Eh bien, merci madame pour cet avis si tranché. Au revoir. »

 

Et voilà ! Je n’ai pas écrit, mais j’ai bien mérité mon titre d’écrivain conseil®.

 

Je n’ai pas gagné d’argent, mais beaucoup de temps !

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 21:03

feuillesoins.jpgJ’ai déjà vu ce vieux monsieur, c’est un chibani tout ratatiné qui marche à petits pas. Il marmonne souvent « Si tu veux, tu fais, si tu veux pas, tant pis… ».

 

Il pose sur le bureau un imprimé de la Sécurité sociale servant à récapituler les frais de soins à l’étranger pour se les faire rembourser en France.

 

J’ai déjà rempli ce type de document et je n’aime pas trop le faire. À première vue, c’est assez simple : il suffit de noter pour chaque catégorie de soin (consultation chez le médecin, le dentiste, hospitalisation, pharmacie…) le total des dépenses. En fait…

 

En fait, il faut d’abord éplucher les feuilles de soins étrangères souvent accompagnées d’ordonnances.

Trouver le montant payé chez le médecin : soit il n’est pas indiqué, soit il est représenté sous la forme d’une vague plus ou moins dentelée.

Déchiffrer les chiffres dans les colonnes réservées au pharmacien : la monnaie du pays étant ce qu’elle est, le nombre de chiffres est impressionnant, et la position de la virgule pas vraiment déterminée.

 

Et mon monsieur de ce jour me tend une pile d’au moins trois centimètres d’épaisseur de feuilles de soins et d’ordonnances. En plus, berk !, elles ont un aspect plutôt crasseux, des « choses » sont collées sur certaines.

 

Je les attrape du bout des doigts… et je trie : je trouve des ordonnances datant de 2000 !

Je m’exclame : « 2000 ! Mais c’est trop vieux !

- La dame, elle m’a dit, tu m’apportes tout et je paierai… 

- Eh ben, vous avez de la chance ! »

 

Je fais des tas par année… Je retrouve même des feuilles de soins que j’avais remplies il y a quelques mois.

« Vous ne les aviez pas données, celles-là ? C’est moi qui les ai remplies, je reconnais mon écriture.

- Non, on m’a dit que c’était pas bon.

- Je suppose qu’il manquait la feuille bleue… » (Le récapitulatif).

 

Puis je rassemble feuilles de soins et ordonnances, et j’en trouve sans correspondance ; je les mets de côté, elles ne pourront pas être traitées. Je remplis les feuilles… Pff…

 

« Ce que tu fais, ça sert à rien !

- Pourquoi ça sert à rien ?

- Parce qu’y a pas les vignettes !

- Eh ben il faudra les coller.

- Tu peux le faire ?

- Ah non, monsieur, je ne colle pas les vignettes, je n’ai pas le temps ! D’ailleurs, je vais m’arrêter là et vous reviendrez parce que, maintenant, il faut calculer tout ce que vous avez payé, et ça va prendre du temps. Revenez cet après-midi. »

 

L’après-midi, il est le premier. Je reprends le paquet crasseux et j’additionne les dinars, quand ils sont indiqués… Je ne suis pas très sûre du calcul vu les difficultés évoquées plus haut, en particulier la position de la virgule.

 

Pendant ce temps, il pose subrepticement un plein sac de boîtes de médicaments vides. 

« Non non, monsieur, je ne colle pas les vignettes ! »

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:48

joconde moustachesIl y a plusieurs mois, j’ai été contactée par un photographe, Philippe Truquin. Il réalisait un travail artistique sur la relation entre les personnes et s’intéressait à celle qui pouvait s’établir entre un écrivain public et son interlocuteur. Il m’avait bien expliqué sa démarche et j’avais consulté son site où il présente, entre autres, une série de photos sur des assistantes de vie avec les personnes âgées chez qui elles intervenaient : des clichés émouvants, comportant en légende des paroles entendues pendant ces échanges


J’avais trouvé ce travail très beau et, curieuse, accepté de collaborer avec lui, tout en me demandant ce qu’il pourrait trouver d’intéressant à photographier dans un échange statique autour d’un bureau, la rédaction d’un écrit sur un clavier d’ordinateur et la restitution d’un document sur papier.

 

Il est venu assister à un après-midi de permanence. Je le présentai le plus simplement possible comme un photographe souhaitant réaliser un reportage, laissant bien sûr la possibilité à chaque usager de refuser qu’il soit là en observateur. Mais tout le monde accepta sa présence discrète.

Philippe était satisfait de ce qu’il avait vu, imaginant déjà comment il allait s’y prendre ensuite.

 

Je transmets donc sa demande d’intervention à la mairie, accompagnée d’un exemple de ce qu’il avait déjà fait. J’avais sollicité la bonne personne pour faire suivre le dossier car nous avons obtenu l’autorisation en moins d’une semaine. C’est remarquable pour cette mairie !

 

Rendez-vous est donc pris pour une séance de prises de vues. Avant de la commencer, je suggère à Philippe de rassembler les personnes qui attendaient pour leur présenter ce qu’il comptait faire, en montrant ses anciennes photos, en précisant bien que rien n’était obligatoire.

 

Eh bien ! je ne m’attendais pas vraiment à ça !

Première réaction : « Est-ce que ça va changer quelque chose à mon problème ? » - Heu, non…

Deuxième réaction : « Qu’est-ce que ça va m’apporter ? » - Heu, rien…

Troisième réaction : « Si vous faites une exposition, est-ce qu’on touchera quelque chose ? » - Heu, non plus…

Réaction générale : aucune ! Les gens examinaient vaguement le porte-folio et ne disaient rien.

 

À chaque personne rencontrée, je demandais si elle acceptait que Philippe nous photographie, à chaque fois, la réponse était négative. Entre deux, j’avais une pensée compatissante pour lui qui se morfondait dans la salle d’attente. Il n’a d’ailleurs pas attendu la fin de la permanence pour partir.

Le lendemain, au téléphone, il s’était un peu remis de son désappointement ; au moins, il avait essayé.

 

Cet épisode m’a rappelé la fois où la télé était venue pour un reportage (voir ici). La journaliste s’arrachait les cheveux dans la salle d’attente à essayer de convaincre les personnes de se laisser filmer : l’une avait peur de la réaction de ses voisins, l’autre de celle de son fils, un autre encore était en congé maladie et craignait que son patron le voie dehors !

 

J’ai déjà reçu, à de multiples reprises, des « stagiaires », écrivains publics en devenir, qui venaient se rendre compte de la réalité du métier en assistant aux permanences ; jamais je n’ai essuyé un seul refus de la part des usagers. Mais quand un outil, caméra ou appareil photo, s’interpose, ce n’est plus le même ressenti.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 11:34

coeur-brise.jpgMichèle est une jolie jeune femme aux superbes yeux bleus. Elle semble assez dégourdie, c’est pour cela que je suis étonnée par son histoire.

 

Elle vient de recevoir l’avis de signification d’un acte d’huissier de justice diligenté par le destinataire d’un chèque à elle qui n’a pas été payé car il était sans provision.

 

Elle me raconte qu’il y a quelques mois, elle était très amoureuse d’un homme qui lui avait promis de venir vivre avec elle. Mais avant, il avait des dettes à régler, notamment à son propriétaire. Pour le faire patienter, il demande à Michèle d’établir des chèques en blanc qu’il remettra, avec l’assurance qu’ils ne seraient pas encaissés, le temps qu’il le paie en espèces.

 

Depuis, Michèle a rompu et n’a plus de nouvelles du joli cœur. Mais celui-ci n’a pas dû payer puisque le propriétaire a voulu encaisser les chèques. Elle se retrouve dans des ennuis terribles car elle ne s’est pas contentée de faire des chèques en blanc, elle lui a aussi prêté de grosses sommes et contracté des crédits à son nom à elle. Elle est maintenant frappée d’interdit bancaire et va déposer un dossier de surendettement.

 

Nous rédigeons une lettre au propriétaire malheureux où elle explique sa situation, n’hésitant pas à dire clairement qu’elle s’est fait avoir. Elle affirme qu’elle assumera ses inconséquences mais lui demande de renoncer à ses poursuites contre elle.

 

J’ai établi ce chèque à la demande de Monsieur J. A., votre locataire, afin de lui rendre service. Il m’avait assuré qu’il s’agissait de vous faire attendre le temps qu’il vous paie en espèces ce qu’il vous devait, mais qu’en aucun cas, ce chèque ne serait remis à l’encaissement.

J’étais amoureuse et naïve et je l’ai cru. Or il s’avère qu’il a été malhonnête avec vous aussi bien qu’avec moi puisque, si vous avez voulu encaisser le chèque, c’est qu’il ne vous a pas payé.

 

Je l’ai dépanné pour de grosses sommes et contracté des crédits pour lui et je me retrouve maintenant à devoir tout rembourser alors que je n’ai pas profité de cet argent et que nous sommes séparés. Ma situation financière est devenue extrêmement difficile : je suis frappée d’un interdit bancaire et vais déposer un dossier de surendettement pour essayer de trouver un arrangement et faire face à mes dettes. Je vis seule avec mon fils et mon salaire n’est pas très élevé.

 

Je vais essayer d’assumer le maximum des remboursements mais j’aimerais que vous fassiez preuve de compréhension et renonciez à vos poursuites. J’ai été victime d’un escroc, au même titre que vous, et j’avoue avoir pêché par excès de confiance. À part une relation amoureuse éphémère, je n’ai rien à voir avec cet homme.

 

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ce courrier et de ce que vous accepterez de faire pour ne pas envenimer ma situation, je vous prie de recevoir, Monsieur, mes meilleures salutations.

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 11:24

non placent, dans ce cas)

 

cimetiere-copie-1.jpgJ’ai déjà parlé du décès de M. O. (ici). Depuis, j’avoue me sentir soulagée de savoir que je ne le verrai plus.

En effet, même avec toute mon expérience, avec lui, c’était toujours éprouvant de me demander ce qu’il allait bien pouvoir réclamer de complètement incohérent. (Mais il en reste, des cas du même genre… Je ne vais tout de même pas souhaiter la mort de tout le monde ?!)

 

Je viens d’apprendre un autre décès, celui d’une petite dame un peu simplette qui m’avait déjà consultée deux ou trois fois, toujours pour la même raison. Elle revenait d’ailleurs pour ça mais, cette fois, elle s’était assuré les services de traduction du directeur du centre social.

 

J’aurais très bien compris sans lui puisqu’elle voulait encore une fois se plaindre au juge des tutelles de l’organisme tutélaire qui la suivait. Selon elle, la gérante de tutelle ne payait pas ses factures, ne lui donnait pas assez d’argent pour vivre, se désintéressait de ses besoins.

 

Elle ne connaissait pas le nom de l’organisme, n’avait pas non plus les références de son dossier.

Parfois, quand une personne n’a pas tous les renseignements mais a les moyens de se débrouiller un peu seule, je prépare le courrier et lui montre l’endroit où indiquer le numéro de dossier ou l’adresse. Mais là, ce n’était même pas la peine, elle n’aurait pas compris, même avec la traduction, et elle ne savait pas écrire.

 

Donc, le directeur lui explique tout ce qu’elle doit me rapporter.

La semaine suivante, personne…

 

Puis, un beau jour, J., l’agent d’accueil, m’a annoncé le décès.

C’est la vie…

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Présentation

  • : Le blog de Christine Atger, écrivain public, écrivain conseil
  • : Anecdotes, réflexions et états d'âme d'un écrivain public...
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Chers confrères, je vous salue et vous souhaite la bienvenue sur mon blog.

Je suis écrivain public et écrivain conseil.


journal.jpg

 

J'ai toujours adoré écouter les anecdotes de mes pairs, surtout les plus anciens.


Commençant à avoir un peu de bouteille, j’aurais aussi des choses à raconter... mais je n'ai pas le talent oratoire pour me lancer à brûle-pourpoint au cours d’un repas ou entre deux réunions.


Comme je sais à peu près écrire, j’ai eu envie de créer ce blog (journal, mon cher journal…) pour vous les faire découvrir…

 

En plus, je dois avouer qu'écrire ces péripéties m'évite de les oublier !

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